Maud Amour a cette manière unique d’entrer en scène avec tout à la fois : le corps, la gouaille, le glamour, la blague, et une idée très précise de la liberté. Figure incontournable du burlesque en France, passée par les Folies Bergère avec Jean-Paul Gaultier, elle porte aujourd’hui Les Meneuses, un cabaret à son image, sorore, pluriel, millimétré et follement drôle. Dans cet entretien pour Bienvenue au Cabaret, elle raconte les numéros qui l’ont construite, les rencontres qui ont déplacé sa trajectoire, et la joie de mener, enfin, son propre clan.
Mélodie Braka : Pouvez-vous vous présenter ?
Maud Amour : Moi, je m’appelle Maud Amour Léone. Maud Amour, c’est mon nom de scène de cabaret. J’ai commencé le cabaret en 2012, lorsque je suis sortie de mon école de danse, chant, théâtre, à l’Académie Internationale de la Danse. Je suis actrice et artiste de cabaret, parce que j’ai eu la chance d’en aborder plusieurs facettes. J’ai commencé par l’effeuillage burlesque en 2012, quand j’ai lancé mon personnage Maud Amour, et ça a été super jusqu’en 2018. Ensuite, j’ai abordé plus la facette chant live, théâtre, tout le côté, pour moi, dans mon personnage burlesque, mais plus dans le sens potache, drôle, libéré.

Mélodie Braka : Le nom Maud Amour, il est né comment ?
Maud Amour : Quand je suis sortie de mon école de danse, j’ai rencontré Brian Scott Bagley, un Américain, un des premiers performeurs noirs au Crazy Horse, un MC incroyable. C’est une Joséphine Baker des temps modernes, je l’appelle souvent. Il m’a dit : « Mais il faut trop que tu te lances dans le burlesque, ça t’irait trop bien, j’ai une scène pour toi. » Maud Amour, je ne sais pas vraiment comment c’est venu, mais c’est venu assez naturellement avec le jeu de mots. Et ça incarne un petit peu tout ce que j’aime. Il y a l’amour, il y avait ce côté, dans le burlesque, se réapproprier son corps, aimer son corps. Il y a vraiment eu ce travail-là avec le burlesque, donc ça m’allait assez bien.
Mélodie Braka : Vous diriez justement que c’est quoi, votre cabaret ?
Maud Amour : Mon cabaret, il est multifacettes. Il est engagé, il est en colère, il est parfois triste et parfois joyeux, mais à tendance joyeuse quand même. Il a besoin de s’exprimer par le corps, par la voix. C’est une ode à la liberté d’être, sous toutes ses facettes et ses failles.

Mélodie Braka : Qu’est-ce qui vous inspire ?
Maud Amour : Ma première source d’inspiration dans le cabaret, c’était les meneuses de revues et les icônes de l’âge d’or hollywoodien, qui correspondent vraiment à l’imagerie qu’on a dans l’effeuillage burlesque. Mae West, Rita Hayworth, Marilyn Monroe, Joséphine Baker, Gaby Deslys, toutes ces icônes qui incarnaient déjà un féminisme et une appropriation de leur corps qui, pour l’époque, n’étaient pas faciles et étaient hyper engagés. Ça m’a toujours fascinée, ces femmes qui osaient. Et l’esthétique, les costumes, pour moi, c’est un Disney pour adultes.
Mélodie Braka : Et votre esthétique de scène ?
Maud Amour : J’ai une perruque rousse dans mon personnage, une perruque qui, pour moi, est intemporelle. Il y a de la Renaissance, il y a des années 20, et chacun projette un peu l’époque qu’il a envie de voir dedans. Il y a un côté un peu potache, aussi. Mais c’est vrai que l’âge d’or hollywoodien, c’est quand même une grosse partie de mon esthétique.

