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Un orchestre italien à Paris

par Jean-Marie Chamouard
15.04.2026

Le 13 Avril 2026 à la Philharmonie de Paris, l’Orchestra dell’Accademia Nazionale di Santa Cecilia interprète sous la direction de Daniel Harding, le concerto pour piano n°1 de Johannes Brahms, avec Igor Levit au piano puis les Variations Enigma d’Edward Elgar.

Le concerto n°1 pour piano de J. Brahms : une œuvre de jeunesse intense et émouvante

Ce soir la musique nous vient de Rome, des bribes d’italien s’échappent des travées du public. L’Orchestra dell’ Accademia Nazionale di Santa Cecilia a été fondé en 1908. Il se consacre exclusivement au répertoire symphonique sous la direction depuis l’automne 2024 du chef anglais Daniel Harding. Il avait auparavant dirigé l’Orchestre de Paris de 2016 à 2019. Sous sa baguette, l’orchestre interprète deux œuvres éminemment romantiques.
C’était d’abord une sonate pour deux pianos écrite dans un contexte dramatique. Le jeune Brahms, âgé de 21 ans, a été très affecté par la tentative de suicide de son nouvel ami Robert Schumann. Pour ce dernier les sonates de Brahms étaient « des symphonies déguisées ». Alors Brahms s’essaya à écrire une symphonie puis finalement, sur le conseil de ses amis, il optera pour un concerto, son premier concerto pour piano. Timbales et cordes inaugurent avec fracas le premier mouvement Maetoso. Cette longue introduction orchestrale est anguleuse, tourmentée, révélant une tempête intérieure. L’entrée du piano est presque discrète apportant douceur et romantisme. Le pianiste Igor Levit apparaît très concentré, il joue sans partition, la tête penchée sur le clavier, mais avec un toucher… de velours. Le piano ne combat pas l’orchestre, il ne cherche pas à le dominer mais le jeu du soliste est limpide, d’une grande clarté. Dans ses moments très romantiques il peut être accompagné par les cordes pincées, les flûtes ou les cors. Mais l’orage émotionnel va reprendre, avec des accords brutaux, des accents orchestraux incroyables, une réponse spectaculaire du piano. Ce long premier mouvement est d’une grande modernité. Atypique, il a du surprendre les contemporains de Brahms expliquant l’accueil réservé de son premier concerto.
L’adagio est comme une prière dans un soupir. La musique est douce, calme, un peu solennelle, la dimension religieuse est évidente. La part du piano est plus importante, avec de nombreux solos, les notes se détachent comme des gouttes cristallines. Ce deuxième mouvement est d’une grande beauté, offrant un moment de recueillement à l’auditeur. Il est suivi par un rondo peut être moins original mais vif, joyeux, ludique parfois. Le piano et l’orchestre semblent fusionner. Avec entrain et énergie, Daniel Harding nous conduit vers une fin puissante, grandiose.

Une musique vraiment attirante

Composées par Edward Elgar en 1898-99, les Variations Enigma ont une histoire, voire une légende. Un soir au retour de son travail, après une dure journée d’enseignement, Elgar se met au piano, juste quelques notes mais qui séduisent son épouse. Il commence alors à écrire des variations puis à les orchestrer. Le thème central n’apparaît pas, il reste une énigme ainsi que la source d’inspiration du compositeur. Ce thème est un peu comme le personnage principal d’une pièce de théâtre qui n’apparaîtrait pas sur scène. Elgar écrit quatorze variations, chacune est dédiée à un ami ou à un proche, avec pour seul titre ses initiales. A nous de trouver le dédicataire ! Cette œuvre volontairement énigmatique va devenir célèbre, grâce à une musique imaginative, souvent ludique, toujours expressive. L’auditeur sera touché par la douce tendresse de la première variation dédiée à son épouse Caroline Alice. Il sera emporté par le rythme frénétique du presto de la 7ème variation, imitant le jeu d’un pianiste peu expérimenté. Il sera amusé par les bois reproduisant le rire intempestif d’une amie. Cette œuvre est vraiment malicieuse ! Surtout il y a la 9ème variation, la plus célèbre, la plus émouvante. Cette promenade nocturne est solennelle et tellement mélodieuse. On s’imagine dans une cathédrale, pourquoi pas à Canterbury, à la fin d’un office. Elle était d’ailleurs jouée en Angleterre, le jour du souvenir (le premier dimanche suivant le 11 Novembre). La dernière variation est un auto- portrait mais quelle énergie déployée ! Le rythme est impulsé par les percussions, la puissance de l’orchestre est impétueuse, éclatante. C’est une fin joyeuse pour une œuvre séduisante, réjouissante.

Visuel © : JMC