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Le Diable s’habille en Prada 2 : rêve-t-on encore de Meryl Streep en boss toxique ?

par Melodie Braka
29.04.2026
Disney - Meryl Streep - LE DIABLE S’HABILLE EN PRADA 2

Entre deux films, des dizaines de collections Prada, une industrie transformée, l’attente est à la hauteur du phénomène. Le Diable s’habille en Prada 2, avec Meryl Streep, Anne Hathaway, Emily Blunt et Stanley Tucci, revient vingt ans plus tard…mais valait-il vraiment le coup d’attendre aussi longtemps ?

Vingt ans après, le miroir est toujours là. Andy Sachs se regarde, se brosse les dents, et pendant quelques secondes, on y croit : rien n’aurait changé. C’est sur cette sensation que s’ouvre Le Diable s’habille en Prada 2, réalisé par David Frankel, attendu comme un rendez-vous pour toute une génération nourrie aux silences glacés de Miranda Priestly, aux regards d’Emily Charlton, aux conseils murmurés de Nigel Kipling. Une suite qui joue d’abord la fidélité, presque au millimètre, avant de révéler ce qui lui manque.

LE DIABLE S'HABILLE EN PRADA 2 - Disney (4)

 

Le pouvoir de la nostalgie

Le film avance par échos. Les gestes, les situations, les motifs sont rejoués. Andy Sachs (Anne Hathaway) mange toujours du potage, pour le plus grand plaisir de Nigel Kipling (Stanley Tucci), et la bande-son iconique de Madonna, Vogue, rythme toujours l’univers impitoyable de la mode. Certains clins d’œil font mouche, notamment cette inversion où l’immobilité change de camp : Charlie (Caleb Hearon), devenu « Charlie Chaise », coincé là où Andy ne pouvait pas se lever autrefois. Ou encore Miranda Priestly (Meryl Streep), rattrapée par une époque qui lui impose désormais d’accrocher elle-même son manteau, un régal.

LE DIABLE S'HABILLE EN PRADA 2 - Disney

 

Un casting presque fabuleux

Le plaisir est là, immédiat, celui de renouer avec des images et des personnages qui ont façonné des générations de passionné·es de mode. Retrouver Meryl Streep, Anne Hathaway, Stanley Tucci et Emily Blunt (Emily Charlton), c’est retrouver le gratin de la fashion week Haute Couture : jouissif et totalement inaccessible. Le casting reste solide, et les ajouts de ce nouvel opus étaient prometteurs. Kenneth Branagh (Stuart) campe un mari charmant mais sans aspérité, Lucy Liu (Sasha Barnes) traverse le film sans laisser de trace durable, Justin Theroux (Benji Barnes) pousse son registre comique dans un terrain déjà connu. Même impression pour Simone Ashley (Amari), cantonnée à un rôle d’assistante sans relief. Et puis il y a ces présences qui auraient pu faire mouche, Rachel Bloom, révélée par l’excellente série Crazy Ex-Girlfriend, et B. J. Novak (Jay Ravitz), découvert dans The Office comme acteur et scénariste, deux figures comiques réduites ici à quelques apparitions, presque des silhouettes.

Emily Blunt - LE DIABLE S'HABILLE EN PRADA 2 - Disney

Et assez vite, tous les regards se tournent vers elle. Emily Blunt porte la partie comique du film. Elle avait déjà tout dans le premier film, à 22 ans, ce sens du rythme, cette manière de lancer une phrase comme un couperet. Vingt ans plus tard, rien n’a bougé. Sauf que cette fois, elle est installée, reconnue et bénéficie enfin du temps d’écran qu’elle mérite. Ses apparitions deviennent des moments attendus, presque des respirations pour le public. Stanley Tucci reste fidèle, toujours aussi touchant, mais trop en retrait. Meryl Streep est moins cinglante, et Anne Hathaway, pourtant au centre, peine par moments à trouver la justesse, entre des dialogues peu convaincants et un jeu parfois trop appuyé.

 

La mode a changé, le film non

Le premier film ouvrait une porte. Il faisait entrer dans un monde fermé, codé, presque opaque, et laissait le regard d’Andy organiser la découverte. Ici, quelque chose s’amorce, puis s’arrête. La question de la presse apparaît dès les premières scènes, avec un scandale lié à la cheap fashion, et à travers une remarque lancée presque en passant : « au lieu d’informer, il faut cliquer ». La phrase reste suspendue, sans être développée ni illustrée, laissant un sentiment de frustration tenace.

LE-DIABLE-SHABILLE-EN-PRADA-2-Disney

On devine tout ce que le film aurait pu aborder : la place des magazines dans un écosystème saturé d’images, la manière dont la mode circule aujourd’hui entre défilés, réseaux sociaux et formats courts, ou encore le rapport au temps, à la production et à la visibilité. Autant de pistes qui restent à l’état d’esquisse. Le scénario préfère des conflits plus simples, des affrontements d’ego, des luttes de position qui semblent étroites au regard des évolutions du secteur.

La première demi-heure laisse espérer autre chose, puis cet espoir s’amenuise. Une volonté d’explorer d’autres directions se devine, sans jamais se concrétiser. Le scénario reste prévisible, les séquences sont cousues de fil blanc, et les personnages peinent à susciter l’attachement d’autrefois.

Là où le premier film creusait chaque trajectoire et chaque dilemme moral, celui-ci se contente souvent de silhouettes.

 

Le glamour en désamour

Il reste heureusement la mode et le spectacle. Les prises de vue et surtout les costumes ne déçoivent pas. Le travail de Patricia Field, costumière du premier comme du second film, prolonge une signature reconnaissable, au point que Le Diable s’habille en Prada est resté l’un des films les plus chers en raison de son seul budget costumes. Une débauche de silhouettes et de textures qui rappelle ce que la franchise sait faire de mieux. Le rythme, la mise en scène, la bande originale, tout fonctionne avec efficacité. Le récit avance, maîtrisé, calibré, mais creux…

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Le film tente de déplacer son regard en troquant Paris pour Milan, mais la promesse ne tient qu’un temps. Vingt ans ont passé, le monde a changé, la mode aussi, la presse encore plus. Le miroir, lui, n’a pas bougé. Le Diable s’habille en Prada 2 regarde son propre reflet sans jamais le questionner. Le défilé est là, la beauté aussi, mais malgré la nostalgie, cette suite s’ajoute à la longue liste des numéros deux qui font regretter la magie des premiers jours.

Le Diable s’habille en Prada 2 de David Frankel.
Avec Meryl Streep, Anne Hathaway, Emily Blunt, Stanley Tucci, Justin Theroux, Lucy Liu… États-Unis. Comédie, drame.
Sortie le mercredi 29 avril 2026.
Visuels © DISNEY