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Mathieu Kassovitz : « Plus il y a du digital, plus ça renforce l’analogique »

par David Hanau
03.05.2026

Il prépare son prochain film d’animation La Bête est morte (The Big War) avec un budget divisé par deux — 25 millions là où les méthodes traditionnelles en auraient coûté soixante — et un studio IA en cours de création. Mathieu Kassovitz était au WAIFF, entre pragmatisme industriel, enthousiasme de gamin et conviction pour autant que l’IA n’est pas près de pouvoir créer le film intime d’un réalisateur avec deux acteurs dans une pièce.

Comment vous utilisez l’IA dans votre pratique professionnelle aujourd’hui ?

MK : Il y a de nouveaux outils qui permettent d’utiliser des machines pour composer des plans, aller très vite, être plus précis, et inventer des choses qu’on n’aurait pas pu inventer avec les CGI traditionnels. On ne « fait » pas de l’IA… L’IA, c’est un moteur qu’on utilise pour fabriquer des plans. Au lieu d’utiliser des logiciels classiques de 3D, on utilise l’IA pour générer.

Parlez-nous de votre prochain film ?

MK : C’est un film d’animation, La Bête est morte. Avec les méthodes traditionnelles, ce film coûterait entre 50 et 60 millions. Là, on a un budget autour de 25 millions, pour une qualité qui sera meilleure et une interactivité plus intéressante avec l’outil. Un an et demi de fabrication si on réussit notre coup. On pense qu’on est sur les bons rails.

Vous êtes en train de créer un studio. Pour quoi faire exactement ?

MK : Pour présenter  des projets, développer des projets et adapter de nouvelles façons de travailler. Le but, c’est d’utiliser le film pour rester focus. Au lieu de dire « on va tout créer », on dit « on a besoin de créer ça pour ce plan-là, pour faire ce rendu-là ». Et en développant les outils, on commence à les adapter à d’autres projets. Dans le futur, un réalisateur viendra avec ses assets, son scénario, et il créera son mini-studio d’effets spéciaux dédié à son film.

Comment vous voyez le cinéma IA dans dix ans ?

MK : Ça coûtera moins cher, les gens pourront faire des films tous les jours et les diffuser sans se poser de questions. Les modèles accessibles au public vont se fermer : ça leur coûte trop cher, il n’y a aucun intérêt à sortir du « slop ». La démo est faite. Maintenant ils vont optimiser, faire du B2B. Mais il y aura toujours des modèles « pirates » et des petits jeunes qui feront des films tout seuls dans leur coin, sans les limites de la censure des studios. Ils distribueront sur YouTube et TikTok. Il y a déjà des étudiants des Gobelins, un court-métrage de vingt minutes, full IA, avec déjà 5 millions de vues. C’est vraiment exceptionnel.

Votre cinéma a toujours été ancré dans le réel. Comment vous gérez le paradoxe entre la vérité de l’image et l’image fabriquée ?

MK : Ce qui me plaît avec l’IA, c’est que la frontière avec le réel est brouillée. Tu vois des choses, les mouvements, la pluie, la physique…. que tu ne peux plus discerner de la réalité. Avec le CGI traditionnel, c’est du dessin animé, tu le sais. L’IA brouille tout cela. Et ça ne me fait pas peur. Au contraire.

L’IA va remplacer le CGI ?

MK : Ils sont tous en train de faire ça. Pour le mieux du cinéma. Mais ça va donner plus de valeur aux films intimes avec une caméra et deux acteurs dans une pièce. Ce n’est pas parce qu’il y a l’iPad qu’il n’y a plus de peinture. Au contraire, les gens vont de plus en plus dans les musées, lisent de plus en plus de livres, achètent du vinyle. Plus il y a du digital, plus ça renforce l’analogique.

Pourquoi ce sont les réalisateurs qui s’emparent de l’IA plutôt que les autres corps techniques du cinéma ?

MK : Parce qu’on est plus technologiques que les autres. Et notre travail est un travail de collaboration. Le travail d’un peintre n’est pas dans la collaboration. Nous, on a besoin de ça. Quand je réalise un film, je le fais avec quarante personnes. L’IA, c’est une personne de plus. Donc c’est tout à fait naturel.
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