13 ans de teufs électroniques avec des figures emblématiques de l’écosystème électronique. Cette année, des stars diverses ont été programmé’es pour faire briller le festival Peacock Society. Le nom de ce festival revient à ses origines au Parc floral de Paris, de par les paons qui y défilent royalement. Au commencement, le principe du festival était de combiner artistes Djs éléctroniques hypé’es et figures emblématiques avant-gardistes de la pop. L’équipe de programmation sélectionne ainsi des pépites ultra niches et ultra qualitatives dans leur milieu, comme Ricardo Villalobos, Laurent Garnier ou encore Amélie Lens.
Pour cette ultime édition explosive, des rencontres musicales ont eu lieu, comme entre Boys Noize, producteur et Dj berlinois aux sets techno house/acid house, et Salomé, Dj géorgienne qui diffuse des sons techno et acid avec des variations hardcore, trance et hip hop et productrice également. D’autres rencontres se sont faites, comme entre la Dj Miss Kittin, entre new wave, acid et techno minimale, et la Dj productrice Vel, avec un set entrecroisant sons ambiant et transe avec une oreille fine.
Un trio s’est formé entre Andy4000, Dj issue de Girls Do It Better (GDIB) oscillant entre hiphop des années 90, trap et afrohouse, la fameuse Tatyana Jane, enchaînant les festivals avec des sets à la croisée de la dubstep et de l’éléctroclash, imprégnée de rythmiques afros, et Mad Rey, à l’univers house, ghetto house, techno, hip hop, footwork, pop.

Photos de Tatyana Jane, MadRey & Andy4000 par Raphaël Chene
La nuit du vendredi 10 juillet a été marquée par des découvertes musicales fortes sur la terrasse du Wanderlust et son espace club. Dans cet espace idyllique et aquatique face à la Seine, accueillant des évènements exceptionnels et qualitatifs, nous avons été guidé’es par le paysage sonore de Claude-Emmanuelle. Dj trans conviée par le fameux collectif queer et militant Inverti’es par exemple, artiste aux multifacettes, mannequin, Claude-Emmanuelle sélectionne des sons hard drum & dark synth engagés pour raconter les traumas et les récits de personnes queers et de minorités de genre marginalisées. Sa présence dégage une énergie contagieuse, incitant à danser sur scène pour remettre aux centres les individus exclus et démolir le système patriarcal dominant. Au Peacock, l’artiste a concocté un set énergique, ponctué de transitions subtiles et de pauses pour mieux revenir sous les projecteurs colorés de la salle. Des paroles empowerantes étaient mixées durant sa performance militante et trémoussante.

Frost Children, photos par Carla Lubrano Di Sbaraglione
Une autre trouvaille a été le duo Frost Children, composé des jumeaux Angel et Lulu Prost provenant des Etats-Unis. Ces deux dernierx nous ont livré un concert live d’ampleur, avec des parties plus chantées et d’autres plus derrière les platines. Ayant fait leur sortie officielle sous le nom de Frost Children en 2019, le duo a vite fait exploser le nombre d’auditeurices par leur univers mélodique hyperpop, electronic dance music, dubstep et électroclash. A leur commencement, Angel s’emparait des basses et Lulu des batteries. Désormais, les deux usent d’un micro et de platines pour déployer leurs musiques enivrantes sur une quête existentielle et l’amour.
“’Cause our feelings only go like flashing lights
Don’t you ever leave my sidelines
Satellites said we’d never get older Next life, I’ma pull you way closer
[Angel]
Next life, I’ma pull you way closer”
Extrait de Satellite, par Forest Children
Enfin, Roulita, reine émergente de la techno minimale et hypnotique, a construit un set divergeant entre sonorités ambiantes, planantes et atmosphériques. Roulita nous fait traverser des forêts humides avec son set minéral aux textures végétales, marécageuses et brumeuses.
Après une longue période de fêtes avec des artistes internationaux au renom plus ou moins flamboyant alors révélé’es à la communauté fidèle du Peacock Society, et toujours excellent’es, c’est la fin. L’inaccessibilité des déclarations préfectorales pour organiser un événement de grande ampleur à l’Hippodrome de Vincennes, l’augmentation des charges diverses et du booking d’artistes, une économie fragile et, surtout, le manque de soutien gouvernemental ont littéralement achevé le festival. Quand on sait que 93% des festivals français sont en difficulté, on ne peut que penser que l’histoire du Peacock Society est la première d’une liste à devoir conclure, en beauté.

Photo de Raphaël Chene
Nous saluons l’équipe pour la mise en lumière d’artistes marginalisé’es, queers, racisées, victimes de formes d’oppression plurielles, geste que nous espérons voir se propager dans la culture éléctronique et de la teuf !
Visuels : EG & Affiche du Festival Peacok Society 2026 de Kitasavi