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« Frankenstein » par David Sala : it’s alive ! (and it’s beautiful)

par Julien Coquet
04.05.2026

En adaptant le chef-d’œuvre de Mary Shelley, David Sala livre un magnifique roman graphique oscillant entre la beauté et l’effroi.

Le mythe de Frankenstein a décidément le vent en poupe. Après l’adaptation du livre de Mary Shelley par Guillermo del Toro pour Netflix l’an dernier, et The Bride ! par Maggie Gyllenhaal cette année, voici David Sala qui adapte en BD cette œuvre culte. Et grâce lui soit rendu. De même que Manu Larcenet, en adaptant le roman de Cormac McCarthy, faisait de La Route un chef-d’œuvre de la bande dessinée, David Sala rend aussi une copie parfaite avec son roman graphique.

 

« Comment trouver les mots pour décrire l’être abominable que j’avais créé au prix de tant de soins, de tant d’efforts et de sacrifices ? »

On le rappelle ici : Frankenstein n’est pas le nom de la créature (qui ne sera jamais nommée), mais du créateur, Victor Frankenstein. Ce dernier, dont le malheur est de donner vie à un cadavre, paiera cher ses outrecuidances scientifiques. Abandonnée par son « père », rejetée par la société, la créature n’aura qu’un seul projet : se venger de celui qui l’a mise au monde. « J’avais lâché sur le monde une créature abjecte, constate Victor Frankenstein. Elle était devenue mon vampire, échappée de la tombe et destinée à détruire tout ce qui m’était cher. » Au fil des 220 pages de l’album , un duel prend forme dont la mort est la seule échappatoire.

 

Frankenstein révèle avec une force saisissante toutes les thématiques romantiques de l’œuvre de Mary Shelley, écrite en 1818, qui continuent de résonner aujourd’hui. La relation père/fils, le rejet de l’inconnu, les dérives de la science, etc. tout y passe. Plutôt que d’encombrer ses planches de lourds dialogues, David Sala choisit souvent le silence. Et puis il y a ces couleurs et ces dessins qui rappellent furieusement l’univers de Gustav Klimt. Chaque page est un éblouissement, entre les paysages montagneux confinant au sublime et les visages des personnages exprimant tantôt l’effroi et la colère (parfois l’amour). Le lecteur ou la lectrice ne peut être que saisi.e, tel Victor Frankenstein s’écriant que « ces paysages d’une sublime beauté m’apportaient la plus grande des consolations, ils élevaient mon âme ».

Frankenstein, David SALA, Casterman, 220 pages, 28 €

Visuel : © Couverture de l’album