Âgé de 50 ans, l’artiste Kavinsky, de son vrai nom Vincent Belorgey, est retrouvé mort à son domicile parisien le mardi 28 juillet 2026.
Les causes de ce décès précoce ne sont pas connues, une enquête à été ouverte.
La nouvelle a provoqué une vague d’émotions, tant Kavinsky incarnait à lui seul tout un imaginaire. Ses clips reflètent cet univers du monde de la nuit, des voitures, des jeux d’arcade et de la nostalgie des années 80. Sa disparition ravive aussi le souvenir douloureux d’un autre pilier de la scène électro française parti trop tôt, DJ Mehdi, décédé à 34 ans.
Né à Barbès, dans le nord de Paris, Vincent Belorgey apprend le piano en autodidacte. C’est pendant son service militaire qu’il se passionne pour la musique électronique, alors que sa jeunesse était plutôt plongée dans le rap et le funk. Il bascule vers l’électro notamment grâce à un ordinateur que lui offre son ami Quentin Dupieux, cinéaste connu sous le nom de Mr. Oizo. C’est d’ailleurs devant la caméra de ce dernier qu’il fait ses débuts d’acteur, aux côtés de Sébastien Tellier, dans le court-métrage Nonfilm en 2001, puis en 2007 dans le film Steak.
Au début des années 2000, Kavinsky assure des premières parties de Daft Punk et croise la route de nouveaux visages de la scène électro comme SebastiAn. Il s’intègre pleinement à la grande famille de la French Touch, entre le label Record Makers, où il est signé, et l’écurie Ed Banger fondée par Pedro Winter, pépinière de DJ Mehdi, Cassius et Mr. Oizo. En 2006 et 2007, il fait partie des premières parties de la mythique tournée « Alive » de Daft Punk, celle identifiée par le décor scénique de la pyramide.
Nightcall est à l’image de tout l’univers de Kavinsky. Ce titre synthwave que l’on reconnaît tous.tes, interprété par la chanteuse brésilienne Lovefoxxx et coproduit par Guy-Manuel de Homem-Christo (membre du groupe Daft Punk), devient la bande-son emblématique du film Drive de Ryan Gosling. Le morceau change littéralement la trajectoire de l’artiste et le fait connaître bien au-delà des frontières françaises.
Il faudra pourtant attendre 2013 pour voir sortir son premier album studio, OutRun. Encore un titre qui, comme souvent chez Kavinsky, renvoie à son esthétique automobile. Le disque confirme son ancrage dans la mouvance French Touch aux côtés de Daft Punk, Air, Cassius ou Justice.
Au fil des années, Kavinsky s’est construit un personnage à part entière. Avec sa moustache, sa veste Teddy, ses lunettes traversées par des faisceaux rouges, naît une figure unique dès son premier EP, Teddy Boy et son clip animé de Testarossa Autodrive. C’est grâce à ces symboles qu’on le reconnaîtra jusqu’aux plus grandes scènes, y compris au Stade de France.
Cette esthétique doit beaucoup à ses influences assumées, parmi lesquelles nous retrouvons les synthétiseurs de Giorgio Moroder, le rock du groupe Goblin dans le cinéma de Dario Argento, ou encore les bandes originales de John Carpenter.
Le sommet de sa carrière restera sans doute sa prestation lors de la cérémonie de clôture des Jeux olympiques de Paris en 2024, où il a interprété Nightcall aux côtés d’Angèle et du groupe Phoenix sur la scène du Stade de France. Cette performance a déclenché un regain considérable pour le titre, notamment pour son écho à l’international.
Kavinsky devait se produire sur différentes scènes cet été, comme le 8 août prochain au festival Gärten on the Beach, en Normandie. Des rendez-vous qu’il ne tiendra pas.
C’est en réécoutant Nightcall que ses fans du monde entier lui rendent aujourd’hui hommage.
Crédit : Thibaud Moritz / AFP