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John Scofield et Gerald Clayton fêtent les 45 ans du New Morning

par Hanna Kay
14.05.2026

Au New Morning, lundi 11 mai, il y avait deux façons d’entrer dans le concert.  La première consistait à venir chercher le John Scofield des années 80, le son fusion, jazz et funk, les riffs électriques qui sentent encore Miles Davis, les clubs enfumés, les amplis fatigués et les nuits américaines. La seconde consistait à accepter immédiatement une chose très simple : « rien ne se crée, tout se transforme ». En sciences, mais en jazz aussi.

Qu’y a-t-il de plus beau qu’une ballade de jazz ?

Quarante-cinq ans du New Morning. Quarante-cinq ans de passages, de verres renversés, de chorus et de concerts qui changent des vies pour des raisons parfois obscures. Scofield le rappelle presque en souriant : il jouait déjà ici il y a quarante-cinq ans. Certains musiciens vieillissent comme des institutions. Lui mûrit comme un thème de Monk :  de travers, donc magnifiquement.

À côté de lui, Gerald Clayton. Une génération plus jeune. Six nominations aux Grammy Awards mais surtout une façon rare de jouer du piano sans chercher à prouver qu’il sait jouer. Ce qui devient presque révolutionnaire aujourd’hui. Le toucher est impressionniste, délicat, parfois suspendu, mais également ancré dans l’héritage be-bop et blues. Clayton sait de quoi il parle  et ses aquarelles harmoniques n’en sont que plus intenses. Des nappes qui arrivent lentement autour de la guitare de Scofield comme si le piano voulait protéger les notes avant leur chute. Le duo commence presque à l’unisson. Puis les choses se déplacent, très légèrement, comme des plaques tectoniques harmoniques. Chez Scofield, le blues reste partout. Même quand il s’en éloigne. Hendrix n’est jamais loin non plus. Ni Miles, qui plane au-dessus du concert comme une vieille divinité électrique venue vérifier si les humains savent encore écouter. Et le public écoute. Silence rare du New Morning. Pas ce silence bourgeois des salles classiques où l’on tousse pour rappeler qu’on existe, mais un silence de concentration, de ceux qui savent que la beauté peut se rater si l’on fait trop de bruit.

Il y a des standards. Des ballades. But Beautiful. Like Someone in Love. Et revient cette question éternelle : qu’y a-t-il de plus beau qu’une ballade de jazz jouée avec sincérité ? Peut-être rien. Ou peut-être simplement deux musiciens qui refusent le spectaculaire. Car c’est cela le plus beau paradoxe de la soirée. Scofield pourrait jouer au « grand Scofield » . Refaire ses couleurs fusion historiques. Servir au public les sons qu’il est venu consommer affectivement. Raté, heureusement raté. Le concert préfère autre chose : la transformation.

Le monde a changé, le jazz aussi.

Une composition de Clayton, Water’s Edge,  « un de mes morceaux favoris », confie Scofield comme une marque de reconnaissance envers son pianiste.  Clayton installe des ostinatos impressionnistes. Un mi suspendu reste dans l’air comme une question sans réponse ou un espoir sans fin qui nous montre que le jazz continue dans cette passation entre générations. Scofield chante dessus avec quelques notes seulement. Un des vieux secret du jazz : moins de notes, plus de monde à l’intérieur. Les mouvements harmoniques sont proches et se déplacent lentement dans une parfaite conduite des voix sous les doigts du pianiste.

On croise parfois Pat Metheny dans certains climats. Bill Frisell aussi, peut-être. Mais toujours ce son Scofield. Ce grain légèrement ironique. Cette façon de faire sonner une guitare comme quelqu’un qui raconterait une blague métaphysique.

Une génération les sépare et pourtant la conversation semble ancienne. Comme si ces deux-là jouaient ensemble depuis plusieurs vies. Scofield dit de Gerald Clayton qu’il est un des meilleurs pianistes avec lesquels il ait travaillé. On veut bien le croire. Clayton possède cette qualité rare : il accompagne sans s’effacer. Il dialogue sans envahir. Il laisse respirer les silences. Dans le jazz moderne, c’est presque un acte politique.

Le monde a changé. Le jazz aussi. Longtemps cette musique rêvait de futur en accélérant tout. Aujourd’hui elle cherche peut-être davantage comment habiter le présent sans le détruire. Ce concert racontait cela. Pas la nostalgie des années 80. Pas le musée du jazz fusion. Quelque chose de plus fragile et plus beau : deux musiciens qui continuent à chercher. Après des décennies, après les succès et les innombrables concerts. Le jazz ici n’est pas un patrimoine, c’est une conversation qui refuse de finir.

Pour la suite du programme des 45 ans du New Morning: https://www.newmorning.com/45ans

Visuel : (c) HK