Après Skull Island (2023) et Traquée (2023), Brian Duffield débarque dans les salles obscures avec le survival aquatique Englouti.
Après Skull Island sur Netflix et Traquée sur Disney+, Brian Duffield compte bien donner des sueurs froides dans les salles obscures avec son dernier-né en eaux profondes, dont le titre glace déjà le sang. Avec un synopsis qui fait (sou)rire ou flipper selon chacun.e, le réalisateur américain propose un postulat simple mais terriblement intrigant : un jeune plongeur avalé par un énorme cachalot qui a une heure d’oxygène pour sortir de l’estomac de la bête.
C’est peu dire si les amatrices et amateurs de films de bestioles immenses et de films de survie, comme moi, ne peuvent qu’être intrigué.e.s par cette mise en bouche, là où les terrorisé.e.s des profondeurs de l’Océan, des lieux clos et des géants marins imaginent déjà leurs pires angoisses projetées sur grand écran en IMAX. Dans les deux cas, on sait que la curiosité piquera le plus grand nombre d’entre vous. Et malgré plusieurs bémols notables, cette proposition tendue et étouffante vaut un petit coup d’œil en salle.
Adapté du roman Whalefall de Daniel Kraus paru en 2023, Englouti captive d’emblée par cette idée d’un héros piégé qui n’a plus qu’à attendre la mort avec un lot réduit d’alternatives, toutes bien crados : être becqueté par le calamar géant avalé en même temps que lui, agoniser lentement mais sûrement ou être broyé puis digéré par les sucs gastriques du cétacé. C’est dans ce décor qui prend des allures de prison vivante que le survival aquatique de Brian Duffield fascine et terrifie le plus, boosté par un travail efficace et malin sur le son, la lumière et les cadres qui renforce le sentiment de claustrophobie et de tension tout au long du récit.
Austin Abrams, vu récemment dans Évanouis (2025) et Resident Evil (2026), enquille décidément les rôles horrifiques intéressants et prouve une nouvelle fois qu’il est un comédien incontournable du cinéma de genre américain. On regrette ceci dit ici que la relation père/fils, profondément bancale et discutable, parasite autant l’ensemble du récit, avec un dernier acte vraiment gênant. Comme plusieurs films avant lui, Englouti choisit malheureusement de déjouer la radicalité de son dispositif par un enjeu dramatique qui vire au surplus de mélo, là où l’on se serait largement contenté.e.s de l’expérience horrifique – et invraisemblable, soit – diablement inventive et généreuse qu’elle promet au départ.
Englouti de Brian Duffield. Avec Austin Abrams, Josh Brolin, Elisabeth Shue… États-Unis. 01h46. Interdit aux moins de 12 ans. Sortie le 14 Octobre 2026.
Visuel : © 20th Century Studios.