Le 15 octobre, le jury du prix Médicis, présidé par Pascale Roze, dévoilait sa deuxième sélection : sept romans restent en lice, dont six écrits par des femmes. Les lauréats seront annoncés le 2 novembre, lors d’une cérémonie au restaurant La Méditerranée. L’an dernier, l’auteur Emmanuel Carrère remportait le prix pour Kolkhoze.
Cette année, la sélection du prix Médicis se conjugue principalement au féminin : les autrices y occupent une place de choix. Depuis 1958, il a récompensé 18 écrivaines dans la catégorie du roman français.
On retrouve cette année Anne Godard et son roman Nous aussi, qui figure également dans la deuxième sélection du Goncourt, avec lequel elle explore la possibilité de dire ce qui reste habituellement tu par le « on » et ses variations. Daria Marx avec Tuer le vieux creuse également dans les silences, en explorant la colère refoulée pour une traversée du traumatisme en révolte. Lucie Rico, déjà retenue pour le prix Fémina avec Mais que fait ce sang sur le pull de Jennifer ? cherche elle aussi à déverrouiller la mémoire en enquêtant avec malice dans la noirceur du passé. Emma Marsantes plonge volontiers dans la mémoire familiale avec N’efface pas mes cercles, ainsi que Lucie Bérard pour Décolorer sa fille. Sarah Tadlaoui explore quant à elle les failles de notre société hyperconnectée avec son roman Croire au code. Le seul auteur de la sélection, Philippe Vasset, emprunte une autre voie avec Grandes lignes, en faisant se rencontrer géographie et littérature sur les traces des lignes électriques.
Depuis sa création, le prix Médicis met en avant des écritures singulières. Il se construit autour d’une volonté de découvrir des écrivains, des styles, des tons peu connus et singuliers. Il est le prix bien attendu des voix parfois moins entendues. Et les œuvres retenues pour l’édition 2026 sont publiées par de petites maisons d’édition comme les Intranquilles ou Les éditions des Syrtes. Une diversité éditoriale qui ne se limite pas aux valeurs sûres de la rentrée littéraire.
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