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Les spectacles déjà vus à voir au Festival d’Avignon et au Off d’Avignon

par La redaction
22.06.2026

Souvent, nous avons la chance de voir les créations en amont, en France ou ailleurs, de quoi, chères lectrices et chers lecteurs, vous aiguiller avec 100 % d’assurance dans le marathon avignonnais.

Par Marie, Julien, Marine, Thomas et Amélie

 

Dans Le In

Carolina Bianchi, l’enfer des hommes

Au Kunstenfestivaldesarts, Carolina Bianchi nous avait laissés sidérés avec The Brotherhood. Après avoir disséqué les violences faites aux femmes dans A Noiva e o Boa Noite Cinderela, l’artiste brésilienne poursuivait son exploration des masculinités toxiques en s’intéressant aux fraternités masculines, à leurs mécanismes de domination et à la manière dont elles produisent de la violence. Nous écrivions alors qu’elle transformait la scène en purgatoire où les hommes se retrouvaient confrontés à leurs propres récits. Une expérience aussi vertigineuse que nécessaire, portée par une artiste qui compte parmi les voix les plus importantes de la création contemporaine. À Avignon, elle va clore sa trilogie avec Uma Luz Cordial du 4 au 7  et présentera l’intégrale de Cadela Força les 12 et 13.

« Cuckoo », le riz amer de Jaha Koo

Révélé au Théâtre de la Bastille, dans le cadre du Festival d’Automne 2019, l’artiste coréen, exilé en Europe, présente  à nouveau le second volet de sa trilogie dans ce festival d’Avignon tourné vers la langue coréenne, du 5 au 8. 

Boris Charmatz, le corps comme dernier langage

Nous avions quitté Muette bouleversés par ce corps qui semble lutter contre sa propre disparition. Dans ce solo suffocant, Boris Charmatz abandonne toute virtuosité démonstrative pour explorer les limites du souffle, de la voix et du mouvement. Le chorégraphe y apparaît vulnérable, presque fantomatique, dans une pièce où le corps devient à lui seul un champ de bataille. Une œuvre d’une radicalité rare qui rappelle pourquoi Charmatz demeure l’une des figures majeures de la danse contemporaine. Du 17 au  24.

Dans Le Off

 

Réponse sexuelle, le désir comme terrain politique

C’est l’un des spectacles dont nous avons le plus parlé cette saison. Avec Réponse sexuelle, Marine Fabre s’empare du désir féminin, de ses représentations et de ses impensés avec une liberté réjouissante. Dans notre critique, nous soulignions comment la langue devenait ici un outil d’émancipation autant qu’un objet d’enquête. Ni conférence, ni seule performance, le spectacle invente un espace où le politique se loge dans les mots, les récits et les corps. Une proposition aussi intelligente que jubilatoire. Au Théâtre de l’Atelier Florentin, du 4 au 25 juillet, relâche les 8, 15, 22 juillet à  12h45, durée 1h

Le Bal Magnétique, la fête comme art de vivre ensemble

Lorsque nous découvrions le travail de Massimo Fusco, nous étions frappés par sa capacité à réinventer le bal populaire sans jamais céder à la nostalgie. Le Bal Magnétique transforme la place du village en espace chorégraphique contemporain. Ce qui pourrait n’être qu’un moment festif devient une réflexion sensible sur le collectif, le plaisir de danser ensemble et la possibilité de fabriquer du commun. Rarement une proposition participative aura trouvé un équilibre aussi juste entre convivialité et exigence artistique. Du 9 au 11 juillet à 21 h 30, durée 1 h 15,  à La Chartreuse – Centre national des écritures du spectacle, présenté dans le cadre du festival d’été des Hivernales, on y danse aussi l’été

Au Bon Pasteur, la mémoire des enfermées

Dans ses précédents portraits scéniques, Martial Di Fonzo Bo nous avait déjà impressionnés par sa capacité à faire surgir des destins individuels dans toute leur complexité. Avec Au Bon Pasteur, il poursuit ce travail de mémoire en donnant voix aux femmes enfermées dans ces institutions qui ont marqué l’histoire sociale française. Un théâtre documentaire profondément humain qui refuse le simplisme pour restituer toute l’épaisseur des vies racontées. À la Manufacture, du 4 au 12 juillet, relâche le 9 juillet, à 11 h 35, durée : 50 min.

L’Entremondes ou le lac de l’oubli, dialoguer avec les disparus

Parmi les plus belles surprises de la saison. En convoquant la figure de son père disparu, Charles Van De Vyver construit un spectacle où le deuil devient une aventure théâtrale. Ce qui nous avait particulièrement touchés était cette manière de naviguer entre récit intime, imaginaire et poésie visuelle sans jamais sombrer dans l’autofiction. Un spectacle délicat qui parle autant des morts que des vivants. À la Factory, du 4 au 25 juillet, relâche les 9, 16, 23 juillet.
10h00, durée  1h15

Le Projet Barthes, penser sans peser

Faire du théâtre à partir de Roland Barthes pouvait sembler périlleux. Sylvain Maurice réussit pourtant un petit miracle : restituer la jubilation intellectuelle du penseur sans transformer le plateau en salle de cours. Comme nous l’écrivions alors, le spectacle retrouve chez Barthes son goût du déplacement, du doute et du plaisir. Une proposition rare qui donne envie de relire l’auteur autant qu’elle donne envie de retourner au théâtre. Au Train Bleu, du 4 au 23 juillet, relâche les 10, 17 juillet, à 11h05, durée 1h

Psicofonía, entendre les silences de l’Histoire

Peu de spectacles nous auront autant marqués cette année. À partir des traumatismes laissés par la guerre civile espagnole et le franquisme, Psicofonía transforme les absents en présences. Dans notre article, nous évoquions un art mis au service de la lutte contre l’oubli. C’est précisément ce qui fait la force de cette œuvre : rappeler que certaines blessures collectives continuent de résonner longtemps après la disparition des témoins. Au Théâtre des Halles, du 4 au 25 juillet, relâche les 8, 15, 22 juillet à 14 h 00, durée 1 h 15.

