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Anne Horel : « Je conserve toutes mes archives IA ratées »

par David Hanau
02.05.2026

Double lauréate au WAIFF et à l’Artefact AI Film Festival avec La Tisseuse d’Ombres, Anne Horel présente jusqu’au 16 août La Belle au bois dormant revisitée en IA dans une exposition collective au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, avec Cindy Sherman, Pipilotti Rist et Rineke Dijkstra. Dans son dernier film, elle a fait un choix radical : conserver les anomalies de l’IA.

Vous venez d’enchaîner le prix de l’Artefact AI Film Festival et le prix de la presse au WAIFF avec votre film, La Tisseuse d’Ombres. Est-ce que vous avez le sentiment d’assister à l’émergence d’un nouveau circuit de légitimité pour les artistes hybrides, quelque part entre le cinéma, l’art contemporain et l’IA ?
AH : L’art est par essence hybride. Ce n’est donc pas une question de légitimer une nouvelle forme d’art. C’est la continuité de l’art comme objet hybride. Un artiste n’est pas cantonné à une technique, tout comme un réalisateur n’est pas obligé de travailler avec les mêmes acteurs toute sa vie. Et dans l’espace d’un film, tu regroupes plein de gens différents, tu racontes une histoire. Il y a tellement de facteurs qui entrent en jeu que cela en fait un espace hybride de toute manière.
Vous êtes à cheval entre le monde de l’art et la création narrative. Faire rentrer l’art narratif dans les institutions, c’est compliqué ?
AH : Paradoxalement, en commençant à faire des formats narratifs, je participe maintenant à une expo collective au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles. J’y présente un conte revisité en IA, La Belle au bois dormant. Et ce n’est pas moi qui ai proposé : la curatrice m’a appelée directement. Le format narratif dans les musées, j’en ai déjà vu plein. Ce n’est pas si difficile à faire rentrer.
Vous êtes artiste plasticienne. L’IA est pour vous un outil, un médium, ou une matière première ?
AH : C’est un médium à 100 %. Médium parce que c’est un « moyen ». Parce qu’il y a cet aspect de médiation et de dialogue avec ce qu’on appelle « la machine ». Mais j’aime le terme médium aussi pour sa dimension presque oraculaire, médiumnique : un médium qui contient tout et qui permet d’entrer en contact avec… c’est comme un portail.
Dans votre travail, il y a une forme d’imprévisibilité contrôlée. Comment dialoguez-vous concrètement avec la machine ?
AH : Avant de travailler avec l’IA, je faisais du collage. J’ai des grands dossiers classés par catégories : années, mois, fleurs, couleurs… Je regardais mes images une par une, je zappais, j’ajoutais. L’IA fait exactement pareil, mais c’est elle qui fait ces choix. Et elle part sur des bases de données de collages que moi j’ai constituées Je travaille sur des archives persos, des images du domaine public, des selfies. Je mélange tout cela pour avoir mes esthétiques à moi — quelque chose qui sorte de l’esthétique IA hyperréaliste que je ne trouve vraiment pas intéressante. Je suis une surréaliste, pas une hyperraéliste.
Vous ne pouvez pas contrôler le hasard, mais pouvez-vous l’orienter ?
AH : Exactement. Quand tu travailles avec l’IA, tu fais un travail de curateur : « ça oui, ça non, ça oui, ça non… ». Tu avances en faisant des choix sur l’œuvre qui deviendra l’œuvre finale. Entre le moment où tu commences à prompter et le moment où tu as ton film tout fait, il y a eu un jeu de sélection et de dialogue. C’est pour ça que j’en reviens à la notion de médium.
On entend souvent que l’IA générative homogénéise les formes. Vous luttez contre ça ?
AH : C’est 100 % vrai. Les outils tels qu’ils sont développés aujourd’hui vont vers un usage de l’IA pour les réseaux sociaux. 80 % des gens qui utilisent l’IA, c’est du « slop » ou de l’hyperréalisme. Moi, je ne suis pas créatrice de contenu. Ce qui m’intéresse, ce sont les mains à dix-huit doigts, les cinq jambes, les dix-huit yeux et que la table soit de guingois Et je conserve toutes mes archives IA « ratées » pour entraîner mes modèles et conserver ces anomalies-là. C’est ce qu’il y a de plus intéressant.
Les films présentés au WAIFF cette année annoncent-ils une nouvelle grammaire du récit ?
AH : Il y a les deux. Mon penchant va vers les films qui expérimentent vraiment et qui sortent du cadre hyperraéliste. L’erreur, c’est de penser que l’IA va produire des films comme on produit des films pour Hollywood ou Cannes. L’IA doit trouver sa propre grammaire, ses propres codes. C’est en s’émancipant des codes du cinéma qu’elle trouvera quelque chose d’intéressant.
Créer avec l’IA, c’est aussi manipuler des imaginaires issus de montagnes de données. Est-ce que ça change la responsabilité de l’artiste ?
AH : Ce qui n’est pas du tout regardé quand on parle d’IA, c’est notre rapport au numérique. Le numérique est une zone éminemment politique, mais qui n’a jamais été considérée comme telle. On se retrouve avec des compagnies privées qui ont toutes nos datas et qui en font ce qu’elles veulent. La responsabilité de l’artiste aujourd’hui, pour moi, c’est de remettre l’église au centre du village : questionnez-vous sur votre rapport au numérique. L’IA cartographie la mémoire, la conscience, des choses intangibles, pour vendre du territoire. C’est une problématique géopolitique. Et si on veut qu’un autre scénario se produise, il faut faire des films avec des imaginaires positifs. Revenir à l’utopie.
Notre dossier IA et Culture

Visuel : ©DH