Nous avons rencontré Chayan Sarkar, le directeur du festival Gange sur Seine. Pour sa quatrième édition, le festival se retrouve à Paris, au Club de l’Etoile et au Majestic Passy du 9 au 13 octobre 2026. Après la Garonne, c’est sur la Seine que Chayan Sarkar a voulu mettre en avant le cinéma indépendant indien et d’Asie du Sud en projetant des courts et longs-métrages et des documentaires. Un jury, des prix, des débats, et tout un voyage sont au programme !
J’ai grandi à Calcutta, dans une famille active ans le monde du cinéma et du théâtre. C’est une ville culturelle où le cinéma indépendant est très important. Et ma connexion avec la France s’est établie lorsque je suis devenu étudiant de l’Alliance Française. Puis, j’ai commencé à participer à plusieurs projets de films et documentaires, sur France 2 et France 3. Je faisais un peu de tout : interprétariat, fixeur, autorisation… J’ai souvent été embauché par des réalisateurs français, qui venaient tourner en Inde. J’ai également créé un centre culturel, Paradis Blanc, à Siliviri (au nord du Bengale occidental). Patrick Ferlet m’avait d’ailleurs interviewé là-dessus sur Radio Suisse il y a longtemps par exemple. Le nom de l’institut était dû à Michel Berger, j’étais fan.
Les deux, mais il est vrai que la communauté indienne préféraient toujours une star de Bollywood. C’était le cas notamment à Brisbane en Australie où j’ai organisé mon premier festival en 2014. Il a eu beaucoup de succès, parce que j’avais fait venir des acteurs et réalisateurs connus de l’Inde, en Australie. Mais je trouvais cela important de garder cette présence parce que, on ne peut pas couper les liens avec cette industrie immense, il faut une transition. C’est d’ailleurs une transition que l’on voit de plus en plus. Le cinéma indépendant devient populaire. Donc je pense qu’on est en train d’observer une étape dans cette transition justement. Avant il y avait le Bollywood, et le cinéma indépendant (qu’on appelait « Parallel Cinema »), ils étaient distincts.
Je connaissais Paris depuis longtemps, j’y avais reçu ma première bourse du ministère des affaires étrangères. La bourse de « la connaissance de la France » ! Donc j’ai choisi Paris pour compléter en quelques sortes la sélection des sections du du Festival de Cannes, où trois ou quatre films indiens sont sélectionnés chaque année. Le cinéma indien est immense !
Je choisis moi-même les films : je peux également compter sur quelques personnes, mais la décision finale me revient. Et comme je suis aussi le président depuis près de quatre ans du South Asian International Film Festival, un grand festival à New-York soutenu par HBO, je reçois énormément de films. Donc avec mon réseau, j’ai crée un petit festival à Toulouse, qui s’appelle Gange sur Garonne. Je pense malgré tout que Gange sur Seine est beaucoup populaire.
Mon public est majoritairement français parce que le programme et les genres de films que j’ai choisi attirent surtout les cinéphiles, et ça attire les français. Après il y a aussi des indiens évidemment.
Normalement on fait les premières françaises et les premières mondiales, comme ce qu’on a fait cette année. Il nous arrive parfois de choisir un film plus ancien, qui n’a jamais été montré. Une année, j’avais crée une section qui s’appelait « Léger retard » , qui montre certains films déjà sortis mais que peu avaient vus, alors qu’ils étaient magnifiques. On a fait ça une fois mais on essaie vraiment de mettre en avant les nouveaux films. Cette année, on montre une dizaine de films. Cinq fictions et cinq documentaires, en compétition. À chaque fois on partage des courts et des longs métrages.
Les membres sont toutes et tous des passionné.e. s d’Inde : la journaliste et auteure Céline Malraux, Robert Cory, ancien manager de Leonard Cohen qui présentera la spectaculaire renaissance du songwriter à 72 ans, par les Vedas, l’actrice Gwendolyn Gourvenec, et enfin, le cinéaste Luc Béraud.
Absolument, nous avons deux restaurants partenaires : l’an dernier nous avions aussi des projections à l’épée de bois dans le 5e où SING est un restaurant très populaire. Et il y a Taj Mahal, juste à côté du Club de l’Etoile, où se feront la plupart des projections se feront dans ce cinéma. Et c’est au Majestic Passy qu’on verra le film de clôture, What the Food India ?!, de Blandine Jauffrineau, Matthieu Lecuit et Quentin Mazery, trois jeunes cinéastes français partis voyager en Inde. Le film parle d’une de nos plus belle richesses : la nourriture indienne.
Il y aura également un film sur une personne autiste et sa connexion avec la spiritualité, qui est très intéressant.
Le film d’ouverture, Paris Drama de Gotham Bush, grand réalisateur, va sortir dans deux mois en France. Il est en coproduction avec l’Italie et l’Inde et sera distribué par Friday Entertainment.
Visuel : © le 24.7 & affiche du Festival Gange sur Seine