60 ans de carrière, ça se fête ! Et les Quilapayún, actuellement en tournée, l’ont fait avec splendeur sur la scène du Théâtre Municipal de Valparaíso au Chili vendredi soir dernier. Avant même de les apercevoir sur scène, l’émotion est palpable dans la salle, le public leur offre une standing ovation lorsque le rideau se lève, ouvrant cérémonieusement ce moment plein d’émotions.
Bien qu’ils n’aient plus besoin d’être présentés, voici quelques mots pour tirer le portrait du groupe chilien. Quilapayún se forme en 1965 à Santiago, et avec le temps, ils passent de trois à huit sur scène ! Par ailleurs, le terme Quilapayún signifie trois barbes en langue mapuche, un peuple autochtone d’Amérique du Sud.
Très vite, leur musique se caractérise par leur style populaire et révolutionnaire : la politique, les questions sociales et les défenses des droits humains traversent leurs chansons et leur engagement. Alors qu’ils s’engagent publiquement aux côtés d’Allende, le groupe part en tournée en Europe en septembre 1973. Dès lors, et malgré eux, l’exil en France devient une étape majeure de leur histoire, puisque c’est là qu’ils se trouvent lors du coup d’Etat de Pinochet, ce qui les amène à demander leur asile politique.
Depuis, les années sont passées, mais les Quilapayún ont traversé le temps et continuent toujours de faire vivre leur répertoire, qui fait écho avec l’actualité nationale chilienne mais aussi mondiale.
Lorsque le rideau se lève, le groupe apparaît, aligné, vêtu de ponchos noirs, sur la scène du Théâtre Municipal de Valparaíso. Le concert est composé en deux temps : un premier pour narrer, toute en finesse et apesanteur la Cantata Santa Maria de Iquique, dont la forme offre un moment presque liturgique, renforcé par une sublime scénographie.
La deuxième partie du concert présente davantage d’énergie, qui se reflète dans un public chantant doucement avec les Quilapayún. Le moment semble presque historique, la mémoire de tous.tes circule dans la salle, respire et est portée à merveille par les instruments à cordes et les voix de ces huit hommes, qui s’apparentent à un chœur.
L’émotion de toute l’assemblée s’est traduite en larmes, en rires et en chants collectifs d’une force incroyable. Et alors que le concert touche à sa fin, plusieurs personnes demandent le titre cult, qui arrive avec ferveur, joie et puissance : El pueblo unido jamás será vencido clôt ainsi ce concert face à une foule debout, le poing levé.
visuel : ©Camille Zingraff