Le Festival du cinéma américain de Deauville confie son regard sur l’avenir à une artiste qui n’a jamais cessé de déjouer les attentes. Pour sa 52e édition, organisée du 4 au 13 septembre 2026, le festival a choisi Lio pour présider le Jury de la Révélation, chargé de distinguer les premiers films et les cinéastes qui dessineront le cinéma de demain.
Plus qu’un simple rôle honorifique, cette présidence s’inscrit dans l’ADN d’un prix dédié à la découverte. Chaque année, le Jury de la Révélation récompense des œuvres qui incarnent les nouvelles écritures du cinéma américain. Pour cette édition, Lio sera entourée des comédiens Noée Abita, Marion Barbeau, Manon Clavel et Sayyid El Alami. Ensemble, ils remettront le Prix de la Révélation lors de la cérémonie de clôture du 12 septembre, tandis que le jury principal sera présidé par Roschdy Zem.
Le choix de Lio apparaît comme une évidence. Depuis plus de quarante ans, la chanteuse et comédienne construit une trajectoire à contre-courant, portée par une curiosité constante et un goût affirmé pour les univers singuliers. Une personnalité qui correspond parfaitement à l’esprit de cette section du festival, tournée vers les talents émergents et les regards neufs.
Si le grand public l’identifie d’abord à des tubes devenus cultes comme Banana Split, Amoureux solitaires ou Les brunes comptent pas pour des prunes, Lio a toujours refusé de se laisser enfermer dans l’image de la chanteuse pop des années 1980.
Très tôt, elle construit une véritable carrière de comédienne. Là où beaucoup de vedettes de la chanson se contentent d’apparitions anecdotiques, Lio choisit des réalisateurs et, surtout, des réalisatrices qui explorent des territoires exigeants. Chantal Akerman, Catherine Breillat, Diane Kurys, Marion Vernoux, Aline Issermann ou encore Katell Quillévéré lui offrent des rôles qui révèlent une interprète capable d’alterner légèreté, fragilité et intensité dramatique.
Cette fidélité au cinéma d’auteur dit beaucoup de son parcours. Lio n’a jamais cherché la facilité ni les trajectoires toutes tracées. Son rapport au cinéma ressemble à celui qu’elle entretient avec la musique : instinctif, libre et profondément personnel.
Au fil des décennies, Lio est devenue bien davantage qu’une icône pop. Ses prises de parole sur les violences faites aux femmes, les rapports de domination ou encore la place des femmes dans les industries culturelles lui ont donné une nouvelle visibilité, celle d’une artiste engagée qui assume ses convictions.
Cette liberté de ton fait aujourd’hui partie intégrante de son identité publique. Elle nourrit aussi le regard qu’elle porte sur les œuvres et sur les nouvelles générations d’artistes. À Deauville, cette expérience pourrait trouver un écho particulier auprès de jeunes cinéastes qui interrogent eux aussi les mutations de la société à travers leurs premiers films.
Présider le Jury de la Révélation, c’est choisir les voix qui méritent d’être entendues avant les autres. En confiant cette mission à Lio, le Festival de Deauville mise sur une personnalité qui connaît la valeur d’une première chance, mais aussi les exigences d’une carrière construite dans la durée.
Artiste populaire autant que figure respectée du cinéma d’auteur, chanteuse, actrice, femme de scène et de convictions, Lio incarne une forme de liberté créative qui dépasse les disciplines. Une qualité précieuse lorsqu’il s’agit de distinguer celles et ceux qui feront, peut-être, le cinéma de demain.
Sa présence à Deauville promet ainsi de donner une tonalité particulière à cette 52e édition : celle d’un dialogue entre une artiste qui a toujours suivi son propre chemin et une nouvelle génération de cinéastes appelée, à son tour, à inventer le sien.
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