18.04.2026 : Décès de Nathalie Baye    09.04.2026 : quels films voir en sélection au Festival de Cannes 2026 ?    08.04.2026 : la programmation du festival d’Avignon 2026    18.04.2026 : Décès de Nathalie Baye    09.04.2026 : quels films voir en sélection au Festival de Cannes 2026 ?    08.04.2026 : la programmation du festival d’Avignon 2026    18.04.2026 : Décès de Nathalie Baye    09.04.2026 : quels films voir en sélection au Festival de Cannes 2026 ?    08.04.2026 : la programmation du festival d’Avignon 2026    18.04.2026 : Décès de Nathalie Baye    09.04.2026 : quels films voir en sélection au Festival de Cannes 2026 ?    08.04.2026 : la programmation du festival d’Avignon 2026    18.04.2026 : Décès de Nathalie Baye    09.04.2026 : quels films voir en sélection au Festival de Cannes 2026 ?    08.04.2026 : la programmation du festival d’Avignon 2026    18.04.2026 : Décès de Nathalie Baye    09.04.2026 : quels films voir en sélection au Festival de Cannes 2026 ?    08.04.2026 : la programmation du festival d’Avignon 2026    18.04.2026 : Décès de Nathalie Baye    09.04.2026 : quels films voir en sélection au Festival de Cannes 2026 ?    08.04.2026 : la programmation du festival d’Avignon 2026    18.04.2026 : Décès de Nathalie Baye    09.04.2026 : quels films voir en sélection au Festival de Cannes 2026 ?    08.04.2026 : la programmation du festival d’Avignon 2026    18.04.2026 : Décès de Nathalie Baye    09.04.2026 : quels films voir en sélection au Festival de Cannes 2026 ?    08.04.2026 : la programmation du festival d’Avignon 2026    18.04.2026 : Décès de Nathalie Baye    09.04.2026 : quels films voir en sélection au Festival de Cannes 2026 ?    08.04.2026 : la programmation du festival d’Avignon 2026    18.04.2026 : Décès de Nathalie Baye    09.04.2026 : quels films voir en sélection au Festival de Cannes 2026 ?    08.04.2026 : la programmation du festival d’Avignon 2026    18.04.2026 : Décès de Nathalie Baye    09.04.2026 : quels films voir en sélection au Festival de Cannes 2026 ?    08.04.2026 : la programmation du festival d’Avignon 2026
Agenda
Scènes
Auteurs et Autrices
Partenaires
Qui sommes-nous?
Contact
16.04.2026 → 25.04.2026

« Marry Me in Bassiani » de (La)Horde et du Ballet Iveroni, politique et puissant à la Villette

par Chloe Coppalle
20.04.2026

(La)Horde revient à Paris avec une pièce créé en 2019 : Marry Me in Bassiani, qui raconte les descentes militaires dans certains clubs de la capitale géorgienne en mai 2018, dont Bassiani.

 

 

Quand on entre dans la salle, les rideaux sont ouverts. Marry Me in Bassiani a déjà commencé. On entre dans l’ambiance tout de suite d’une salle de mariage couleur béton, avec des invités statiques et un maître de cérémonie au téléphone. Au fond, un décor de cathédrale, ou de ruine, ou d’une cathédrale en ruine. La mariée est sur le côté, elle arrive timidement, loin de l’entrée unique qui nous met en valeur le jour J. Et elle tombe en plus ! Le thème est annoncé : ce sera un drame. Alors que la cérémonie bat son plein, la mariée ne bouge pas, et elle danse le visage fermé. On ne sait pas si elle est triste de se marier ou si elle est triste de se marier avec ce mari. Autour d’elle, les autres dansent enjoués, comme si de rien n’était. C’est un mariage après tout, alors faisons la fête.

 

Le rôle de la mariée est impressionnant par son silence. Son hiératisme, dans cette robe magnifique pensée par Juan Corrales donne un esthétisme très abouti au spectacle. Avec sa capuche, on dirait un sweat, ou une sorte de voile de la Vierge Marie. Les effets de paillettes sur la robe rendent les tableaux splendides. C’est la référence au club. Le contraste entre les paillettes blanches étincelantes et le noir de la salle de spectacle, accroissent la beauté du décor. La mariée semble parfois auréolée par ces halos de lumière qui l’entourent et qui participent à l’isolement du groupe au début du spectacle.

