Pour son avant dernière soirée, le festival d’Eauze s’est installé à la cathédrale Saint Luterc d’Eauze. Au programme le cantique de Jean Racine, le requiem et le quatuor pour cordes N°3 en ré mineur de Gabriel Fauré (1845-1924).
Depuis la nomination de Yassine Benameur à l’Opéra des Landes en 2023, une collaboration s’est établie entre la manifestation et le festival d’Eauze. Chaque année l’Opéra des Landes accueille un opéra et une opérette mis en scène par Olivier Desbordes pour l’un et Eric Perez pour l’autre (en 2026 c’était Les pêcheurs de perles de Georges Bizet (1837-1875) et La Belle Hélène de Jacques Offenbach [1819-1880]) pendant que le festival d’Eauze accueille un oratorio produit par l’Opéra des Landes. Pour l’édition 2026, c’était le requiem de Gabriel Fauré (1845-1924) ; l’œuvre n’étant pas très longue, le cantique de Jean Racine et le quatuor pour cordes N°3 en ré mineur étaient également inscrit au programme.
Ce sont six musiciens qui se sont installés devant le maître autel de la cathédrale Saint Luterc :
Deux violons, un alto, un violoncelle, une contrebasse et un clavier. C’est peu, mais ces six musiciens chevronnés connaissent parfaitement l’œuvre de Fauré et lui ont fait honneur avec un beau panache. Le quatuor pour cordes N°3 en ré mineur, qui ouvrait la soirée, était interprété avec une rigueur inégalable. La coordination entre les quatre musiciens était parfaite et on ne peut que s’incliner devant une lecture du chef d’œuvre de Fauré maîtrisée jusqu’au bout des archets. Les quatre musiciens enchaînent les mouvements avec une élégance rare ; chaque thème est interprété sans faiblesse ; les tempos et les nuances sont parfaits. Fauré lui même aurait aimé cette belle lecture de son quatuor. Pour le cantique de Jean Racine, le chœur n’est accompagné que par le clavier. La cheffe d’orchestre Dina Bensaïd dirige l’ensemble avec rigueur sans pour autant tomber dans la facilité ; car si l’œuvre est courte, elle n’en est pas moins difficile car la modulation des nuances et des temps exigent une précision rare. Et Dina Bensaïd relève le gant avec panache ; la gestuelle est précise, nette, sans excès. Pour le requiem, les six musiciens sont tous ensemble devant le maître autel ; la encore la direction de Dina Bensaïd est rigoureuse, précise, économe.
Ce sont trente choristes amateurs qui s’avancent dans la nef de la cathédrale jusqu’au maître autel. Le niveau de ces hommes et de ces femmes est digne d’un chœur professionnel ; parfaitement préparés par Valérie Esparre, leur cheffe, ils suivent Dina Bensaïd avec une précision millimétrée. L’interprétation du Cantique de Jean Racine est quasi parfaite avec des nuances et des tempos sans fautes. La diction est parfaite même si le texte parvient parfois difficilement dans la nef, l’acoustique de la cathédrale n’étant pas idéale pour la musique vocale. Pour son requiem, Gabriel Fauré a ciblé le chœur plutôt que les solistes, et la partition qu’il leur a laissé est particulièrement difficile. Mais le pari est relevé avec un beau panache par un choeur qui se montre sous son meilleur jour.
Pour le requiem de Fauré, L’Opéra des Landes à invité la soprano Pauline Jolly et le baryton Nicolas Hézelot que nous avions vus la veille dans La vie de Bohême. Les deux interventions du baryton solo sont parfaites ; Nicolas Hézelot chante d’une voix ferme, solide qui résonne dans la cathédrale avec une assurance digne des meilleurs. Pauline Jolly, montre elle aussi le meilleur d’elle : voix saine, solide, parfaitement maîtrisée. Et même si on l’entend très peu, elle livre une performance qui force le respect.

C’est une très belle soirée Fauré que l’Opéra des Landes a présenté au festival d’Eauze. Et le public, venu nombreux, ne s’y est pas trompé en réservant à l’ensemble des artistes présents dans la cathédrale une ovation grandement méritée.
Visuel principal : Festival d’Eauze 2026 – Opéra éclaté
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