Dans la cultissime Cour du Lycée Saint-Joseph où Anne Teresa De Keersmaeker avait fait vriller Steve Reich, la chorégraphe Sung Im Her livre une pièce caricaturale sur ce que l’on nomme classiquement la danse contemporaine européenne.
Au commencement, tout va bien. Elle traverse la scène avec élégance et contrainte. Presque à genoux, elle plie les articulations, particulièrement les chevilles, pour empêcher ses roulades d’être trop rondes. Pour le moment, le geste est pur, vide de tout artifice musical. Elle a les cheveux lâchés, un pantalon brillant, c’est chic et le geste est neuf. Mais très vite, cela se corse et la sensation très désagréable de voir devant nous s’accumuler des citations, au bord du plagiat, de pas mal de chorégraphes, essentiellement Jan Martens et Anne Teresa De Keersmaeker, commence passablement à nous énerver.
Et oui, la chorégraphe a bien été formée à P.A.R.T.S., elle connaît parfaitement les esthétiques belges. Elle a travaillé et s’est produite avec des artistes et des compagnies d’Europe et de Corée, comme Jan Fabre, laGeste (anciennement Les Ballets C de la B), Cie Alias, Abattoir Fermé et Needcompany. Il ne faut donc pas perdre cela de vue. Quand elle demande à sa danseuse et à ses danseurs — on questionnera d’ailleurs un peu plus tard cette espèce de boys club — de tendre le bras sur le côté pour ensuite, en déphasant un peu, tourbillonner, nous ne sommes pas dupes. Quand elle les fait avancer en ligne, énervés, là encore, l’image de Martens, dans le même lieu d’ailleurs, hurle.
Un boys club donc, très bon d’ailleurs, car malgré un manque d’originalité et d’écriture personnelle, les interprètes sont, elles et eux, absolument impeccables. Leurs torsions, qui, de façon attendue certes, les font passer du sol à la verticalité et inversement, sont éblouissantes. Mais pourquoi ce choix, d’avoir la plupart du temps, une seule danseuse au milieu de cette horde sans que cela ne soit jamais interrogé ?
Mais la pièce est caricaturale dans sa construction, semblant remplir un jeu de mots-clés : solo dans le silence, unisson, pas de trois, grande course, effusion, grande disparition, jusqu’à la fin. La pièce est censée interroger le changement climatique. À ce jeu-là, Nemo Flouret, lui aussi dans ce lieu et lui aussi formé à P.A.R.T.S., touchait bien plus efficacement à la disparition de notre planète.
벨기에 무용학교 P.A.R.T.S. 출신 안무가는 기후 위기를 주제로 한 신작을 선보인다. 무용수들의 기량은 인상적이지만, 작품은 얀 마르턴스와 안 테레사 드 케이르스마커의 안무를 지나치게 연상시키며 독창성을 확보하지 못한다. 뛰어난 수행에도 불구하고 익숙한 현대무용의 문법을 반복하는 데 머물러 아쉬움을 남긴다.
Viusel : 1 Degree Celsius, Sung Im Her, 2026 © Christophe Raynaud de Lage / Festival d’Avignon