Ces 11, 12 et 13 septembre marquent la 91e édition de la Fête de l’Huma ! Entre conférence, débats et concert, c’est l’occasion pour les gauches, à tous les degrés de radicalité, de s’interroger sur leur mission dans l’espace politique. Debrief du premier jour : douce entrée en matière et concerts mémorables !
Ce vendredi 11 septembre débute avec une conférence de Monique Pinçon-Charlot, sociologue bourdieusienne internationalement reconnue pour ses études de la bourgeoisie. Après avoir récupéré la place de camping, signe de mauvaises nuits à venir, les concerts permettent des moments de rassemblement joyeux et populaires !
Chaque édition de la Fête de l’Huma est l’occasion pour Monique Pinçon-Charlot de faire une intervention prisée. Aujourd’hui, elle a présenté sa notion de séparatisme bourgeois et la stratégie du choc. Elle enjoint son public de se mobiliser, autant que ceux qu’elle appelle « bourgeois », pour défendre leurs intérêts de classe. Sa conférence, plutôt axée militantisme dans le cadre de la fête, est la suite naturelle de sa carrière révélant les mécanismes de défense de leurs intérêts de classe par les plus riches.

Juliette Vine Decup
D’origine martiniquaise, Maureen est une chanteuse et rappeuse de 27 ans, très connue pour ses sons dansants où elle mélange les influences musicales antillaises. Elle chante en français, créole et anglais, et produit des sons rap, shatta et parfois même bouyon. Son public, essentiellement jeune, danse avec plus ou moins d’aise, mais toujours le même entrain, sur ces sonorités irrésistibles.
Elle permet aux Martiniquais, et surtout aux Martiniquaises, de profiter d’une représentation sur la scène musicale française. Elle a remercié son public de lui permettre de vivre de sa passion, et a rappelé ses engagements politiques, cohérents avec sa présence à l’Huma.
Josman est, aux premiers abords, un rappeur-trappeur assez classique dans l’imaginaire mobilisé. En effet, il parle de ses conquêtes amoureuses, de ses goûts luxueux en matière vestimentaire et de sa consommation excessive de cannabis.
Mais, comme tous les autres, il incorpore sa singularité à ses créations artistiques. Chez lui, cela se marque notamment par une conscience aiguë des enjeux internationaux et une crainte du futur. Son titre Intro, certifié disque de diamant, met en évidence ses craintes, et chanté par une foule aussi immense qu’à l’Huma, il paraît être un cri du cœur d’une génération.
Ses titres plus égotrip fonctionnent parfaitement en concert et emportent le public dans des pogos intensifs. Mais il conserve toujours une critique à l’égard de la société et de lui-même, critique évidente dans le titre de son projet DOM PERIGNON CRYING. Il y met en avant la réussite matérielle, sans l’associer à un bien-être émotionnel.
Après le concert de Josman, une foule immense se dirige vers la scène Joséphine Baker, plus petite du festival. La densité humaine enjoint à se questionner sur la pertinence d’avoir programmé Ino Casablanca sur une petite scène. Alors entouré de musiciens pour accompagner ses textes, Ino – diminutif de son nom d’artiste – offre un show où croire en soi est le maître mot. Dans ses textes, il encourage son public à s’écouter et à suivre une trajectoire personnelle, qu’importe les attentes à son égard.
Son message est très bien tourné dans ses textes, mais ce qui le différencie réellement d’autres artistes est la musicalité qu’il propose. Né et ayant grandi en Espagne, de parents marocains, puis arrivé en Haute-Garonne vers 10 ans, il utilise toutes ces cultures dans sa création musicale, offrant une œuvre distincte et reconnaissable. Ses musiques restent globalement dansantes, tout en étant tantôt introspectives, tantôt plus egotrip, là encore dans la tradition rapologique. Il a fait monter sur scène les artistes Aupinard et Linlin, pour interpréter respectivement P&P et BLICKY, ses featurings les plus connus.