Plus de deux siècles après leur arrivée au British Museum, les marbres du Parthénon s’invitent dans le débat sur le rapprochement entre le Royaume-Uni et l’Union européenne. Le 6 octobre à Athènes, le Premier ministre grec a annoncé vouloir intensifier les pressions sur Londres pour obtenir leur retour.
Le mardi 6 octobre à Athènes, Kyriakos Mitsotakis, Premier ministre grec, annonce intensifier les pressions sur le British Museum et le gouvernement britannique. Il veut obtenir la réunification des sculptures du Parthénon à Athènes.
Pour lui, la question des marbres doit faire partie des discussions sur un rapprochement entre le Royaume-Uni et l’Union européenne.
Alors qu’ils sont arrivés à Londres il y a plus de deux siècles, ces marbres deviennent un nouveau sujet du débat sur les relations entre le Royaume-Uni et l’Europe. Ce n’est plus simplement une dispute entre Londres et Athènes. La Grèce cherche à transformer une question patrimoniale en question européenne.
Le contexte est particulièrement propice aux négociations. Andy Burnham, nouveau Premier ministre britannique, s’était auparavant montré favorable au retour des sculptures. Depuis son arrivée au pouvoir, il a également ouvert la porte à un rapprochement beaucoup plus étroit avec l’UE.
Mais les tensions entre les deux villes ne datent pas d’hier. Les sculptures ont été retirées du Parthénon au début du XIXe par Thomas Bruce, 7e comte d’Elgin, alors ambassadeur britannique auprès de l’Empire ottoman. Entre 1801 et 1805, il fait retirer une partie importante des sculptures encore présentes sur l’Acropole.
Le British Museum indique aujourd’hui que Elgin avait obtenu autorisation nécessaire des autorités ottomanes et défend la légalité de l’acquisition des sculptures.
La Grèce propose, elle, un autre récit : celui d’un patrimoine grec retiré d’Athènes sous occupation ottomane, dans des conditions qu’elle considère comme illégitimes. Le 6 octobre, Mitsotakis a encore affirmé que ces marbre avaient été « clairement volés ».
Athènes ne se contente plus de réclamer ses sculptures. Elle propose désormais un accord culturel très explicite.
Le Premier ministre avance l’idée d’une sorte de partenariat avec le British Museum : pendant la fermeture et la rénovation du Musée archéologique national d’Athènes, la Grèce pourrait permettre au musée londonien d’accueillir temporairement des trésors archéologiques grecs qui n’ont encore jamais quitté le pays. En échange, Athènes veut voir revenir les marbres du Parthénon.
La Grèce tente ainsi d’inverser la logique traditionnelle de la restitution. Londres ne serait pas uniquement perdant : le British Museum pourrait, en retour, bénéficier d’un accès privilégié au patrimoine grec.
La Grèce aura la présidence tournante du Conseil de l’UE de juillet à décembre 2027. Et cet événement n’est pas à négliger. Cette échéance rend la déclaration de Mitsotakis particulièrement intéressante car Athènes aura une position qui lui donnera un rôle important dans l’organisation des travaux européens.
Après l’avoir quitté, le Royaume-Uni cherche désormais une nouvelle place auprès de l’UE. Mais la Grèce lui rappelle qu’il n’y a pas que les traités pour se réconcilier.
Visuel : © Marbres du Parthénon au British Museum