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Les dernières années de Matisse : ou son pic de génie

par Kenza Boumahdi
19.04.2026

Jusqu’au 26 juillet prochain, le Grand Palais rend hommage au travail des dernières années de Henri Matisse avec une exposition de grande envergure regroupant plus de 300 œuvres, et réunissant notamment les 4 Nus bleus, révélant une période de réinvention radicale où son œuvre atteint une forme de liberté absolue.

Une fin de parcours qui ressemble à un recommencement

 

À partir de 1941, tout aurait pu s’arrêter entre la maladie et le corps qui lâche, c’est pourtant là que les oeuvres les plus célèbres aujourd’hui de Matisse voient le jour. Plutôt que tout arrêter, il déplace son talent et teste de nouvelles choses, il tend des ciseaux là où les doigts ne suivaient plus, créant l’une des périodes les plus vivantes de toute sa carrière. C’est l’histoire que nous raconte l’exposition Matisse, 1941 - 1954 au Grand Palais, co-organisée avec le Centre Pompidou.

Dessiner avec des ciseaux

 

Matisse découpe directement dans la couleur avec précision et improvisation, abolissant d’un coup ce que des siècles de peinture avaient cloisonné. La Tristesse du roi, La Gerbe, les Nus bleus, ces œuvres-là correspondent bien à sa nouvelle identité et ce sont certainement les plus connues du grand public.

 

Ce que l’exposition réussit particulièrement bien, c’est de restituer non pas des œuvres accrochées mais un environnement. Celui de l’atelier de l’artiste en constante reconfiguration, où les formes sont épinglées au mur, recombinées, comme si rien n’était jamais tout à fait décidé. À Vence, dans les dernières années, Matisse travaille allongé, orchestrant autour de lui un espace devenu entièrement surface de création. Il y a quelque chose de presque organique dans cette façon de faire, une œuvre qui ne se fixe jamais, toujours en train de chercher sa forme définitive, toujours en train de ne pas la trouver, et de s’en réjouir.

 

Aussi, ce qui surprend le public au fil des salles, c’est que la couleur fait mal, dans le bon sens du terme. En paradoxe avec l’état physique de Matisse qui se dégrade, les couleurs sont toujours plus vives, elles structurent l’espace, et obligent notre regard à se poser instinctivement même sur les petits détails.

 

Une œuvre totale

 

Le parcours rappelle aussi que cette période n’est pas que celle des ciseaux. Matisse investit le livre illustré, le textile, le vitrail, et surtout la chapelle de Vence, pour laquelle il se lance dans l’architecture et utilise toutes les cordes à son arc, pour proposer à la ville un lieu de culte entre la chapelle et la salle d’exposition. Un espace où tout a été pensé jusqu’au dernier centimètre de lumière filtrée par les vitraux.

 

Finalement, ce que le Grand Palais propose ici, ce n’est pas une rétrospective de plus sur un génie consacré. C’est une traversée, et elle laisse une impression tenace : celle d’un artiste qui, au moment où tout l’invitait à se répéter ou à se taire, a choisi de recommencer depuis le début.