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Aurillac (off) : Un cours hilarant de mythologie avec Chrysothémis ou la malédiction des Atrides

par Capucine de Montaudry
24.08.2026

La Cie Karabatchine, composé d’Apolline Guy et Manon Flores, nous fait hurler de rire sur les plus sombres histoires de la mythologie, les querelles qui ont décimé la famille des Atrides et mené à la guerre de Troie. Cette appropriation de l’univers tragique dans un registre comique, intelligente et d’une grande précision scénique, est à voir et à revoir. 

Le spectacle s’ouvre sur les deux comédiennes, tenant chacune un livre dans la main : « MYTHO » et « LOGIE ». Au cours d’une courte introduction façon bonimenteuses, elles annoncent un cours sur la famille des Atrides tout en distribuant un arbre généalogique brouillon. 

 

 

« Prenez votre inspiration, ce sera la dernière, car le reste est à couper le souffle »

 

Du début à la fin, c’est stupide. L’histoire s’enchaîne en trois parties : 

  • Les origines du mal, sur les rivalités entre Thyeste et Atrée 
  • Les malotrous, sur leurs enfants et la guerre de Troie 
  • Mal au crâne, sur Oreste, Electre, et la fin de la malédiction. 

 

Les deux comédiennes, pour se repérer dans les personnages, affublent chacun d’un moyen mnémotechnique pour que le public puisse s’en souvenir : Thyeste, Atrée, la sieste c’est sacré ; Ménélasticot, petit asticot ; Agamemnon, non, non c’est non et c’est comme ça, etc. Et elles ne se retiennent pas sur le comique de répétition. 

 

C’est très bien écrit, et le rythme du spectacle est maîtrisé à la perfection. Certain·es participant·es sont invité·es à participer en incarnant tour à tour Érope, Clytemnestre, ou encore les trois déesses lors du concours « Qui sera la plus belle déesse ce soir ». Là aussi, le jeu fonctionne, l’enchaînement des scènes est fluide et on ne s’arrête jamais de rire. 

 

 

Se moquer du tragique 

 

Tout est excessif. L’expression des émotions est délibérément exagérée et les personnages sont décrédibilisés. Les comédiennes adoptent un jeu de bonimenteuses et se moquent des codes du récit. De nombreux anachronismes s’ajoutent à cet effet décalé et loufoque. 

 

Au-delà de l’humour, la qualité du spectacle vient de la rigueur des deux comédiennes. Les nombreuses histoires, les éléments de costumes et les mouvements scéniques s’enchaînent avec précision. La scénographie est légère, quelques pancartes, des masques en crochet ou en collants et des accessoires. Avec ce peu d’éléments, elles vont loin dans le jeu : gestes chorégraphiés, ritournelles mnémotechniques presque musicales, jeux de questions-réponses… Ce spectacle dans lequel aucun détail n’est laissé de côté apporte beaucoup de fraîcheur à la mythologie antique. 

 

Distribution : Apolline Guy, Manon Flores, Lou Blanchard

Soutiens à la création : Résidences Ateliers de l’Etreinte, Résidences Collectif Voûtes

© Marie-Eve Heer