Rattrapée par son temps, la mythique agence créée par Christian Caujolle et Zina Rouabah en 1986, voit ses activités perturbées depuis maintenant plus d’un an. Déclin des affaires, départ des photographes et conflit avec le président, l’agence est sur le point de s’écraser violemment.
Dirigée par Xavier Soule depuis 1997, le PDG constate depuis 2025 une baisse dans leurs activités et de lourdes chutes par rapport à leurs prévisions. En plus du nombre de leurs photographes qui diminue de mois en mois, sur les 130 qui étaient distribués autrefois par l’agence, il n’en reste aujourd’hui qu’une quarantaine. Baladés entre les départs négociés, les retraites et les licenciements. La cause ? Une clientèle qui change, une presse désintéressée et surtout un monde de l’illustration et de l’image maintenant gangrené par l’IA.
Le réel problème vient de la gestion de cet écrasement, Xavier Soule est aujourd’hui en conflit direct avec les derniers photographes de l’agence. Des conflits liés à la récupération des archives et des données stockées par l’agence viennent ternir, chez beaucoup de leurs photographes, la fin de leur aventure avec VU’. Et pour beaucoup, une réelle inquiétude de se retrouver sans soutien de la direction, malgré les dires opposés de Xavier Soule. La nouvelle activité du PDG pose elle aussi problème quand on comprend pourquoi l’entreprise est sur le déclin, aujourd’hui associé à Nadka, une entreprise spécialisée dans l’imagerie… par l’IA. La même intelligence artificielle qui aurait entraîné l’institution de photographie dans sa chute.
Le cas de l’agence VU’ lance surtout un message fort à toutes les entreprises de création, ça y est la place de l’IA devient bien réelle, elle met des créateurs à la porte et nous oblige à repenser notre manière de créer, de penser, de se définir. Si l’IA est devenue la solution de facilité, la réalité est alors un privilège et un privilège qui coûte cher, ce que certaines entreprises créatives ne peuvent plus se permettre.