À l’intersection de l’opéra, du cabaret et du drag, Créatine Price façonne une identité artistique qui circule entre plusieurs mondes : les scènes queer, les héritages noirs américains, la culture populaire, New York et Paris. Une manière bien à elle de réunir des familles artistiques et des communautés qui se croisent encore trop rarement. Rencontre avec Créatine Price, candidate de Drag Race France.
Créatine Price : On n’a pas le temps, on attaque direct ! Ce serait Be Mine! de Robyn. Vous connaissez Robyn ?
Donc oui, Be Mine! de Robyn. Ça raconte l’histoire d’un amour qui ne passera jamais vraiment. Mais en même temps, la vie continue et on a hâte de voir la suite. Je trouve que ça me ressemble. Même quand je suis déçue, par exemple après mon élimination de Drag Race France, je regarde toujours vers l’avenir.
Oui, exactement ! (Elle rit.)
Ça va rester un secret !
Rien du tout !

C’est toujours les deux. Si je suis honnête, parfois, c’est même plus politique qu’artistique, parce que je veux bien être en face de la machine que représentent les conservatoires et la musique classique.
Mais en même temps, c’est un choix artistique. Quand j’ai participé à l’opéra Stonewall avec le New York City Opera en 2019, j’ai vraiment eu la chance de mélanger les deux arts que j’adore : le drag, que je pratiquais déjà beaucoup dans les boîtes de nuit, et le chant lyrique, puisque j’y ai une carrière de presque vingt ans maintenant.
C’est un choix artistique que je porte vraiment au fond du cœur, parce que j’avais besoin de montrer qui je suis à l’intérieur, plutôt que de chanter uniquement les rôles écrits pour des ténors très héroïques et très masculins. C’était quelque chose de très important pour moi.
Souvent, c’est regardé comme quelque chose d’un peu bizarre. Mais je crois que mon niveau de chant parle de lui-même.
Les puristes de l’opéra ont toujours des problèmes avec ce que je fais. En même temps, quand ils m’entendent chanter, ils se disent : « Bon, elle sait chanter. » Donc voilà ! C’est difficile à savoir, mais Créatine est très bien reçue par le public, ça, c’est sûr. Et moi, je m’en fous un peu de ce que pensent les puristes de l’opéra !
Exactement ! Je crois que l’opéra doit avancer un tout petit peu et entrer dans l’époque moderne. Si j’ai envie de chanter des airs de soprano, de mezzo ou écrits pour d’autres types de voix, je peux le faire. Et je veux le faire en talons, avec une perruque énorme qui engloutit toute la scène ! Voilà, c’est ça qu’on aime !
Waouh, d’accord ! C’est dur, il y en a plusieurs que j’adore.
Un top 3 ? D’accord ! En tête de liste, il y a Symone. J’adore Symone. J’adore aussi Curiosity Davencourt. Et puis je dirais Monét X Change. Nous nous sommes rencontrées plusieurs fois à New York. Elle est magnifique comme chanteuse, mais aussi comme personne. Ce sont vraiment des inspirations drag pour moi.
Si on parle d’opéra, évidemment, il y a Leontyne Price, Shirley Verrett ou Jessye Norman. Elles font partie de mes artistes préférées. Tout cela se mélange : le glamour, les grandes divas noires américaines… Je partage les mêmes codes. Je veux vraiment avoir cette présence de diva, ce glamour ultime !
Oui ! Elle m’a beaucoup aidée pour toute ma préparation. Elle m’a donné des conseils, bien sûr, mais elle m’a aussi beaucoup aidée avec le strassage. C’était très important !
Dans le premier épisode, vous avez vu la petite voiture qui entre sur scène avant moi. C’est La Big Bertha qui a réalisé le strassage du « CP » sur l’avant de la voiture et des deux rétroviseurs. Je vais d’ailleurs poster une petite vidéo d’elle en train de strasser la voiture.
La Big Bertha, c’est ma grande sœur, c’est une force. Je l’adore !
Comme je vous l’ai dit, c’est une force. Mais elle m’avait prévenue que ce serait dur. Il y a toujours cette réalité : on peut être éliminée, quoi qu’il arrive.
Elle m’a dit : « Fais gaffe, parce que c’est dur. » Et je l’ai bien écoutée, parce qu’elle a l’habitude ! Malgré tout, je ne me rendais pas compte que ce serait comme ça. C’était beaucoup plus dur que ce que j’avais prévu, mais en même temps, c’était vraiment fun !
Le niveau des autres queens, déjà. Il était vraiment très élevé !
Et puis Drag Race France, c’est un peu les Jeux olympiques du drag. Il y a tout dedans ! À un moment, il faut danser. Ensuite, il faut improviser avec Nicky Doll et Marlène Schaff. On doit mobiliser beaucoup de talents et beaucoup de forces dans un même moment.
On est comme une jongleuse : « Je vais faire ça maintenant… Attendez, on passe déjà à autre chose ! » On change sans arrêt d’exercice. C’était difficile.
En plus, j’étais très malade le premier jour du tournage. Je manquais un peu d’énergie, parce que la préparation avait vraiment été très dure. Mais j’étais prête pour le concours !
Intense ! Voilà, c’est exactement le mot !
Je dirais Malawitte, parce que c’est ma petite sœur ! Elle est fabuleuse et elle mérite tout ce qu’elle vit en ce moment. Elle traverse une période extraordinaire en tant qu’artiste, et c’est mérité. Elle travaille très dur et ça se voit.
C’est ma petite sœur, qu’est-ce que je peux dire de plus ? C’est mon petit loulou ! On lui envoie plein de force !
Vous pouvez chercher Créatine Price sur Spotify ! Vous trouverez le single que j’ai sorti après mon passage dans La France a un incroyable talent, où j’ai chanté cet air d’opéra devant ma chère Marianne James, qui faisait partie du jury. C’est très joli, il faut aller l’écouter !
Peut-être que cela sera bientôt annoncé sur les réseaux sociaux, on ne sait pas ! Mais bien sûr, il y a des projets partout. Il y a des projets à New York, des projets à Paris, et ça va aller vite. Il faut faire attention aux réseaux sociaux, parce que je vais annoncer tout cela très bientôt !
Merci, c’est gentil ! C’était plus court que prévu, mais en même temps, c’était fun !
Diffusion : chaque jeudi à partir du 16 juillet, dès 19 heures sur france.tv et en deuxième partie de soirée sur France 2.
Voir Drag Race France sur france.tv.
Présentation : Nicky Dol. Jury : Nicky Doll, Daphné Bürki, Loïc Prigent et Anggun. Production : Endemol France et Shake Shake Shake, en collaboration avec World of Wonder Productions. Producteurs exécutifs : Fenton Bailey, Randy Barbato, Tom Campbell et RuPaul Charles. Coproducteurs : Nicolas Missoffe et Raphaël Cioffi
Direction artistique : Thomas Jolly. Avec : Nicky Doll et les dix reines de la saison 4. Production du spectacle : Junzi Arts, avec Endemol France, Shake Shake Shake et World of Wonder Productions
Billets à partir de 19 euros.
Du 24 septembre au 10 octobre 2026 au Casino de Paris.
Du 20 octobre au 14 novembre 2026 à Toulouse, Mérignac, Strasbourg, Lille, Tours, Nantes, Montpellier, Lyon et Marseille.
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Écouter Créatine Price sur Spotify
Propos recueillis par Mélodie Braka.
Crédits photo : Drag Race France saison 4 – © Sandra Roussel – FTV ; © Nathalie Guyon – FTV ; © Jean Ranobrac – Endemol – FTV.