Mélodie Braka : Est-ce qu’il y a un numéro que vous avez créé dont vous êtes particulièrement fière ?
Maud Amour : Franchement, je suis fière de beaucoup de numéros. Je les aime. Il y en a plein que j’aime trop. «La Femme chocolat» , je l’adore parce qu’elle revendique d’une certaine manière de donner d’autres images. Quand je me fais lécher par des femmes d’une cinquantaine d’années, de 60 ans, enfin de choisir des femmes qui me lèchent, ça apporte une autre imagerie aussi, d’un coup, du désir des femmes de cet âge-là. Enfin voilà, ça apporte d’autres choses.
J’adore aussi «Le Trou de mon quai» , un morceau composé en 1906 et interprété par Dranem. J’ai un attachement très particulier à un de mes premiers numéros burlesques, avec lequel j’ai fait beaucoup de festivals et avec lequel j’ai gagné un prix décerné par Père Lenoir, à l’époque. Et ça, c’est une de mes icônes aussi en burlesque, dans sa marge.
Mélodie Braka : Je voudrais revenir sur votre rencontre avec Jean-Paul Gaultier. Comment ça s’est passé ?
Maud Amour : C’était un jour dont je me souviens très bien. J’avais vu l’annonce d’audition, et moi, j’avais arrêté les castings de danse parce que je n’avais pas le physique. À chaque fois, j’étais déçue, ça me renvoyait toujours à quelque chose. Et une de mes meilleures amies, Véronique, me dit : « Mais ça ne va pas ou quoi ? Il faut absolument que tu ailles passer cette audition, elle est faite pour toi, c’est ton audition, c’est ton moment. »
L’audition des filles, c’était un lundi, celle des hommes, un mardi. Moi, je jouais déjà dans une pièce ce jour-là, donc je suis arrivée à l’audition des hommes. En plus, c’était Marion Motin qui chorégraphiait. Marion Motin, c’est une chorégraphe que je suivais déjà, j’ai toujours aimé sa vibe, sa matière. Pour moi, Gaultier plus Marion Motin, c’était déjà quelque chose.
J’arrive au Centre des Arts Vivants. En tout, on était 800 personnes à passer l’audition, 400 filles, 400 mecs. Moi, je suis arrivée lookée. Le premier passage, c’était juste une marche, il fallait défiler devant eux. J’étais avec des hip-hoppeurs, et il y avait une lumière de gymnase dans la salle. Je suis arrivée avec un de mes corsets que j’avais fait faire pour un numéro burlesque, qui s’enlève avec un poignard au milieu. J’avais une fourrure, j’étais en mode total look, je m’étais levée à 5h du matin pour être prête à 7h. Et là, tous les mecs m’ont encouragée en mode : « Let’s go, on est avec toi. » Chose que je n’aurais peut-être pas eue avec les meufs. J’arrive devant eux, je retire mon corset avec le poignard, et je vois encore la tête de Marion Motin, la mâchoire qui se décolle jusqu’au sol. Et Gaultier avec un gros smile. C’était fou, parce que je finissais en nippies, string, à poil dans le studio de danse avec 40 danseurs. Marion, plus tard, me l’a dit : « Meuf, je t’ai respectée dès le départ. »

Mélodie Braka : À quel moment Jean-Paul Gaultier vient vous parler ?
Maud Amour : À la fin de la journée, ils annoncent les derniers retenus. L’audition était sur quatre jours et ils nous donnent rendez-vous pour le lendemain. Là, Jean-Paul me fait un signe de la main, me dit : « Viens. » Je dis : « Moi ? » Il me dit : « Oui, viens. » J’y vais, et sa première phrase, c’était : « Mais tu sors d’où ? » C’était trop mignon, parce que c’était vraiment : « Mais d’où tu sors ? D’où tu viens ? » Je savais qu’il avait un attrait pour le burlesque, le cabaret, Dita Von Teese, sa collaboration avec elle. Il me dit : « Ce corset, il est incroyable. » Le poignard, tout ça, il était déjà conquis. Il m’a dit : « Franchement, c’est fou, je suis trop content de te rencontrer. » D’un coup, j’avais Jean-Paul Gaultier en face de moi qui me disait qu’il était heureux de me rencontrer. C’était juste…
Mélodie Braka : Et pourtant, au départ, vous n’êtes pas prise.
Maud Amour : Oui. Je me souviens, c’était avant Noël 2017. Ils nous disent qu’on va avoir les réponses au fur et à mesure. Pas de réponse. Je vois des gens qui me disent : « Moi, je ne suis pas pris. » Et là, je reçois un message de la prod qui me dit : « Écoute Maud, on a fait un premier casting des personnes qu’on voulait et tu n’es pas dedans. Tu n’es pas retenue pour l’instant, mais on reviendra vers toi. » Je suis effondrée. Je m’étais dit : ce contrat, il est pour moi, c’est vraiment l’endroit où je dois être.
Et puis je reçois un mail de la prod disant qu’en fait, Jean-Paul Gaultier a dit qu’il me voulait absolument dans le spectacle. Le lendemain, ils m’appellent et me disent qu’il veut que je présente le corset, qu’il veut que toute ma dimension effeuillage soit mise en avant. J’étais trop contente. Je me suis dit : waouh, ok, ma vie va changer. C’est arrivé à une période où je vivais dans un douze mètres carrés à Pigalle, où c’était compliqué de finir mes fins de mois parce que j’étais performeuse burlesque indépendante. Et là, d’un coup, j’ai eu accès à une sécurité, à un contrat, une renommée. Je me disais : je vais sortir de mes caves et je vais pouvoir jouer aux Folies Bergère. C’est un truc de ouf.

