Le 20 mai avait lieu la première de la nouvelle création de Fanny de Chaillé, Ultrasensible, au Théâtre National Bordeaux Aquitaine, dont elle est la directrice depuis maintenant 2 ans et demi.
Le concept du spectacle est simple. Une famille nombreuse, qui vide la cave de la maison familiale. Une situation à laquelle bon nombre de personne peut se retrouver, avec le bazar de toute une vie, voire plusieurs, entassé au sous-sol de la maison des parents. Entre photos, vieux cours de physique-chimie de collège et journaux intimes, le spectateur suit la vie de cette famille haute en couleur. Les 8 acteur.ices présents sur scène incarnent les moments de vie retrouvés en farfouillant dans les tonnes de cartons.
La question de l’archive est une thématique récurrente dans les spectacles de Fanny de Chaillé, à l’image de ses dernières créations comme Discours du désordre, ou encore Une autre histoire du théâtre. Pour que le travail d’archive personnelle soit le plus réaliste possible aux yeux des spectateurs, chacun des acteur.ices a travaillé sur des « ego-documents » comme les appelle Fanny de Chaillé, pour créer une sorte de réseau d’archives.
Dans Ultrasensible, Fanny de Chaillé utilise le corps non pas comme un simple outil d’exécution, mais comme le texte vivant du spectacle. C’est là que réside toute la beauté de sa démarche : les corps des interprètes deviennent des récepteurs et des émetteurs d’une grande intensité , traduisant des micro-sensations et des états émotionnels que les mots seuls ne parviendraient pas à saisir.

Valentine Vittoz, ©Marc Domage
Mais la directrice du TNBA (Théâtre National Bordeaux Atlantique) ne s’est pas arrêtée à cette thématique. Le sujet transversal autour des émotions vient se mêler à la découverte des archives familiales. Le jeu de lumières appuie fortement la mise en scène des émotions des personnages. Les émotions sont décuplées, comme Luna, qui s’énerve brutalement à la suite de moqueries de la part de son beau-frère. Les projecteurs sont rouges, uniquement sur elle. Toutefois, ce tissage narratif rend parfois la lecture des émotions confuse, et certains passages perdent en clarté à force de vouloir tout entremêler.

Luna Desmeules, ©Marc Domage
La musique joue un rôle central dans ce spectacle, et rajoute un petit truc en plus qu’on ne pensait pas si important. Sarah Murcia et Gilles Coronado, munis d’une contrebasse, d’un clavier, et d’une guitare, ont alimenté le spectacle avec un tapis musical sans surplus, qui suit parfaitement le cours de l’histoire.

©Marc Domage
Jusqu’au 22 mai au Théâtre National Bordeaux Aquitaine
En tournée dans toute la France à partir d’octobre 2026.