Le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) relance son Fonds d’aide à la création pour les plateformes sociales. Créé en 2017 mais suspendu au printemps à la suite d’une polémique, l’institution débloque aujourd’hui 6 millions d’euros pour soutenir les créateurs de contenus. Un montant jugé trop faible par beaucoup de professionnels
Cette aide, créée en 2017, est supposée accompagner les créateurs de contenus de plateformes comme YouTube ou Twitch. Puis supprimée le 8 avril 2026 à la suite de la « polémique Ultia ». La créatrice, alors à la commission du fonds, avait soulevé des questions sur les critères de sélection de l’institution. Elle avait annoncé qu’elle poserait un veto à chaque proposition faite par un créateur d’extrême droite. Le CNC l’avait rapidement écartée, ces propos ne respectant pas la logique d’impartialité et de neutralité de l’institution. Aujourd’hui, la nouvelle structure annonce accompagner les créateurs émergents avec des bourses de 10 000 euros, allant jusqu’à plusieurs centaines de milliers pour les plus confirmés. Jusqu’ici, les aides ne dépassaient pas 30 à 50 000 euros par projet.
Avec la multiplication et l’explosion des formats longs, des coûts de production élevés et des ambitions très hautes de la part des créateurs de contenus, cette enveloppe est jugée insuffisante. Malgré un doublement des fonds annoncé par le CNC (ils étaient passés de 2 à 3 millions par an en 2025), chez certains professionnels, il ne s’agit que d’un rattrapage. Les fonds n’ont pas été versés en 2026, ce qui ne fait plus 6 millions pour 2027, mais les 3 millions de 2026 plus les 3 de l’année à venir. Gaëtan Bruel, le président du CNC, est lui-même conscient des limites de ce budget et dit vouloir continuer les discussions parlementaires.
Les négociations des créateurs se déroulent aussi auprès des plateformes qui recueillent leur travail. Effectivement, YouTube ne reverserait que 55 % des revenus publicitaires alors que la plateforme ne participe pas à la prise de risque ni au financement des contenus. Elle ne sert que d’hébergement des contenus sans participer à leur création. C’est également ce qu’attend le CNC : que la plateforme participe au préfinancement des projets. Aujourd’hui, l’UMICC (l’Union des Métiers de l’Influence et des Créateurs de Contenu) se retrouve presque ignorée par les grandes institutions. Et à juste titre lorsque l’on observe les asymétries avec les soutiens publics alloués aux différentes filières culturelles comme le cinéma ou la musique. Dans un secteur où les audiences, les coûts de production, le nombre de projets et de créateurs ne font que grandir, la réponse des institutions dans l’accompagnement et la structuration de la profession résonne comme un manque de considération, une négligence chez les créateurs.
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