Cult.news était sur la croisette pour une troisième journée de compétition entre pluie et beau temps, la fougue Travolta, un animé sur une maman Alzheimer, Géraldine Nakache en projection spéciale et les couchers de soleils musicaux de la Sacem.
La matinée a commencé en salle Buñuel avec un film d’animation en séance spéciale. Adapté du roman graphique de Sarah Leavitt, Tangles de Leah Nelson raconte le quotidien d’une jeune illustratrice queer de San Francisco lorsque sa mère de 52 ans développe la maladie d’Alzheimer. Une balade à la fois tendre, terrible, pleine d’humour, et en noir et blanc, dans la douleur d’une famille et dans les années 1990.
Du côté d’Un Certain Regard, en salle Debussy, Congo Boy nous réveille et nous enchante. C’est le portrait lumineux d’un adolescent congolais immigré en République centrafricaine, que l’on suit tenter de poursuivre ses rêves, devenir chanteur, tout en essayant de subvenir aux besoins de sa famille et de plaire à ses parents. Jamais tire-larmes, le film offre de belles séquences d’émotion et de joie.
Présenté à Cannes Première, Marie-Madeleine de Gessica Généus rejoue Clochemerle, mais entre le prêtre et la maison close, à Jacmel, dans le sud-est d’Haïti. Une fresque sensuelle, colorée et expressive, aux images planantes, qui nous rassure : la réalisatrice n’a rien perdu de sa fougue depuis Freda.
Séance culte en salle Debussy en fin d’après-midi, où le tonique septuagénaire John Travolta a projeté son premier long métrage derrière la caméra, Vol de nuit pour Los Angeles. Avec beaucoup d’émotion de part et d’autre, Thierry Frémaux lui a remis une Palme d’or d’honneur surprise avant la projection de son film. Cela a pris un peu de retard sur le planning, mais quelle humilité et quelle élégance !
En salle Debussy, pour faire suite à John Travolta, a eu lieu en Cannes Première la projection très attendue du nouveau film de Géraldine Nakache. On l’avait quittée comme réalisatrice en 2019 avec J’irai où tu iras, et on la retrouvait hier soir avec un drame. La crème de la crème du cinéma français était dans la salle, notamment Adèle Exarchopoulos, François Civil. Et ça, c’est cult !
Ce vendredi 15 mai, dès 19h, la première soirée des Sunset Live, organisés par Cartel et la Sacem dans le cadre de leur collaboration pour mettre la musique à l’honneur au cœur du Festival, réunissait tout l’écosystème de la musique à l’image dans un jardin, verre à la main et l’on sentait un vraie joie à se retrouver autour de son au milieu d’un festival si plein d’images. La scène, soigneusement équipée, accueillait Yasmine Meddour, tout de blanc vêtue, pour un set aussi intime qu’hypnotique. Sa voix très grave, son clavier et ses nappes électro nous ont emportés jusqu’à ce que le soleil décline un peu. On connait l’artiste pour avoir composé et interprété les BO de Papicha (César du meilleur premier film) puis de Houria, les deux films de sa sœur Mounia Meddour. Accompagnée par ses musiciens, on la découvrait sous un nouveau jour. Un moment magique, amené à se reproduire avec entre autres Yom, Camélia Jordana et Adrien Gallo samedi et dimanche.
Le vendredi 15 mai, en accès libre, le Cinéma de la Plage a projeté en avant-première Les Caprices de L’Enfant Roi de Michel Leclerc, avec le comédien Artus, Doria Tillier, Julia Piaton et Franck Dubosc. Le réalisateur et les acteurices sont montés sur scène sous un tonnerre d’applaudissements avant la projection. L’histoire est celle du jeune Louis XIV doit se cacher lors d’une rébellion à Paris. La famille royale décide de changer l’identité du garçon afin qu’il puisse vivre librement sous la tutelle du poète Cyrano et qui en vient à rencontrer Molière. Un film en costumes qui fait la part belle à l’usage de la poésie et du théâtre comme vecteurs de divertissement populaire, capables de faire rire en temps de détresse. Bien que le film soit fictif, Louis XIV fut amateur, promoteur et mécène ambitieux des arts. Ce film feel-good a été un véritable succès à Cannes. A noter : le Cinéma de la Plage est une option accessible à tous les amateurs de cinéma, chaque soir à 21h30 sur la plage Macé jusqu’au samedi 23 mai. La projection proposait des places réservées sur la plage pour les accrédités dans un espace délimité, tandis que le public s’installait sur des couvertures, emmitouflé sous le vent frais de la nuit cannoise.
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La nuit s’est terminée en salle Debussy avec Gentle Monster, premier film en compétition de l’Autrichienne Marie Kreutzer. L’avoir vu à la suite du Géraldine Nakkache était un parcours du combattant sur la thématique du couple en crise qui aura traversé toute la soirée. Léa Seydoux y incarne Lucy, pianiste heureuse dans une grande ferme bavaroise avec son fils et son compagnon Philip (Laurence Rupp), jusqu’au matin où la police débarque pour saisir ses ordinateurs : trafic de vidéos pédopornographiques. Le doute s’installe vite et Lucy part se réfugier chez sa mère (Catherine Deneuve). Marie Kreutzer filme tout cela avec un naturalisme glaçant et une image d’une beauté troublante pour une totale horreur de doute. Un film qui pourrait bien briguer une Palme, et qui mériterait à tout le moins un prix d’interprétation pour Léa Seydoux, qui y est flamboyante.
A demain!