Avec The Majorettes aux éditions la ville brûle, Héloïse Le Bail signe sa première bande dessinée à l’univers aussi loufoque que rebondissant. Loin d’être un simple support, son esthétique cartoon-punk est le cœur du propos : l’autrice dépeint la difficulté de grandir dans un monde où compétition, troubles familiaux et quête de popularité façonnent le quotidien des adolescent.es, tout en faisant du punk un espace de libération !
À Poney-sur-Mer, l’annonce d’un concert surprise de Darylo, super-star locale qui cristallise les fantasmes adolescent.es comme les souvenirs des adultes, bouleverse la ville… Alors que son concert annonce salle comble, Delph, une fervente fan mais aussi harceleuse en cheffe du lycée, menace Viv’ de dévoiler un lourd secret, si celle ci ne se procure pas des places premium lors du concours de musique de groupes locaux. Tout irait pour le mieux si Viv’ jouait de la musique… ce qu’elle se doit donc d’apprendre au plus vite !
Une folle aventure dans laquelle s’embarquent ses deux amies, Neige et Sidonie. The Majorettes devient alors un véritable récit initiatique où les péripéties s’enchaînent au rythme des premières amitiés, des faux pas et des découvertes qui accompagnent l’adolescence.
Dès les premières pages, Héloïse Le Bail affirme son esthétique : un univers peuplé de personnages anthropomorphes, une vitesse grand V et une palette noire et blanche dont les touches de couleurs vives dynamisent les planches et miroitent parfaitement l’énergie et les caractères bien trempés des héroïnes !
Alors que les répétitions et les fausses notes s’enchaînent, le punk s’impose comme dernier recours avant de devenir un mode d’expression fun et chaotique. Alignant son trait à ce style musical, Héloïse Le Bail oppose avec humour deux imaginaires. D’un côté, celui de la célébrité, des majorettes et des concours où il faut performer pour être reconnu.e, un monde lisse et calibré que le dessin lui-même semble refuser. De l’autre, celui du punk, où l’on apprend avant tout à faire ensemble, malgré tout, quitte à jouer faux.
Le trait explosif, les cases qui se brisent, les onomatopées qui hurlent : tout le langage graphique de Le Bail dit la même chose que ses héroïnes. Plus qu’un genre musical, le punk est la porte de secours du trio qui s’amuse à expérimenter, échouer et créer ensemble.
Si The Majorettes parle de musique, elle raconte surtout la force des relations qui se construisent en plein cœur de l’adolescence. Victime de moqueries et de chantage au début du récit, Viv’ se construit peu à peu un refuge fait de répétitions, de batterie et d’instants à chanter en symbiose cacophonique.
Cette sororité ne s’arrête d’ailleurs pas aux trois adolescentes : à travers les souvenirs de la mère de Delph, leur enseignante, Héloïse Le Bail tisse un dialogue entre les générations. En donnant corps et cœur à l’ensemble de ses personnages, l’autrice signe une bande dessinée aussi sensible qu’hilarante !
Visuel : ©couverture de The Majorettes
Disponible en librairies et en commande sur le site de la ville brûle.