Mélodie Braka : Et vous vous retrouvez dans les ateliers Haute Couture de Jean-Paul Gaultier !
Maud Amour : Oui incroyable ! Je commence les premiers essayages avec Tanel, son assistant, et toute l’équipe, qui est juste adorable. Ils nous font des costumes sur mesure. Un jour, je vais faire les essayages et je devais voir ma mère après. Je pensais que ça allait durer une heure, sauf que pas du tout, Jean-Paul était là. Tout le monde l’appelle Monsieur, dans la maison de couture. Là, il me fait essayer le corset de Catherine Ringer qu’elle a dans un de ses clips, on cherchait le bon corset pour moi. Puis on tombe sur un corset de Monsieur Pearl, tout en franges.
J’étais un peu stressée parce que ma mère m’attendait devant. Tanel me dit : « Mais Maud, dis-lui de rentrer, à ta mère. » Et ma mère est rentrée, elle était trop mignonne, hyper émue, elle me voyait me faire habiller par Jean-Paul Gaultier. C’était ouf. À un moment, Jean-Paul et Tanel sortent une tenue faite de poupées pour le tableau Freaks, avec un masque de poupée aussi. Et Jean-Paul dit à ma mère : « Je suis parti en Argentine, j’ai vu ces petites poupées, j’ai pensé à Maud et je me suis dit qu’il fallait qu’on lui fasse un costume avec ces poupées. » Là, ma mère, elle était vraiment… C’était trop mignon. Quand on est sorties, elle m’a dit : « Mais tu te rends compte ? » J’avais l’impression d’être Cendrillon, qui se faisait habiller par Jean-Paul, qui inspirait Jean-Paul. C’est juste improbable.
« Il faut que Maud fasse un effeuillage sur Man’s World. »
Mélodie Braka : Et comment naît votre numéro d’effeuillage dans Fashion Freak Show ?
Maud Amour : Au départ, dans l’écriture du spectacle, il devait y avoir Demi Mondaine qui chante « It’s a Man’s Man’s Man’s World » pendant le défilé homme, avec Catherine Deneuve en vidéo qui annonçait les tenues. Ils se sont rendu compte que c’était trop. Marion Motin et Rafael Cioffi ont commencé à chercher, et Marion a dit : « Il faut que Maud fasse un effeuillage sur Man’s World. » Après le défilé homme, j’arrive habillée en homme, Demi rentre, et on raconte une histoire. On a commencé à bosser ça comme une relation de femmes, une relation sorore. Il y avait une caméra sur nous deux, de profil, retranscrite derrière, donc même les gens très loin entraient dans notre intimité d’un coup.
Pendant que Demi Mondaine chante « Man’s World » d’une manière hyper rock, avec sa voix suave, moi je m’effeuillais. On avait deux douches chacune, c’était un moment très pur dans le spectacle, très beau. Je me souviens d’une anecdote où Jean-Paul me dit : « Toi, Maud, tu préfères quoi ? Tu préfères terminer en nippies ou seins nus ? » Je lui dis : « Franchement, je m’en fous d’avoir les tétons à l’air. Free the nipples. » Il me dit : « Oui, je suis d’accord, c’est tellement 80. On ne va pas mettre les nippies. » Je me retrouvais seins nus, dans une lumière hyper ambrée, tamisée, très belle, avec la crinière rousse. C’était vraiment trop beau.
Mélodie Braka : Dita Von Teese et Catherine Ringer ont aussi repris ce moment avec vous ?
Maud Amour : Oui. Dita Von Teese est venue faire mon effeuillage pendant quinze jours, parce qu’elle reprenait quatre tableaux et quatre défilés que je faisais. C’était un honneur de faire une répétition avec elle, de pouvoir lui dire où se positionner, les comptes, le timing. Après, je ne lui ai pas appris à s’effeuiller parce qu’elle le fait déjà très bien. Et après, Catherine Ringer est venue faire les quinze derniers jours avec nous, elle chantait « Man’s World » à la place de Demi. On était en duo toutes les deux, on partageait la scène toutes les deux, c’était fou.
« Il faut que tu sois seins nus, c’est punk. »
Mélodie Braka : Est-ce que ce numéro a même voyagé !
Maud Amour : Oui, notamment en Russie, au Japon et en Angleterre. Et défendre ce numéro dans des pays comme la Russie, où des choses avaient été censurées dans le spectacle, c’était assez incroyable. Tout le rapport entre Jean-Paul Gaultier et Francis, son ex-conjoint avec qui il a monté la maison Gaultier, tout le côté queer, avait été censuré. Même le côté cul, les capotes dans le public sur « Protect Yourself », ça a été censuré.
Au Japon, voir une femme nue sur scène, je pense que c’était très français pour eux. Et en Angleterre aussi, voir les tétons, c’est vraiment politique. C’est là que je me suis rendu compte de l’ampleur politique de défendre le corps que j’ai, avec toute mon histoire, et ce téton libre qui a été un vrai sujet. Jean-Paul, à aucun moment, il ne s’est dit : « On ne va pas le faire parce que ça ne va pas plaire aux gens. » C’était : « Viens, on le fait, il faut que tu sois seins nus, c’est punk. » C’est ça que je retiens de lui, la liberté qu’il a dans son art. L’enfant terrible de la mode, il le porte quand même très bien. Ça a changé ma vie. Après Jean-Paul, heureusement que Madame Arthur est arrivée, parce qu’en termes d’effeuillage, je me disais : qu’est-ce que je peux faire de mieux en France que jouer aux Folies Bergère tous les soirs, avoir un numéro dans le show de Jean-Paul Gaultier, et être remplacée par Dita à un moment donné ? Après, j’ai abordé d’autres facettes de mon personnage.

