Du 26 au 28 septembre, les professionnel·les et amateur·ices de whisky, mais aussi de spiritueux et de cocktails, se sont donné rendez-vous à la Grande Halle de la Villette. La 22e édition du Whisky Live mettait le rhum à l’honneur et permettait au grand public de faire la fête et de déambuler dans Cocktail Street, qui soufflait ses 10 bougies dans la joie et la bonne humeur autour de la Grande Halle. Cult.news était au rendez-vous et vous en rapporte quelques saveurs.
Organisé depuis 2004 par La Maison du Whisky, qui célèbre ses 70 ans avec une collection de ses créations réunie en catalogue, le Whisky Live réunit et donne vie aux producteur·ices et amateur·ices de whisky. Mais pas que…
Très élégamment scénographié dans la Grande Halle de la Villette, qui laisse de l’espace pour les dégustations, les masterclasses (trois scènes !) et les découvertes, le Whisky Live suit un plan intuitif : le plateau permet d’aller à la rencontre de maisons de whisky du monde entier qui viennent présenter leurs nouveaux élixirs (à comparer avec les incontournables, voir notre article de l’an dernier). On le parcourt un verre à la main, avec de nombreuses fontaines pour le rincer et s’hydrater. Si l’on se perd, les équipes de La Maison du Whisky savent accompagner les visiteur·ices. Mais qui dit whisky dit expérience, et les pros ou les plus grand·es amateur·ices viennent en VIP pour accéder à certaines masterclasses pointues, mais aussi goûter des whiskies d’exception avec une vue sur tout le salon d’un côté et la Grande Halle de la Villette de l’autre. Par exemple, nous avons pu goûter, directement venus de l’île d’Islay, le Bowmore (la plus ancienne distillerie de l’île) single malt 21 ans d’âge vieilli en fûts de sherry, et le dernier opus de la série Strong Characters de Laphroaig : un single malt 35 ans d’âge, d’une suavité qui fait frissonner, dédié à l’ancien directeur de la maison, Dugald Johnston. Cette bouteille est illustrée par l’artiste britannique Bill Bragg.
Alors que la maison japonaise Nikka est très présente aussi bien au cœur du plateau qu’aux masterclasses et à Cocktail Street, on peut noter, au cœur de la Grande Halle et au centre des whiskies japonais qui tiennent le haut du pavé, une très belle installation dédiée au saké et aux cerisiers en fleur. Les couleurs, le graphisme et la variété des liqueurs Fair accrochent également un public nombreux, pour une petite pause d’eau-de-vie exotique (on a adoré la rencontre de l’alcool et du piment dans leur chipotle, muy caliente). En se promenant dans les allées, on note que le cognac demande à être vu, revu, réapprécié et reconnu. C’est chose faite pour le rhum, qui se déploie en invité majestueux de ce Whisky Live sur un bon tiers de l’espace. Produit originellement « agricole », ancien mais pas forcément chic ou raffiné, le rhum se boit majoritairement en Martinique sous forme de punch, nous apprend-on chez Dillon, qui distille depuis près de 250 ans. Ce qui n’empêche pas de goûter chez eux la subtilité des rhums de dégustation, et notamment des rhums blancs, qui se déclinent selon qu’ils viennent de cannes rouges, suives ou bleues, plus piquantes. Même si le rhum reste évidemment lié aux Caraïbes, le tour du monde que propose La Maison du Whisky nous a emmenés dans des contrées nouvelles, notamment en Thaïlande, où les cannes à sucre poussent divinement et où la maison Shakara propose des alcools très séduisants.
C’est sur cette note de voyage que nous avons fait notre tour du plateau principal, avec l’envie de découvrir des traditions nouvelles. Par exemple chez MilHòc, qui a lancé son Premier-Né il y a quelques mois, en plantant du maïs, en allant chercher de l’orge ailleurs et en puisant dans le savoir-faire en bas-armagnac d’une famille de Gascogne. Il a suffi de remettre en service l’alambic du grand-père (qu’on retrouve gravé sur le flanc des bouteilles) et de commander un peu d’orge pour proposer des whiskies, qui peuvent aussi vieillir dans des fûts d’armagnac. De même, on a appris qu’en Corse aussi, dans la plaine orientale, en faisant pousser du maïs dans d’anciens champs de noisetiers, la distillerie Mattei, connue pour son fameux Cap Corse et implantée à Aléria, a lancé avec Pietra (eh oui, la bière ! ) la marque de whisky corse P&M. Goûter leur déjà cult Single Corn, inspiré des meilleurs bourbons, c’est l’adopter… Enfin, parmi les marques prestigieuses et les négociants et assembleurs aux goûts les plus raffinés, notre voyage s’est terminé par un retour au bercail sur l’île d’Islay, qui était aussi une belle synthèse de notre expérience : la brasserie-distillerie The Islay Boys Ltd, portée par Donald MacKenzie et Mackay Smith, qui mêle whisky tourbé, bière profonde et même le premier rhum de l’île…
visuels : YH