 

La demande d’asile de Nicolas Barry

La demande d’asile est une pièce de danse, mais aussi une pièce de théâtre, les deux en même temps. Possible ? Totalement. Sophie Billon (vue chez Daniel Larrieu) et Nangaline Gomis (vue chez Noé Soulier) campent, pour Sophie, l’enquêtrice de l’OFPRA (Office français de protection des réfugiés et apatrides) et pour Nangaline, celle qui fuit son pays, car elle y est « en danger » et « malade ».Le vrai sujet de la pièce est le désir de l’autre. L’accueil au sens d’une protection sans condition et sans prérequis . Et de façon générale, quand sur une affiche est inscrit le nom de Nicolas Barry, allez y ! Attention, date unique, le 10 juillet à 19 h 30 au Train Bleu, durée 50 min.

Katsunjin Ken de et par Yann Allegret

Créé sous le titre de Solo Arts Martiaux ce seul en scène poétique et généreux amène à réfléchir sur les liens entre le théâtre et l’aïkido. Yann Allegret y déploie des trésors d’humour, de délicatesse et crée d’un rien, des images qui nous portent durablement. À 14 h 00, au théâtre Transversal, durée 1 h 20

Vous parler de mon fils de Philippe Besson par Mathieu Touzé

Mathieu Touzé adapte le texte de Philippe Besson qui tente de mettre des mots sur l’indicible : le suicide d’un adolescent et la dévastation de la vie de sa famille. Les mots d’un père, tout à la fois sincères et bouleversants, portés par le metteur en scène lui-même avec délicatesse. A 15h45, au théâtre  Transversal, durée 1h30 (notre article)

L’Illusion Comique d’après Corneille, mise en scène de Galin Stoev

En transposant le chef-d’œuvre de Corneille dans les coulisses du cinéma des années 1960, Galin Stoev signe un spectacle d’une rare intelligence visuelle. Entre hommage au septième art, réflexion sur les pouvoirs de la fiction et plaisir du jeu, cette Illusion Comique déploie une magie qui agit longtemps après la représentation. Du 4 au 25 juillet, relâche les 9, 16, 23 juillet à 11h40, durée 1h30, à la Factory-Théâtre de l’Oulle

M.O.L.I.E.R.E de et par la Compagnie Grand Tigre

Et si Jean-Baptiste Poquelin nous racontait lui-même sa vie ? Jouant avec les codes de la biographie comme avec ceux du théâtre de tréteaux, ce spectacle inventif et jubilatoire fait surgir un Molière inattendu, proche de nous, drôle et profondément humain. Du 3 au 25 juillet  relâche les 8, 15, 22 juilletà  17h05, durée 1h20 au Théâtre du Girasole

C.R.A.S.H de et par la compagnie Collectif P4

À partir d’un fait divers et d’une mécanique judiciaire implacable, C.R.A.S.H interroge notre rapport à la responsabilité, à la culpabilité et à la vérité. Une proposition tendue et efficace qui refuse les réponses simples et place le spectateur au cœur du débat. Du 4 au 25 juillet, relâche les 8, 15, 22 juillet, à 20 h 15, durée 1 h 30, au Théâtre des Carmes André Benedetto

Filles d’Ariane de Pauline Bayle

Entre souvenirs intimes et mémoire familiale, Filles d’Ariane explore les méandres de la transmission. Avec délicatesse, le spectacle transforme le mythe du labyrinthe en une traversée sensible des liens qui nous construisent et parfois nous enferment. Du 4 au 25 juillet, relâche les 8, 15, 22 juillet, à 12 h 25, durée 1 h 15, à l’Espace Alya

Peu importe de Marius von Mayenburg

Sous les apparences d’une comédie de couple, Peu importe dissèque avec une précision redoutable les mécanismes du désir, du pouvoir et de la domination. Une écriture acérée portée par une mise en scène qui laisse toute sa place à l’ambiguïté des relations humaines. Au Off d’Avignon, durée selon programmation. Du 4 au 25 juillet, relâche les 6, 13, 20 juillet à 13 h 50 à 1 h 20 à La Scala Provence.

Si une histoire frappe à ta porte… de Laurent Contamin

D’où viennent les histoires ? Comment naît le désir de raconter ? Avec poésie et simplicité, ce spectacle jeune public parle autant aux enfants qu’aux adultes en célébrant le pouvoir de l’imaginaire et le mystère de la création. Du 4 au 25 juillet, relâche les 8, 15, 22 juillet, à 13 h 00, durée 1 h 10, au Théâtre Au Coin de la Lune.

La Trilogie du troisième type de Mickaël Délis

À travers plusieurs volets où l’intime devient matière théâtrale, Mickaël Délis poursuit son exploration drôle et sans concession des injonctions à la virilité. Un théâtre autobiographique qui mêle humour, fragilité et regard critique sur les modèles masculins contemporains. Du 4 au 25 juillet  relâche les 6, 13, 20 juillet, à 19 h 10, durée  1h20, à la Scala Provence

Notre dossier Avignon 2026

Visuel : Cadela Forca Trilogy Chapter-II-The-Brotherhood ©Mayra Azzi