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« Calvitie » de Florence Dupré la Tour : chauve qui peut !

par Julien Coquet
06.09.2026

Délaissant sa veine autobiographique, Florence Dupré la Tour narre dans la BD Calvitie,  l’histoire d’un homme obnubilé par sa beauté et sa jeunesse horrifié par la perte de ses cheveux. Dispensable. 

Un Samson moderne

Quel beau gosse cet Emmanuel ! Dès sa tendre enfance, le petit garçon reçoit des compliments sur sa beauté, lui donnant une incroyable confiance en lui. Passionné par un film sur Samson et Dalila, Emmanuel sait qu’il tire notamment sa beauté de sa chevelure. Beauty privilege aidant, Emmanuel décroche un job qu’il aime tout en multipliant les conquêtes féminines. Mais le danger guette : un infect stagiaire lui fait un jour remarquer en pleine réunion qu’il perd ses cheveux, à tout juste 27 ans. Paniqué, atteint dans sa virilité, Emmanuel cherche à tout prix à trouver une solution pour retrouver sa coupe d’antan.

 

« L’idée de perdre ses cheveux consistait pour Emmanuel en une réalité inacceptable ». 

Alors qu’on connaît surtout Florence Dupré la Tour pour ses albums graphiques autobiographiques (Cruelle, Pucelle, Jumelle, Jeune et fauchée), Calvitie se démarque de la production de la bédéaste. Cette dernière se moque gentiment de son personnage masculin à l’égo surdimensionné. Comme une des amies d’Emmanuel lui rappelle alors qu’il est en train de se plaindre : « Oh ça va, tu vas pas en faire un steak ! Nous, les filles, on a quand même plus de problèmes ! Les règles douloureuses. L’épilation. L’injonction à être maigre. La charge mentale. Être une bonne mère. Être moins payées. Être violées. Ne pas être crues. Vous, votre seul drame, c’est d’être chauve ! »

Un scénario ultra balisé

Calvitie reste pour autant une BD très moyenne. La faute à un scénario ultra balisé qui ne provoque aucune surprise. L’album déroule les cinq étapes du deuil (le déni, la colère, le marchandage, la dépression et l’acceptation) comme des péripéties. Le traditionnel voyage en Turquie vient parachever le tout. De là à vous conseiller le film avec Kev Adams, Certains l’aiment chauve (Camille Delamarre, 2025), c’est un point que l’on ne franchira pas.

Florence DUPRÉ LA TOUR, Calvitie, Glénat, 128 pages, 20 €

 Visuel : © Couverture de l’album