La Cité des Sciences et de l’Industrie accueille en son sein une exposition dédiée aux frontières, jusqu’au début de l’année 2028. En poussant à crapahuter d’ilots en ilots, la Cité des Sciences explore ce thème hautement contemporain de manière un peu ludique.
Ouverte depuis avril au public, l’exposition Frontière est en partenariat avec l’Université de Grenoble, le CNRS et Sciences Po Grenoble. Elle se structure en petits ilots, chacun dédié à une frontière précise, souvent géographique, mais pas que. Au-delà d’une simple énumération, l’exposition cherche à réfléchir à la notion même de frontière et à comment cette dernière a évolué au regard de l’actualité récente. Des frontières les plus connues comme celle entre les Deux Corées, des plus surprenantes comme celles caractérisées par le cyberespace, ou encore celle entre le Niger et l’Algérie, l’exposition dresse un beau panorama de la notion, en association avec de vrais géographes et personnes du milieu universitaire.
Jugée comme accessible aux enfants dès l’âge de 12 ans, et par ailleurs trilingue français-anglais-espagnol, les commissaires de l’exposition assument une portée pédagogique et familiale, non sans rigueur et approfondissement académique. De ce fait, c’est une bonne balance entre vulgarisation et information, que l’on traverse au rythme que l’on souhaite. C’est également une exposition qui met au centre la géographie et toutes ses potentialités, redorant le blason d’une discipline souvent délaissée face à l’Histoire dans les musées !
Le propos est de « créer des supports » et de « montrer la géographie contemporaine ». Mission réussie grâce aux détails et au large horizon qui s’efforce de se décentrer de l’Occident, en faisant balance entre des exemples plus ou moins connus.
C’est aussi une bonne révision du thème 3 d’HGGSP pour nos lycéens et lycéennes de région parisienne avant le bac!
De plus, Frontière ne recule pas sur les conséquences des frontières sur la vie des gens qui tentent de les franchir. Ainsi, l’exposition s’arrête sur la forte mortalité à la frontière de l’Union Européenne, qui s’explique notamment par la traversée de la Mer Méditerranéenne. Plus qu’une simple mention, l’exposition assume une grande stèle sur laquelle défile les données des plus de 70 000 portés disparus en mer.
Une autre installation revient aussi sur Blessing Matthew, une jeune femme nigériane décédée à la frontière franco-italienne. Elle présente une enquête menée sur l’affaire par Border Forensics, qui, à l’appui d’artistes, met en avant la manière dont les politiques migratoires répressives n’arrêtent pas les mobilités L’enquête autour de la mort de Blessing Matthew, qui serait survenue suite à des violences policières, montre aussi l’importance de la mobilisation des associations et du travail scientifique pour dénoncer des politiques qui ne font que précariser davantage.
Frontière, à retrouver à la Cité des Sciences et de l’Industrie jusqu’au 2 janvier 2028. Dès 12 ans.