Victor Julien Laferrière, violoncelliste de talent s’est lancé dans la direction d’orchestre en 2021 en fondant l’Orchestre Consuelo. La phalange a connu un succès fulgurant et est très vite passée dans des manifestations reconnues de longue date en France et à l’étranger. L’Orchestre Consuelo s’est arrêté à La Rochelle le temps d’une soirée avec un beau programme.
Pour la tournée en cours, Victor Julien Laferrière a invité le pianiste Jean Frédéric Neuburger. La phalange et son soliste interprètent des œuvres de Franz Liszt (1811-1886), Sergueï Rachmaninov (1873-1943) et Franz Schubert (1797-1828). Et ils donnent le meilleur d’eux même pour ce programme composé d’œuvres d’une rare difficulté.
C’est avec le chef d’œuvre de Franz Liszt (1811-1886) que l’Orchestre Consuelo entame la soirée. Et dès les premières notes de Mazzeppa, Victor Julien-Laferrière fait preuve d’une maturité remarquable : la direction est ferme, précise, dynamique, les tempos et les nuances sont parfaits, les départs sont donnés avec une précision millimétrée. La phalange suit son chef avec une précision remarquable et la lecture du jeune chef de 35 ans est de celles qui marquent tant elle est remarquable. Il ne fait aucun doute que Franz Liszt aurait adoubé ce jeune et talentueux chef d’orchestre tant il lui a fait honneur en dirigeant sans faiblesse cette œuvre complexe.
Le violoniste italien Niccolo Paganini (1782-1847) est connu pour sa virtuosité extrême et aussi pour ses compositions d’une grande difficulté. Sergueï Rachmaninov (1873-1943) a repris l’un des nombreux thèmes du violoniste et compositeur italien pour sa rhapsodie sur laquelle s’embrayent vingt quatre variations. Si Paganini écrivait principalement pour violon (normal pourrait on dire puisque lui même était violoniste), Rachmaninov a composé son chef d’oeuvre pour piano et orchestre.
Pour interpréter ces variations, Victor Julien-Laferrière a invité Jean Frédéric Neuburger. Cet élève de Jean François Heisser s’est rapidement imposé comme l’un des meilleurs pianistes de sa génération. Et en le voyant interpréter le chef d’œuvre de Rachmaninov, on comprend pourquoi : les doigts volent sur le clavier avec une précision implacable, l’utilisation de la pédale est d’une justesse remarquable et l’on reste admiratif par l’incroyable maîtrise du piano par le jeune homme qui prend visiblement un réel plaisir à jouer ces variations et reçoit une ovation grandement méritée de la part d’un public séduit par cette très belle lecture du chef d’œuvre de Rachmaninov.
Au retour de l’entracte, l’Orchestre Consuelo interprète la symphonie N°9 de Franz Schubert (1797-1828). Surnommée « La grande » en raison de sa durée, 55 minutes, cette symphonie, peut parfois paraître un peu rébarbative. Mais la très belle lecture de Victor Julien-Laferrière, toujours aussi inspiré, allège un peu cette impression de longueur. Les tempos et les nuances sont parfaits, la direction précise, claire, nette et sans excès. Les pupitres de vents, cuivres et bois étant mis à l’honneur par Schubert, ils ont été installés de chaque côté et face au chef, allant même jusqu’à prendre le pas sur les cordes qui se retrouvent « relégués » au second rang. Là encore, ces pupitres séduisent par leur parfaite interprétation d’une partition difficile que Schubert semble avoir pris un malin plaisir à compliquer en cours de travail.
L’Orchestre consuelo a reçu une ovation très mérité en fin de concert car sa performance a été remarquable ; les œuvres du programmes étant particulièrement difficiles. Victor Julien-Laferrière a mis chaque pupitre individuellement à l’honneur au salut final et c’était grandement mérité car ils se sont montré à la hauteur du défi que représentait ce programme. Cela étant dit, le jeune chef d’orchestre mérite aussi sa part des éloges adressées aux musiciens et à Jean Frédéric Neuberger.
Visuels : ©Jean Baptiste Millot et ©Matteo De Fina