Mélodie Braka : On s’est quittées en octobre, au moment où Les Meneuses étaient encore sur les starting-blocks. Qu’est-ce qui s’est passé depuis ?
Maud Amour : On a lancé la première édition en décembre. Ça a été un accouchement, mais un joyeux accouchement, parce que c’était vraiment un grand moment de célébration, de retrouver les artistes qu’on adore, le public qu’on adore et qui nous adore aussi. On a refait une autre édition en février, où j’ai invité deux artistes : La Big Bertha, que je connais depuis très longtemps, et Mona La Doll, que je connaissais moins. C’était l’édition Saint-Valentin, très pro, très calme, et en même temps le public toujours au rendez-vous. On sent qu’il y a un engouement, un public qui veut revenir à chaque fois. Ça crée un vrai rendez-vous tous les deux mois, dans cet écrin des Étoiles.

Mélodie Braka : Qu’est-ce que ça a bougé en vous de devenir maîtresse loyale des Meneuses ?
Maud Amour : Je crois que j’assume enfin d’être au cœur du sujet. J’ai eu la chance de faire des super contrats dans ma vie où je mettais d’autres choses en valeur, et là, vu que c’est mon projet, ça a été une vraie prise de conscience. Je suis en train de mener mon projet, entourée d’artistes incroyables, parce que rien n’arrive jamais seul, c’est aussi du collectif. Mais dans mon cœur et dans ma tête, je me dis : là, j’incarne ma propre revue, mon propre spectacle. Et en fait, c’est la suite logique des choses. Ça a été un saut dans le vide, mais je suis très bien entourée.