 

Marry Me in Bassiani compose avec le répertoire traditionnel géorgien et l’électro. Ce croisement fonctionne très bien, l’un accompagnant l’autre avec une facilité déconcertante. Il est génial de voir les danseurs du Ballet Iveroni amener une culture dansée nationale, surtout dans un pays comme la France, dont la présence de danses populaires communes est moins forte. Les bottes des hommes frappent le parquet dans des pas secs, rapides, très coordonnés. Le haut du corps, bien droit, rappelle le classique occidental avec sa rigueur et son gainage puissant. La mise en scène de ces noces donne l’impression d’être au théâtre, avec des dialogues parlés par les corps.

 

Quand on connait le répertoire géorgien, le discours du spectacle doit être encore plus percutant. Comme dans toutes les traditions, il y a des codes stricts auxquels on ne touche pas. La compagnie marseillaise explique avoir réaliser un travail sur ces conventions en faisant danser des femmes sur des pas d’hommes par exemple. Bien que l’absence de connaissances relatives à ce vocabulaire dansé réduit le champ de compréhension du spectacle, il se voit quand même très bien sans. En effet, Marry Me in Bassiani a une narration très claire. Le dialogue sur scène est explicite, avec des références communes à la cérémonie de mariage, à la cachette, à la répression.

 

En effet, le spectacle fait référence à un évènement passé en mai 2018 à Tbilissi, la capitale de la Géorgie : la descente de militaires dans des clubs qui mènera à l’arrestation de milliers de jeunes. Un moyen d’effrayer pour contrôler la jeunesse et les esprits contestataires. Bassiani fait partie de ces clubs. Il était même le plus grand de la capitale. En réaction, des milliers de jeunes sont aller danser devant le Parlement. Pour le raconter, le Ballet national de Marseille le Ballet Iveroni se sont rencontrés en 2018 et ont composé un décor très sombre, presque austère, qui contraste avec l’énergie des chorégraphies. Puis, les références universelles à la lutte : la fuite, la chute des héros nationaux, les cris, le désespoir.

 

Marry Me in Bassiani  est un spectacle particulièrement abouti, dont le propos à un écho particulier avec le contexte européen actuel. Une rencontre chorégraphique marquante qui affichait complet quelques minutes seulement après l’ouverture des réservations. Un grand bravo !

Visuels : © Jean-Michel Blasco

Conception & mise en scène BALLET NATIONAL DE MARSEILLE (LA) HORDE / BALLET IVERONI – Marine Brutti, Jonathan Debrouwer, Arthur Harel et Ensemble Iveroni Avec Mari Bakelashvili, Gaga Bokhua, Vaso Chikaberidze, Natia Chikvaidze, Tamar Piranishvili, Tornike Gabriadze, Tornike Gulvardashvili, Levan Jamagidze, Nika Khurtsidze, Mariam Manjgaladze, Kakhaber Mchedlidze, Neli Mdzevashvili, Giorgi Mikhelidze, Tamar Tchumburidze, Lali Zatuashvili

 

Assistant sonore Lily Sato, Julien Ticot

Composition sonore Sentimental Rave

Design sonore Jonathan Cesaroni

Musique traditionnelle Tamaz Beruashvili, Aluda Janashvili, Davit Qavtaradze

(musiciens), Zaza Gochitashvili

(son), Tornike Gabriadze

(chanteur), Ciuri Mchedlidze

(chanteuse) Mixage musique traditionnelle Bar Zalel remixé par Zed Barski

 

Scénographie Julien Peissel

Lumière Patrick Riou, Boris Eisenmann

Styliste costumes Juan Corrales en collaboration avec Y/PROJECT Regard extérieur Jean-Christophe Lanquetin

 

Avec 16 danseurs et danseuses de l’Ensemble Iveroni