Mis en scène par Robert Carsen, le spectacle revisite une des comédies musicales les plus cultes de l’histoire du cinéma : Singin’ in The Rain, réalisé en 1952 par Stanley Donen et Gene Kelly. La comédie musicale investit les planches du Théâtre du Lido, pour une adaptation pétillante portée par quatorze musiciens et une troupe de comédiens britanniques, parmi lesquels Ashley Day, Maddie Waller et Natasha O’Brien. Après Cabaret, Titanic, et Les Demoiselles de Rochefort, le Lido continue de miser sur le genre de la comédie musicale. Et malgré les erreurs techniques, le spectacle continue, jusqu’au 10 janvier 2027.
75 ans après sa sortie, Singin’ in the Rain continue de fasciner. À Hollywood, en 1927, le cinéma muet laisse place au cinéma parlant. Le film explore cette transition majeure, à la fois joyeuse et menaçante pour les acteurs, sous le prisme de l’optimisme, de claquettes et de teintes technicolor. Chanter sous la pluie. Continuer la performance malgré les obstacles : le décor du théâtre du Lido a pris cette expression à la lettre, en mettant la performance à l’épreuve après qu’une partie du décor se soit effondrée sur scène.
Pour donner vie à l’univers hollywoodien, la mise en scène de Robert Carsen est immersive, avec des écrans géants comme pour emmener le spectateur dans les studios de cinéma. Alors, lorsque le décor tombe, le doute s’installe. Au début, on pense que cela fait partie du spectacle, c’est pour dire que l’immersion est réussie. Car la comédie musicale de Singin’ in the Rain a cela de particulier qu’elle montre les coulisses d’un tournage. L’accident du samedi soir ouvre ainsi les portes sur les coulisses du théâtre : derrière la magie du spectacle, il y a tout un travail et une architecture du décor.
Finalement, l’accident de décor engage une réflexion sur l’illusion bien propre à la comédie musicale de 1952. Cette sorte de mise en abyme pourrait faire écho à l’intrigue originale, notamment à travers le personnage de Lina Lamont, dont la voix est doublée en secret par Kathy Seldon. Lorsque la véritable voix se révèle derrière le rideau, l’illusion scénique et la mécanique du cinéma se dévoilent. Et l’accident du samedi 11 donne peut-être aux spectateurs du Lido l’impression d’avoir vu la construction de l’illusion sur la scène.
Visuel : Affiche © Théâtre du Lido