Mélodie Braka : Justement, qui sont vos acolytes dans cette aventure ?
Maud Amour : À la production, il y a Sophia, qui est incroyable, qui mène avec moi, que ce soit sur la com, les choix d’artistes. On en discute beaucoup ensemble, on est vraiment un binôme, dans la galère comme dans les moments de joie. Après la première édition, on s’est limite serré la main en se disant : on l’a fait. C’est pour ça que je parle d’accouchement.
Dans l’équipe artistique, il y a Romain Brau, qui est avec nous à toutes les éditions. Romain, elle se jette dans le vide sans réfléchir. Toutes les remises en question que j’ai, elle me dit : « T’inquiète, ça glisse. » Et ça finit par glisser. Clara Brajtman, aussi, a un endroit très précieux dans la troupe. Elle incarne vraiment cette énergie de meneuse, sur scène, mais aussi avec sa connaissance de la direction artistique. Elle a de la bouteille ! Et puis il y a Lili Marche, notre pianiste, accordéoniste, musicienne. Elle ne vient pas du tout du cabaret, donc c’est très beau de la voir éclore dans ce milieu-là. C’est un peu du petit lait, cette équipe. C’est sorore, c’est très beau. On a envie de faire des choses chouettes et de les faire évoluer.

Mélodie Braka : Quelle définition vous donnez maintenant au mot meneuse ?
Maud Amour : Pour moi, Les Meneuses, ça a toujours été le désir de l’héritage, de transformer un petit peu l’essai, d’utiliser tous ces modèles féminins qui m’ont beaucoup inspirée. Les meneuses de revue, mais aussi les chanteuses, les poétesses, les strip-teaseuses, et les mettre en valeur. Mais c’est aussi incarner à l’intérieur de soi le mot meneuse. Se dire que c’est hyper empowerment comme démarche, chose que je n’avais pas du tout captée au départ. Meneuse de foule, rassembleuse. C’est un cabaret féminin, un cabaret de femmes assumé, mais sans rapport de domination. Mener, sans écraser. Inspirer. Et c’est bien que ce soit pluriel, parce que Les Meneuses, c’est aussi quelque chose de collectif.

Mélodie Braka : Quelles familles de cabarets on retrouve aux Meneuses ?
Maud Amour : Beaucoup de familles que j’ai traversées. Pour moi, c’était important d’avoir des performances visuelles parce que je viens de la danse, de l’effeuillage burlesque, du féminin pluriel. Il y a du chant live, que j’ai découvert plus tard, que j’ai assumé plus tard dans mon parcours, mais qui a tout changé. Il y a aussi des tableaux d’ensemble, parce que dans une des familles du cabaret, il y a la revue. J’aime voir des corps ensemble, des corps danser, des corps différents. C’est un petit pied de nez au mot revue, qu’on imagine parfois dans une catégorie un peu datée, un peu hétéronormée, avec des corps tout parfaits. Moi, j’appelle ça une revue parce que ça comporte la danse, le chant, le jeu, tout ça. Et c’est de là d’où je viens, donc je ne pouvais pas passer à côté.
Mélodie Braka : Est-ce qu’il y a aussi une démarche politique dans le choix des invitées et invités ?
Maud Amour : Oui, c’est hyper important, la pluralité des corps, la pluralité des identités. En février, il y avait Mona La Doll, qui est une femme trans, performeuse burlesque, et qui s’approprie aussi l’art du freak show. C’était hyper important pour moi de l’inclure dans le casting. Les Meneuses, ce n’est pas juste une femme blanche, cis. Ça peut être une drag queen aussi, parce que la féminité est un jeu et on peut y rentrer par n’importe quel biais. Chaque femme a sa place, que ce soit un personnage comme Maud Amour dans l’ultra-féminité, une drag queen, une femme trans, des femmes noires, des personnes non-binaires. C’est important d’ouvrir. C’est ça qui fait la diversité du cabaret.
Retrouvez Maud Amour sur scène
Les Meneuses
Du mercredi 3 au samedi 6 juin
Aux Étoiles
61 rue du chateau d’eau
Paris 10e
Réservations
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Série imaginée et propos recueillis : Mélodie Braka
Photographies : Marina Viguier