Ce court roman noir endiablé rappelle les exploits cinématographiques des frères Coen et de Quentin Tarantino.
Pour le vieux Coveiro, la vie est maintenant paisible dans un village reculé d’Espagne, Balanegra. Devenu fossoyeur de ce dernier, Coveiro prend soin de son neveu autiste Marco dont les parents sont décédés. Mais quelque chose bruisse au sein du village, on prépare un enterrement médiatisé, celui du fils d’une baronne de la pègre, Rubi de Miguel, propriétaire d’une usine de charcuterie. Alors que Marco, qui se trouve au mauvais endroit au mauvais moment, se retrouve enlevé par les sbires de Rubi de Miguel, le sang de Coveiro ne fait qu’un tour. Bien décidé à retrouver son neveu, le vieil homme ressort son attirail d’ancien tueur à gages.
Dans ce court roman, Prix des jeunes libraires Série noire 2025 et Prix des lecteurs 2025 Villeneuve-Lez-Avignon, Marto Pariente prend plaisir à dérégler sa machine. Après une mise en place minutieuse de ses protagonistes et de son cadre, l’auteur espagnol fait exploser rage et violence. Il y a quelque chose de la folie et de l’humour noir de Tarantino et des frères Coen dans Balanegra. La multiplicité des personnages, la caricature de ces derniers, les situations ubuesques et violentes et le sens de l’honneur rappellent certaines comédies noires à la croisée du polar et du western.
Balanegra, Marto PARIENTE, traduit de l’espagnol par Sébastien Rutés, Folio, 240 pages, 8,60 euros
Visuel : © Couverture du livre