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« La deuxième fille » : reconstruire son identité

par Léa Raymond
23.07.2026

Avec une sortie au cinéma prévue pour le 27 janvier 2027, Zou Jing a déjà présenté lors de la semaine de la Critique puis du Festival de cinéma de La Rochelle (Fema) son film La deuxième fille. Elle y raconte la parcours d’une jeune Chinoise de ses 6 ans à ses 18 ans entre trois familles différentes et trois nouvelles vies.

Pour sa 54e édition, le Festival de cinéma de La Rochelle a présenté en avant-première le premier long-métrage de Zou Jing, La deuxième fille, déjà projeté lors de la semaine de la critique du festival de Cannes. La réalisatrice nous offre un parcours poignant d’une enfant jusqu’au début de sa vie d’adulte. Adoptée à plusieurs reprises, la jeune fille se perd entre différentes familles et leurs mensonges. Celle qui ne trouve pas sa place, sauf quand elle danse, vit aussi tous les dangers du sexisme en Chine. Bien que le film est rempli de non-dits, les spectateur.ice.s sont plongé.e.s dans un destin semé d’embûches et un film intense qui promet deux heures d’émotions.

 

Une enfance fracturée

 

Wang Juan, le personnage principal, grandit dans la Chine de l’enfant unique où les parents priorisent la naissance de garçons aux filles. Une première fois adoptée, elle est finalement laissée par sa mère, enceinte d’un autre enfant, à un couple endeuillé par la mort de leur première fille. Encore enfant, elle vit à la fois l’abandon et l’incompréhension face à une situation que personne ne lui explique.

 

Juste avant ses 18 ans, sa famille biologique revient la chercher et profondément en colère contre celle qui la finalement élevée elle décide de tout abandonner et de les suivre. Mais chez eux, elle n’a pas sa place et son nouveau nom Wu Lian la perturbe. Elle découvre une grande sœur et un petit frère qui n’ont pas été adoptés comme elle car ils ont eu le privilège d’être le premier enfant et un garçon.

 

Lorsqu’elle finit par trouver une amie, la réalité des violences que vivent les femmes dans le monde du travail les rattrapent. Elle perd alors la seule famille qu’elle s’était choisie.

 

 

Une quête d’appartenance

 

Certains non-dits prennent beaucoup de place dans le film sans que le public puisse suivre le rythme et en comprendre les enjeux. Les évènements et les traumatismes s’accumulent pour la jeune femme entre les adoptions, une agression sexuelle et le suicide d’une amie. Mais malgré les confusions, le film retranscrit les silences et les mensonges que subit le personnage et fait entrer les spectateur.ice.s dans ses doutes et ses peines.

 

 

Wang Juan, victime collatérale de la politique chinoise des naissances, finit néanmoins par sortir de ses ténèbres. Le film nous emporte alors dans ce parcours initiatique où la jeune fille trouve petit à petit son chemin et son identité.

 

Visuels : © Pyramide Distribution