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Angus & Julia Stone au Trianon : le dream folk venu d’Australie

par Yves Braka
05.07.2026

C’est un public d’habitués qui patientait ce 30 juin dans un Trianon privé de climatisation, impatient de retrouver ses enfants chéris australiens. Angus et Julia venaient, entre autre, présenter leur superbe nouvel album Karaoke Bar, à paraitre, et l’on brûlait d’en découvrir la version scénique. La déception ne fut pas au rendez-vous, même s’ils n’en interprétèrent que les deux titres déjà en ligne.

Cassandra et son boy-friend

Pour nous faire patienter, une première partie retient l’attention. Cassandra Coleman, tout juste arrivée de Nashville, nous fait découvrir sa belle voix, accompagnée du seul guitariste et choriste qu’elle présente d’emblée comme son petit ami. Ces chansons, essentiellement folk, devraient figurer sur son disque à venir. Si les compositions manquent parfois d’originalité, un morceau bluesy où sa voix prend toute sa dimension rappelle que le talent est bien là ; et le lien qu’elle sait tisser avec le public laisse penser qu’on entendra encore parler d’elle.

Des ondes positives

Julia et Angus entrent en scène sous les ovations d’un public que la chaleur est loin d’accabler. Ils sont précédés par leurs musiciens : Leigh Fischer à la batterie, Luke Hodgson à la basse, Matthew James Green à la guitare, au chant et au banjo, et Aaron Mendoza aux claviers et au chant. Des lampions en papier descendent du plafond et, sous un éclairage tamisé, confèrent au spectacle une atmosphère intimiste. Malgré la température élevée, Angus arbore costume croisé et pull à col cheminée qui, avec sa nouvelle coupe de cheveux, lui donnent un petit air de dandy britannique. Julia, elle, éblouit dans une robe en dentelle blanche portée sous un justaucorps noir. Sur un ampli trône un seau à champagne flanqué de deux flûtes.

Ils ouvrent le concert avec « Losing You », magnifique titre de Cape Forestier, et nous voilà aussitôt happés par leur univers musical, tout d’ondes positives et de chaleur humaine. L’osmose des deux voix surprend, et celle, acidulée, de Julia nous envoûte totalement. Le charme s’intensifie encore avec « Nothing Else », tiré de l’album Snow : on pense tour à tour à Kate Bush et à Stevie Nicks.

« Yellow Brick Road » confirme le talent des musiciens qui les accompagnent : la montée en dramaturgie du morceau culmine dans un superbe solo de Matthew Green, petit nouveau du groupe qui s’est parfaitement fondu dans la musique aérienne d’Angus et Julia.

Angus change scrupuleusement de guitare à chaque titre, nous laissant admirer une collection à faire pâlir Keith Richards. Mais c’est Julia qui réserve la surprise, avec « Private Lawns », l’une de leurs toutes premières chansons, écrite en 2006 : en plus de la guitare, elle joue de la trompette d’une seule main, apportant une couleur sonore singulière à la folk traditionnelle. On savait qu’elle avait appris cet instrument dans son enfance, mais la voir en jouer aussi bien, et d’une seule main, a laissé le public impressionné.

Plus qu’une tournée de promotion

Il faut attendre le cinquième titre pour entendre un premier extrait de Karaoke Bar, « Monroe ». Julia, la plus loquace du duo, explique avec un sourire désarmant qu’elle l’a écrite pour une amie chère, partie s’installer à Paris. On se retrouve alors transporté dans un lieu feel-good où, cocktail à la main, on se laisse bercer par cette musique lancinante. On aimerait tant que cela dure, tant on se sent bien à leurs côtés !

Ils nous offrent même un petit cadeau en reprenant « Stay With Me » de Sam Smith, entonnée par toute la salle.

« Karaoke Bar » vient nous rappeler le motif officiel de leur venue à Paris. Mais, dans les faits, le duo a préféré survoler l’ensemble de sa carrière, comme lors d’une soirée entre amis où les morceaux s’enchaînent, simplement parce qu’on a envie de les faire redécouvrir.

Après une nouvelle coupe de champagne, les premières notes si reconnaissables de « Big Jet Plane » font passer un frisson dans toute la salle. Ce titre restera décidément la marque de fabrique du duo, pour notre plus grand plaisir.

Après quatorze morceaux interprétés dans un temps qui nous a semblé filer à toute vitesse, Julia et Angus reviennent seuls en scène, guitares en main, pour nous emmener une dernière fois dans leur dream folk avec « Santa Monica Dream ». Une émotion d’une rare positivité.

Atmosphère, Atmosphère !

Angus et Julia Stone sont passés maîtres dans l’art de créer une atmosphère où l’on se plonge avec délectation. D’album en album, ils peaufinent un style où les nappes musicales viennent envelopper une ossature folk, sans jamais la noyer ni lui faire perdre sa fraîcheur.

Ce soir-là, ils ne nous ont offert que deux morceaux de leur dernier opus, Karaoke Bar. Il ne nous reste plus qu’à patienter jusqu’au 4 septembre pour pénétrer dans ce bar et embarquer, une nouvelle fois, à leurs côtés.

A lire également : Les concerts à ne pas manquer : Angus & Julia Stone, les enfants chéris de Paris

Photos : YB

Remerciements : Elise Sauvinet

L’album Karaoke Bar sera disponible à compter du 4 septembre. Vous pouvez le précommander ici