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« Concerto Danzante », ou le règne du show au Ballet de Lorraine : deux créations façon bal costumé des divas Madoki et Le Pladec

par Nathalie Yokel
02.05.2026

La belle affiche réunit l’ensemble musical des Arts Florissants, dirigé ici par Théotime Langlois de Swarte, et le Ballet de Lorraine, sous l’égide de Vivaldi et de Bach. Des musiques « de concert », qui, avec Josépha Madoki dans « Garbo », et Maud Le Pladec dans « Ad Vitam æternam », deviennent vite des musiques de « show ».

Enfer narcissique, mais glamour toujours

La scène de l’arrivée des danseurs de Josépha Madoki, par le fond de la salle, donne tout de suite le ton : ce clin d’œil à l’iconique et dévorante descente de marches de Gloria Swanson dans le film Sunset Boulevard, tout en flamboyants costumes et en élévations de bras, nous plonge d’emblée dans l’inspiration directe de la chorégraphe pour cette création : l’âge d’or du cinéma hollywoodien et ses figures de femmes fatales comme Greta Garbo, Marlene Dietrich, Joan Crawford… Comme pour sa précédente pièce Haute Couture, Josepha Madoki n’a eu qu’à puiser dans les influences mêmes du waacking, danse dont elle est la figure de proue en France, et dont les gestes de bras et les attitudes aiment à composer avec le chic, le glamour, et la beauté véhiculés par ces actrices. Le « choc des cultures », qu’elle aime à provoquer dans ce nouveau projet, tient dans sa rencontre avec la musique vivaldienne qui accompagne de bout en bout cette incursion du waacking dans les pratiques du Ballet de Lorraine. Les danseurs et danseuses s’en donnent d’ailleurs à cœur joie. Magnifiés dans leurs costumes dessinés par le créateur Arturo Obegero, ils font de leurs habituels ports de bras des engrenages dans lesquels les bras fusent, se désarticulent, se jettent littéralement dans l’espace pour mieux encadrer des ports de têtes fiers et majestueux, qui laissent heureusement la place à l’autodérision. Satins, plumes, sequins et escarpins compensés accompagnent leurs déplacements, qui s’épuisent rapidement dans le principe du défilé. Malgré les tentatives de sculpter l’espace du plateau, en ligne, en V, en étoile, en cercle, en diagonale, en miroir… un effet kaléidoscopique bigarré se crée en trop-plein, au profit d’un show entrainant, mais au risque d’un appauvrissement de la danse comme du propos. Les solos pourtant proposent d’intéressants contrepoints, mais sont vite balayés par des scènes ultra référencées qui posent la narration dans des images toutes faites et empêchent la profondeur du sujet de s’installer. L’enfer narcissique est bel et bien là, mais dans une dynamique illustrative plus que critique.

Danses macabre mais corps glorieux

La chorégraphe Maud Le Pladec, qui a pris la direction du Ballet de Lorraine depuis plus d’un an maintenant, poursuit la soirée avec sa nouvelle création sur des musiques de Bach. Elle soigne sa transition d’avec Garbo d’abord sur le plan musical, puisque le Concerto en ré majeur est un « emprunt » de l’Allemand à Vivaldi. Puis sur le plan visuel : on comprend très vite que la soirée continuera d’être pailletée ou emplumée, en tout cas costumée. Mais le rouge glamour cède le pas au noir et blanc, dans le design extrêmement foisonnant et toujours non genré de la styliste Jeanne Friot, artiste associée au CCN Ballet de Lorraine. Conduite par un arlequin mystérieux, tantôt bouffon, tantôt grand ordonnateur – à moins qu’il ne soit Hellequin – la troupe des 24 danseurs et danseuses nous offre de nouveau un défilé savamment orchestré dont la marche cadencée s’agrémente de gestes de bras liftés par des poignets cassés ou des poings serrés. Puis, par accumulation et par mues successives, la chorégraphie se densifie pour nous faire face dans de puissants mouvements d’ensemble qui s’emploient à ne jamais reléguer les qualités virtuoses du corps de ballet. Mais si Ad Vitam æternam ancre son inspiration dans la mort, c’est par d’autres sources qu’elle adviendra. Car là encore le show de la puissance des corps, toujours au cordeau d’une abondance gestuelle plutôt impressionnante sinon flatteuse pour l’œil, prend le pas. On s’accroche cependant aux citations de L’Enfer de Dante, de la Bible, à l’image iconique de la mort de Marat, à cette petite société du paraître qui défile, s’attable, s’en va au bal, ou à ce tombeau qui trône… Mais la danse foisonne, fusionne, et les gestes dignes d’une Sharon Eyal, d’un Maurice Béjart ou d’un William Forsythe semblent se dissoudre dans le désir d’une chorégraphie absolue. Jusqu’à ce dernier geste de Kurt Jooss, doigt levé au-dessus de la Table Verte, qui nous interpelle, et nous avertit.

© Laurent Philippe

Les 5 et 6 mai à l’Opéra national de Nancy-Lorraine.

Les 6 et 7 juin à la Philharmonie de Paris.

Les 4, 5 et 6 décembre à la Seine Musicale de Paris.