Le premier film en compétition de l’Autrichienne Marie Kreutzer est une histoire de couple qui sombre dans le sordide lorsque la police vient perquisitionner les ordinateurs du mari, soupçonné de trafic de vidéos pédopornographiques. Gentle Monster marque par son naturalisme poussé et par la présence flamboyante de Léa Seydoux.
Lucy (Léa Seydoux) et Philip (Laurence Rupp) viennent d’emménager à la campagne, dans une grande ferme près de Munich, avec leur fils. Elle est pianiste, lui réalisateur ; la ruralité leur convient et leur vie est heureuse. Mais un matin, tout bascule lorsque la police se présente à leur domicile pour arrêter Philip et saisir ses ordinateurs. Il est accusé de trafic de vidéos pédopornographiques. Lucy emmène son fils pour le protéger et part vivre chez sa mère (Catherine Deneuve) en ville. Elle ne sait plus quoi penser et tente de trouver un peu de lumière auprès des policières chargées de l’enquête…
L’image de Marie Kreutzer est belle et sensuelle, d’autant que les seules scènes de sexe sont celles du couple amoureux avant la révélation. On ne fera qu’imaginer le trafic de vidéos pédopornographiques et leur abjection, sachant que la réalisatrice s’est inspirée d’un fait divers allemand lié au démantèlement d’un réseau de 30 000 pédophiles. Les temps sont disloqués pour décrire l’atomisation d’un couple et d’une famille, mais aussi pour nous permettre de comprendre ce que son héroïne n’a pas su voir. Tandis que Léa Seydoux incarne une pianiste qui fragmente des chansons d’amour pop écrites par des hommes, dont Would I Lie to You? de Charles & Eddie, les images de la campagne bavaroise habitent ce film qui montre le quotidien pour mieux nous laisser imaginer ses coulisses si sombres. Les rouages du capitalisme et de l’exploitation n’en sont que plus vivement ressentis, par contraste avec la beauté de la lumière et d’une photographie qui vaudra peut-être à la réalisatrice autrichienne, ou à Léa Seydoux, un prix d’interprétation…
Gentle Monster, de Marie Kreutzer, avec Léa Seydoux, Laurence Rupp, Jella Haase, Catherine Deneuve, Autriche, Allemagne, France, 2026, 114 min. En compétition officielle au 79ᵉ Festival de Cannes.
Visuel : Frédéric Batier / Film AG.
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