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« Les Dents de l’enfer » de Mahi Grand : un requin récalcitrant

par Julien Coquet
07.09.2026

Récit de la conception du troisième film de Steven Spielberg, Les Dents de l’enfer rend compte fidèlement d’un tournage apocalyptique.

Après Duel (1972) et Sugarland Express (1974), Steven Spielberg retourne derrière la caméra. Objectif : adapter le roman de Peter Benchley, Les Dents de la mer. A tout juste 26 ans, Spielberg se voit confier par Universal un projet titanesque. D’une part, le film nécessite un requin plus vrai que nature. D’autre part, la moitié du tournage se fera en pleine mer, une véritable prouesse technique pour l’époque. Et ce qui devait arriver arriva : le tournage se révèle apocalyptique. Les 45 jours de tournage initiaux se transforment en 159, les requins mécaniques se grippent, le budget explose, le scénario est réécrit jour après jour… De quoi faire du tournage des Dents de la mer un des tournages les plus mythiques, aux côtés d’Autant en emporte le vent, Apocalypse Now ou Eyes Wide shut.

 

Le film culte de Spielberg ayant fêté l’an dernier ses 25 ans, il n’est pas étonnant de voir débarquer en cette rentrée littérature deux albums sur le thème de ce tournage légendaire (voir notre article sur Le Débutant paru chez Casterman). Inventant une voix off bienvenue (Spielberg se confie à son psy), Mahi Grand déroule dans l’ordre chronologique la conception d’un chef-d’œuvre du cinéma, de la découverte du scénario par Spielberg à la naissance du concept de blockbuster. Si le dessin se révèle très illustratif et peu créatif, la force de Les Dents de l’enfer tient au découpage intelligent de la bande dessinée et de quelques chouettes trouvailles (le fantôme d’Alfred Hitchcock qui plane sur le tournage). Une BD sympathique pour tout amateur du Septième art.

Les Dents de l’enfer, Mahi GRAND, Dargaud, 184 pages, 23 € 

Visuel : © Couverture de la BD