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Qui est Raphaël Glucksmann, candidat de la gauche sociale-démocrate à la présidentielle de 2027 ?

par Louna Bonnin
13.10.2026
Raphaël Glucksmann

Désigné candidat à l’issue de la primaire sociale-démocrate avec plus de 66 % des voix, Raphaël Glucksmann entend désormais porter les ambitions de la gauche modérée pour la présidentielle de 2027. Du documentaire à l’engagement européen, l’eurodéputé a construit son parcours autour des droits humains, du débat intellectuel et de la défense de la démocratie.

Une gauche à rassembler

Il l’a fait sans aller au second tour. Le dimanche 11 octobre, Raphaël Glucksmann a remporté la primaire sociale-démocrate avec 66,17 % des voix, s’imposant face à quatre autres candidats. Une victoire sans appel pour l’eurodéputé, qui entend bien incarner une alternative à LFI à gauche en vue de l’élection présidentielle de 2027.

 

Derrière cette victoire, il y a un autre défi : celui de réussir à rassembler une partie du peuple de  gauche encore profondément divisée. Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste depuis 2018, arrivé en deuxième position avec environ 14 % des suffrages, a reconnu que son adversaire avait « su convaincre une majorité de votants », tout en appelant à construire un « esprit de victoire ». Ségolène Royal, ancienne ministre qui l’avait vivement critiqué pendant la campagne, lui a également souhaité de « parvenir à rassembler les différentes sensibilités de gauche ».

 

« Mme Le Pen ne sera pas à l’Elysée en 2027 », a-t-il affirmé sur le plateau de France Télévisions.

De père en fils

Mais Raphaël Glucksmann s’est d’abord construit loin des urnes. Avant de se lancer dans la vie politique française, il se forge une expérience entre journalisme, documentaire et engagement humanitaire. Fils du philosophe André Glucksmann, il grandit dans un environnement où les débats intellectuels occupent une place assez importante.

Diplômé de Sciences Po Paris en 2003, il effectue un séjour de sept mois en Algérie comme journaliste pour Le Soir d’Algérie. Il s’intéresse ensuite aux responsabilités françaises dans le génocide des Tutsi au Rwanda. Avec David Hazan et Pierre Mézerette, il réalise en 2004 Tuez-les tous !, un documentaire qui interroge le rôle de la France dans cette tragédie. La même année, il coréalise Orange 2004 : une révolution européenne, consacré à la mobilisation populaire en Ukraine.

 

Son engagement ne se réduit pas aux documentaires ; il se concrétise également sur le terrain. En 2003, il participe à la fondation de l’association « Études sans frontières », visant à faciliter l’accueil d’étudiants tchétchènes en France. Cette volonté de défendre les libertés et les droits humains accompagne ensuite son parcours en Géorgie, où il travaille auprès du président Mikheïl Saakachvili entre 2008 et 2012, notamment sur l’intégration européenne du pays. En novembre 2013, il rejoint les mobilisations pro-européennes de Maïdan, en Ukraine.

La culture, un combat politique

Evidemment, pour le moment, aucun engagement n’a été pris en faveur de la culture. C’est le cas de toustes les candidat.e.s nous le verrons au cours de ce dossier. Néanmoins, ses actes témoignent d’un intérêt fort pour, en tout cas, le champs intellectuel. En décembre 2017, Raphaël Glucksmann prend la direction du Nouveau Magazine littéraire. Son ambition est simple : il veut faire dialoguer littérature, philosophie et politique, tout en réunissant différentes sensibilités progressistes. Il défend alors un espace de débat qui refuse l’uniformité intellectuelle : « L’unanimité, c’est la mort », explique-t-il au Monde en décembre 2017. Mais en août 2018, son expérience à la tête du magazine s’achève, en raison de désaccords concernant la ligne éditoriale et le traitement d’Emmanuel Macron.

 

La même année, Raphaël Glucksmann cofonde « Place publique », un mouvement qui défend la justice sociale, l’écologie, la démocratie et la construction européenne. Causes que l’on retrouve dans son programme pour les élections européennes de 2024, qui prévoit notamment de soutenir la diversité culturelle, la traduction des œuvres et les langues minoritaires, de préserver le financement du cinéma et de l’audiovisuel européens, et de mieux protéger les artistes face aux effets de l’intelligence artificielle, particulièrement en matière de droit d’auteur. Il défend ainsi une politique culturelle permettant l’accès aux œuvres, le soutien à la création et la protection de la diversité artistique.

 

Raphaël Glucksmann poursuit alors son engagement politique, en tentant de relier les questions démocratiques et sociales, à la défense des libertés et de la création culturelle.

Visuel : © Raphaël Glucksmann