Treize musiciens et musiciennes de l’Orchestre symphonique de Jérusalem étaient sur la scène de la Salle Gaveau, ce jeudi 18 juin pour une ouverture chaleureuse et émouvante du 21e Festival des Cultures juives.
Orchestre mythique, datant des années 1930 et l’origine radiophonique, l’Orchestre symphonique de Jerusalem a notamment créé le David de Milhaud (1954) et Les Sept Portes de Jérusalem de Krzysztof Penderecki (1999). Autant dire que le public a bravé la canicule pour aller entendre un ensemble de ces musiciens, qui a concocté un programme spécialement pour le Festival des Cultures juives. C’est donc devant une salle Gaveau comble, brûlante, et armée d’éventails cartonnés que ce concert d’ouverture a eu lieu.
Organisé par le Fonds Social Juif Unifié, et désormais à sa 21e édition, le festival a pour thème cette année la question du Tempo. Venus avec son directeur artistique, Michael Gurfinkel mais sans chef d’orchestre pour les diriger, avec un florilège d’oeuvres classiques et jazz à présenter, les 13 membres de l’Orchestre symphonique de Jérusalem ont démontré de manière constante leur précision et leur immense art du tempo. Avec une majorité de cordes dans la première partie et dès le premier morceau, un challenge. Il s’agissait en effet d’un quatuor du compositeur français et « proustien », Reynaldo Hahn, où quatre des musiciens de l’orchestre ont pu jouer dans cette formation exigeante et très spécifique. Puis le cercle s’est élargi avec un petit voyage vers l’un des « Blockbuster » du baroque : le Canon en Ré majeur de Pachelbel. Nous avons ensuite découvert un compositeur israélien d’origine allemande, Paul Ben-Haim, dont la Musique pour corde en 5 mouvements avait le lyrisme et l’expressionnisme compatible à une oeuvre de Lalo Schifrin. Enfin, avant de se quitter quelques temps pour l’entracte, nous avons voyagé vers l’Amérique des mélanges et métissages avec une très belle version symphonique du Summertime de Gerschwin.
La deuxième partie du concert a été encore plus enivrante, avec un moment de grande musique classique dans l’interprétation de la Symphonie pour cordes de Mendelssohn par l’Ensemble. Le clarinettiste virtuose de l’orchestre a rejoint ses camarades sur scène pour la Quintette de Weber puis un Concertino baroque de Tartini absolument époustouflants. Nous avons ensuite fait une échappée belle et très réussie vers les grincements argentins du Libertango de Piazzolla, avant de finir en apothéose par un très populaire et très élégant America de Leonard Bernstein. Tout ceci nous a mené.e.s au bis chanté avec douceur et émotion par la salle et mené par le clarinettiste : Yrushalaïm shel Zahav.
C’est avec mélancolie, joie, et aussi beaucoup de curiosité pour le reste du programme de ce Festival des Cultures juives que nous avons rejoint la nuit parisienne. Ne manquez pas entre autres ce week-end le concert gratuit de AutoRyno au mémorial de la Shoah (dans le cadre de la fête de la musique) et le concert de clôture du 29 juin au Théâtre de la Ville pour lequel nous avons eu la joie d’interviewer Liat Cohen.