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« Irresistible Revolution », la contagion collective d’Ayelen Parolin

par Amélie Blaustein-Niddam
15.04.2026

Tout a commencé avec Simple, poursuivi par Zonder. Le monde découvrait l’écriture décalée de cette chorégraphe qui manie aussi bien l’humour que l’écriture de la danse. Pour la première fois, elle voit les choses en grand en mettant 12 interprètes au plateau pour une fête politique et joyeuse.

Farandole absurde

La première mondiale avait lieu le 14 avril au Théâtre National Wallonie-Bruxelles dans une salle généreuse. Sur la vaste scène, tout commence comme d’habitude chez elle : un.e danseur.euse fait son entrée dans un pas absurde, ici, une marche de côté où, dans un écart, le pied gauche rejoint le pied droit. Pour Irresistible Revolution, cela prend l’allure d’une farandole, toustes se tiennent par la main. Ils et elles apparaissent comme une guirlande qui se déroule sans fin, 1, 2, 3… 12 ! Les tenues sont absolument foutraques. On voit des allures sportives associées à des vêtements du quotidien : une chemise et un short, un boxer à paillettes, une jupette orange à volants et un maillot de foot… L’image est très vive, très colorée.

Déjà Cult

On retrouve très vite les gestes déjà iconiques de la chorégraphe argentine. On voit des grandes secondes sur genoux fléchis et des épaules frétillantes. Elle porte une attention joyeusement démesurée aux regards qu’elle veut ahuris, idiots, surpris. Comme dans Simple et comme dans Zonder, on commence par glousser devant ce show qui semble n’avoir ni queue ni tête, et comme dans les précédents opus, on se calme vite devant le niveau d’écriture qui nous ordonne d’écarquiller les yeux.

Manif

Les images puisent autant dans les carnavals au Brésil aux hanches mobiles que dans les manifs, bras levés devant les flics. Mais on voit ici le moment, dans les concours de danse sportive, où les concurrent.e.s marquent leur chorégraphie avant de passer à fond devant le jury. Cela donne des corps qui dansent les jambes un peu pliées, comme les bras qui peuvent aussi se retrouver à la perpendiculaire du corps dans un mouvement en devenir.

Indomptables

On lit dans la feuille de salle que « Ayelen Parolin façonne les musiques comme la murga et la cumbia pour imaginer un tourbillon de mouvements indomptables ». Irresistible Revolution puise dans l’activisme du plaisir cher à l’écrivaine Adrienne Maree Brown et la vitalité contagieuse des luttes collectives. « Indomptable », c’est le mot juste : le groupe déploie une énergie vitale, comme si la danse était tout ce qu’il restait d’humanité, au point que les gestes arrivent par capillarité. L’une touche un autre et voilà une ligne de bachata qui se forme de façon répétitive.

L’idée de révolution va au bout, dans des portés improbables. On retient ce danseur entouré de deux autres qui agrippe, dans un saut, ses jambes (chacune sur une jambe de ses voisins), lui donnant une allure d’insecte collé à la vitre. Ou bien ce duo qui entrelace ses mains sur leurs visages jusqu’à les effacer à notre regard.

Ayelen Parolin en format XXL

On oscille, dans une maîtrise de l’espace et de l’écriture qui nous sidère, entre une fête et un monument de danse contemporaine. Ayelen Parolin en format XXL, cela donne de la force à son propos et à sa matière. Elle montre une nouvelle fois qu’il est possible de penser des structures qui imposent aux interprètes de se retrouver parfaitement aligné·e·s, parfaitement placé·e·s, d’ouvrir leurs dos dans des fluidités de gestes pour les faire exploser dans des rigidités aussi épuisantes que drôles. Irresistible Revolution est vraiment une pièce irrésistible. Extravagante en diable et exigeante à souhait.

Jusqu’au 18 avril au Théâtre National Wallonie-Bruxelles, puis le 28 mai au Théâtre Suresnes Jean Vilar ( navette gratuite au depart de l’Etoile). La pièce sera présentée à Bolzano Danza le 27 juillet.

Visuel :©Stanislav Dobak