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Arcadi Volodos : un poète du piano à la Philharmonie

par Jean-Marie Chamouard
15.05.2026

Le 12 mai 2026, à la Philharmonie de Paris, le pianiste Arcadi Volodos interprétait la sonate en sol majeur « Fantaisie » de Franz Schubert, plusieurs mazurkas, un prélude et la sonate n°2 « Funèbre » de Frédéric Chopin.

Le charme et la poésie de Schubert

La grande salle Pierre Boulez est comble pour accueillir Arcadi Volodos. Tout de noir vêtu, il apparaît sur scène, tranquillement, naturellement. Assis au piano, immobile, il se concentre longuement avant d’entamer la sonate en sol majeur de Schubert. Composée en 1826, publiée du vivant du compositeur, elle sera qualifiée par Liszt de « poème virgilien ». Des accords pianissimo se répètent, insistants, l’atmosphère est grave, onirique, la musique semble presque immobile. Ce début du premier mouvement est envoûtant, la magie doit beaucoup à la douceur du toucher d’Arcadi Volodos, à la délicatesse de son jeu. Puis le rêve se dissipe, une rivière de doubles croches nous conduit au deuxième thème, une belle mélodie « schubertienne ». Ce premier mouvement nous laisse une sensation d’ineffable poésie, il est insolite, expliquant le nom de fantaisie attribué à la sonate. Une mélodie lyrique et de fougueux accords alternent dans un andante riche de ses contrastes. L’énergique menuet, le tendre trio nous conduisent à un rondo final également plein de fantaisie. L’ambiance légère, ludique nous ramène à Vienne, à Mozart, pour notre plus grand plaisir.

Dans l’intimité de Chopin

Pendant l’entracte, le piano a été longuement ré-accordé, briqué, soigné ! Puis le récital est consacré à Chopin. Les mazurkas sont des danses polonaises, de Mazurie plus précisément. Chopin a stylisé et popularisé ces danses à trois temps aux figures complexes. Il en aurait écrit 58, qui sont comme les confidences, les pages d’un journal intime du compositeur. Les mazurkas étaient l’écho d’un drame, celui de l’exil puis de la maladie. Arcadi Volodos en interprète trois : ces pièces courtes sont subtiles, riches de toute une palette de sentiments. Autant d’émotions que le soliste saura nous transmettre grâce à la sensibilité de son jeu. La première mazurka (op 33, écrite en 1837) exprime l’ambivalence, hésitant entre la joie de vivre et de réussir d’un jeune artiste et la douleur lancinante de l’exil. Dans la seconde (op 41, écrite en 1838-1839) la souffrance est plus mordante. La santé de Chopin s’est dégradée, l’hiver à Majorque a été horrible. La troisième (op 63, composée en 1846) est plus tardive. Le compositeur est très affecté par la progression de sa maladie et par sa rupture avec Georges Sand. La supplique initiale, poignante, devient une ébauche de valse car il faut danser malgré tout… Trois ans plus tard, à 39 ans, Chopin ne sera plus de ce monde.

Une sonate intense et surprenante

Après un hommage à J. S. Bach lors d’un prélude intime et délicat, Arcadi Volodos attaque la sonate en si bémol mineur, dite « funèbre de Chopin. Écrite entre 1837 et 1839, cette œuvre originale, moderne, dramatique est une véritable symphonie pour piano. Dès les premiers accords, l’auditeur est plongé dans l’angoisse du compositeur. La musique est puissante, haletante. La main droite s’extrait de ces grandes vagues de notes, donnant naissance à un chant doux, mélodieux. Mais le rythme syncopé nous interroge, la puissance des accords nous inquiète, le romantisme intense de la sonate nous emporte. Le scherzo est d’une grande vélocité confirmant la parfaite maîtrise technique du soliste. Cette danse macabre, cette cavalcade effrénée nous entraîne dans un tourbillon impressionnant, maléfique.

Puis nous arrivons à la marche funèbre, l’une des pages les plus célèbres de la musique classique. Elle sera jouée, à l’orgue, aux funérailles du compositeur. Les accords se répètent, graves, sourds, obsédants. Une mélodie s’en détache, solennelle, douloureuse. Nous imaginons des spectres qui avancent lentement, trop lentement. La tension dramatique s’accroît avec le crescendo, puis la marche funèbre fait place à un sublime chant du piano Les notes se détachent avec la pureté du cristal dans le silence absolu de la salle. C’est un moment d’apaisement, de consolation peut-être, mais la marche va reprendre, inexorablement. Le presto final est bref, mais surprenant ! Chopin y crée une ambiance sonore totalement fluide, les deux mains jouent à l’unisson. Ce final, d’une incroyable modernité clôt une étonnante sonate, en avance sur son temps, révolutionnaire peut-être. Elle n’a pas été comprise par les contemporains de Chopin mais dans l’interprétation d’Arcadi Volodos elle va susciter l’enthousiasme du public de la philharmonie.

Visuel : © JMC