Pour son quatrième album (après Ion Mud, Le Rite et Vertigéo), Amaury Bündgen livre avec Deter un album surprenant et convaincant de dark fantasy.
Deter porte décidément bien son nom. Cette étrange créature de la race des Logaï « n’a pas de camp, pas d’alliés. Il suit sa propre voie. » Deter se révèle bien déterminé à récupérer les quatorze pièces qu’on lui a garanties pour avoir, au col de Fégur, fait sauter un réseau de galeries afin que la coalition ne puisse pas s’en servir. A la recherche du Bibliothécaire qui lui a promis son salaire, Deter ne lâche rien et gravit les étages d’une immense tour, un par un, repoussant les ennemis et les créatures toutes plus étranges et viles les unes que les autres.
Avec un scénario basique qui rappelle le concept d’un jeux vidéo (Deter est d’ailleurs découpe en chapitres, tels des niveaux de difficultés), l’album avance crescendo. Chaque scène est prétexte à dessiner une nouvelle créature repoussante : morts-vivants, immense crapaud, nains diaboliques, goules… Rappelant furieusement les univers de Frank Frazzeta, Richard Corben (Grand Prix d’Angoulême 2018) ou même Kentaro Miura (Berserk), Deter évoque également les gravures d’Albrecht Dürer et les dessins de M. C. Escher. Il y a quelque chose de jouissif à suivre ce mercenaire à la Rambo fracasser des cranes, transpercer des torses et trancher des têtes.
Deter, Amaury Bündgen, Castermann, 136 pages, 24 euros
Visuel : © Couverture de l’album