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F*cking Future arme la lutte queer à Chaillot

par La redaction
02.06.2026

Marco da Silva Ferreira, chorégraphe de l’énergie, rejoint sur scène sept autres danseurs et danseuses (Catarina Casqueiro, Eric Amorim dos Santos, Fabio Krayze, Doisy Bryan, Mathias Rocha Moura, Max Makowski, et Nala Revlon) dans sa dernière création, F*cking Future du 27 au 30 mai à Chaillot-Théâtre National de la Danse. 

Par Assia Chabane

Un nightclub de la résistance

 

Un carré luisant en quadri-frontal très intimiste ouvre dans l’obscurité, un laser rond balaie la scène, la fumée emplit l’espace et un bip régulier retentit. Il finit par devenir musique, en attendant une danse rythmée, techno, se met en place avec un danseur, puis deux, avant qu’assez vite iels soient enfin huit en formation à dessiner les diagonales du carré. Les mouvements sont précis mais uniques à chacun·e, les ombres se multiplient au plafond, nous sommes transportés en boîte de nuit, c’est indéniable. Les corps dansants sont si près de nous qu’ils se dévoilent comme rarement sur scène, nous nous trouvons obligés de croiser et soutenir leurs regards défiants, parfois empreints de quelque chose proche de la peur mais surtout emplis de fierté puis de joie. 

 

« Je suis une mitraillette en état de grâce. »

 

F*cking Future est une lutte, une heure de danse sans arrêt qui ne se permet jamais de tomber dans l’illustration mais qui fait définitivement passer son message. Sur ce qui relève de la piste de danse plus que de la scène, une marche militaire devient marche militante sous nos yeux. Chaque geste est travaillé, découpé, répété jusqu’à son épuisement. Des mouvements quasi militaires, très masculins, sont pris dans une machine qui s’enraye, les gestes se féminisent et se libèrent. Le chorégraphe récemment lauréat du Chanel Next Prize nous emporte dans cette lutte, la musique nous tient en alerte, une musique dont le beat ne drop jamais, dont le ton ne cesse de monter et qui parfois rappelle même le sifflement d’un raid aérien. 

 

Angoisse militaire et masculiniste, uniforme de fête en cotte de maille dos-nu, F*cking Future déploie toute la tension d’une lutte, d’une génération que représente le quarantenaire qui puise dans la culture urbaine et queer avec brio dans cette chorégraphie exemplaire et libératrice. On finit la soirée dans une effusion avec le public, on ne fait pas que danser, on chante et on scande. On fête et on manifeste face à un F*cking Future dont on ne sait de quoi il est fait.