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L’Avare par Vincent Dumestre et Théophile Gasselin, ou la générosité économe de l’intermezzo

par Marilou Cognée
23.04.2026

Créé au Teatro Sant’Angelo de Venise en 1720, L’Avare est une œuvre musicale composée par l’italien Francesco Gasparini et écrite par le librettiste Antonio Salvi. En tournée dans toute la France et au théâtre parisien de l’Athénée Louis Jouvet du 9 au 18 avril, le chef d’orchestre et luthiste Vincent Dumestre revient accompagné du Poème Harmonique pour présenter cette courte pièce aussi élégante que réjouissante.

Un condensé artistique au service de la comédie

 

Directement inspirée de la pièce éponyme de Molière créée cinquante ans plus tôt, L’Avare de Gasparini surprend d’abord par son économie de temps – seulement 1h15 de spectacle, et cinq actes résumés en seulement trois – et en effectif – quatre personnages plutôt que quinze dans la pièce originelle. Sa brièveté lui rend service, en faisant de l’œuvre un condensé d’art total (théâtre, musique, chant) où la comédie ressort vainqueure.

 

L’Avare s’inscrit d’ailleurs dans la lignée directe des intermezzi, ces courtes pièces jouées au XVIIIe siècle pendant les entractes des grands drames lyriques (opera seria) afin de faire patienter le public et de le divertir. Puisant leur inspiration et leurs personnages dans le registre populaire de la Commedia dell’Arte, les intermezzi contrastaient de l’opera seria par leur effectif musical réduit et leur tonalité comique. Les personnages étaient souvent composés par un duo de solistes ainsi que par un personnage secondaire muet, qui jouait le rôle de mime, descendant direct du zanni de commedia.

 

L’intrigue est la suivante : Fiammetta (ici incarnée par la mezzo-soprano Éva Zaïcik) est une jeune veuve qui a besoin d’argent. Elle décide de jouer un tour à son voisin Pancrazio (alias Harpagon dans la pièce de Molière, ici incarné par Victor Sicard), un vieil homme riche et avare, en se faisant passer pour son frère jumeau, Fichetto, en vue de lui dérober son argent. La servante Scarabea (Serge Goubioud) et le valet Valletto (Stefano Amori) font office de personnages secondaires.

 

 

Une mise en scène fraîchement classique

 

La mise en scène, signée Théophile Gasselin, reste assez fidèle à l’époque de Gasparini et au livret d’Antonio Salvi. Fiammetta est bien cette jeune femme rusée et audacieuse, Pancrazio est rendu absolument insupportable tant il est obsédé par l’argent, et le mime Valletto apporte une touche de candeur et de tendresse à la pièce. Seule véritable innovation de la part de Vincent Dumestre : le chef d’orchestre a choisi de glisser entre les actes des intermèdes sous forme de chansons populaires italiennes interprétées par la servante Scarabea. La très belle voix du ténor Serge Goubioud apporte une note de fraîcheur et un changement de tonalité qui se marie très bien avec l’ensemble de l’oeuvre.

 

Ci-dessus, photographie de Philippe Delval. Fiammetta et Pancrazio accompagné.es par l’ensemble du Poème Symphonique.

 

 

Une scénographie chargée mais harmonieuse

 

Les costumes et maquillages des personnages, conçus par Alain Blanchot, demeurent dans un style classique sans pour autant tomber dans l’outrecuidance, et la scénographie est assez chargée, mais reste harmonieuse : alors qu’environ un tiers de la scène est occupée par la dizaine de musicien.nes du Poème Harmonique, partie intégrante de la pièce, le reste est occupé par un amas d’objets et de mobiliers qui semblent imiter l’intérieur de la maison de Pancrazio. Bureaux et tableaux, chandeliers et paniers en osier, casseroles et feuilles volantes s’étalent un peu partout sur une petite estrade, joyeux désordre qui imite l’état d’esprit d’un homme qui aime posséder. Au second plan, de grandes toiles de tissu sont suspendues et achèvent d’habiller élégamment la scène.

 

Le magnifique théâtre à l’italienne de L’Athénée, à la salle richement décorée et intimiste, se prête par ailleurs très bien à cet intermezzo joyeux et élégant.

 

De la générosité de L’Avare

 

En somme, la reprise de L’Avare par Vincent Dumestre et Théophile Gasselin est une œuvre généreuse, qui parvient à apporter vivacité et fraîcheur tout en restant éminemment classique. Le récit traduit en air d’opéra n’empêche en rien l’humour de Molière de parvenir jusqu’au public, et bien au contraire, l’allégresse des chanteur.euses et la courte durée de la pièce ne font que renforcer son intensité.

 

 

Dates de tournée du spectacle :

 

Opéra de Reims le 29 avril
La Coursive, La Rochelle les 5 et 6 mai
Maison de la culture, Amiens le 13 mai
Opéra Royal de Versailles du 5 au 7 juin
Festival de Beaune les 12 et 14 juillet
Opéra de Dijon les 3 et 4 mars 2027

Visuel principal : © Philippe Delval, Fiammetta et Valetto dans L’Avare de Vincent Dumestre et Théophile Gasselin.