La 17ᵉ édition du Festival d’Alba a ouvert ce jeudi 9 juillet, avec toujours sa cérémonie à la fois officielle et joyeuse. Et deux spectacles très différents : KAiROS sur la fouille et le renouvellement, et Parblex !, un duo tout en humour, tendresse et lenteur.
La 17ᵉ édition du Festival d’Alba qui réunit le monde du cirque et ses amateur·ices a ouvert ses portes avec une cérémonie très officielle et émaillée à la fois de discours politiques et de moments circassiens. C’est à nouveau en famille, plurielle et bien souvent déjà habituée, que les spectateur·ices ont rejoint les lampions rouges du Carbunica où la buvette est plus en effervescence que jamais, où l’on trouve des associations, des glaces artisanales divines, du vin local et aussi des associations majeures et des ateliers gratuits pour les enfants et les familles. Des mesures ont été prises pour faire face à la canicule, notamment le refus net et tranché de réunir le public sous un chapiteau.
C’est au Théâtre antique qu’a eu lieu le premier spectacle de la soirée. Intimement liée avec Alba, la poétique des trampolines de KAiROS par la Cie Kiaï est une création élaborée à partir de son spectacle BOUNDLESS en deux semaines de travail au pôle national de cirque La Cascade. Tout part de la fouille et les circassiens entrent en piste après les deux musiciens et la conteuse, qui raconte l’histoire d’Alba. La peine et la grande histoire s’entremêlent au moment de choisir sa boisson chaude du matin au café du Château. Et la narration dérive en interrogation sur la manière dont nous portons et réinterprétons le lourd héritage du passé de nos ancêtres. La comédienne se pose en hauteur, les musiciens laissent entendre une musique à la fois planante et vivante et les 6 maestros des trampolines entrent en piste pour un premier numéro parfaitement synchronisé où les rebonds deviennent forme et beauté. Les solos alternent avec les tableaux de groupes et les moments d’incantation de la comédienne, le tout réparti sur une dizaine de trampolines ronds qui permettent aux corps de rebondir jusqu’à des immenses échafaudages. Malheureusement, en 45 minutes, deux circassiens se sont blessés. Le spectacle doit s’arrêter quelques minutes avant sa fin devant un public touché et ému et qui demande à savoir comment vont les deux blessés.
Après un dîner dans l’odeur des pins et le bourdonnement joyeux des grillons, il était temps de grimper vers la ville d’Alba même qui surplombe, à dix minutes de marche, le cœur vibrant du festival. Une scène y était installée près du plateau sportif qui ressemblait ce soir-là à une sorte d’établi. Complices depuis plus de 20 ans, Didier André et Jean-Paul Lefeuvre y avaient en effet dressé un grand promontoire fait de clous, de lattes de bois, incluant une grande canne à pêche, un seau et quelques boules en métal. C’est finalement assez peu de choses pour nous tenir en haleine et dans des éclats de rire pendant 45 minutes ! Quelque part entre clowns et acrobates, Laurel et Hardy ou Pat et Mat (les héros du dessin animé tchèque), les deux compères endossent leurs rôles respectifs de maigre nerveux musclé et résistant qui court partout et de pépère autoritaire. Comédiens hors pair, ils poussent et cultivent ensemble l’absurde avec brio, l’un brille à la guitare mêlée à la pelle à mastic, l’autre soulève tout ce qu’il trouve et est capable de se hisser sur le haut du crâne pour utiliser son corps entier comme tournevis. Parblex ! est un spectacle de « slow cirque » plein de tendresse et de poésie qui est joué à Alba jusqu’au 13 juillet et va tourner en France cet été. Ne le manquez pas !
Le match France-Maroc avait déjà bien commencé lorsque nous sortons du plateau sportif, mais comment ne pas se rendre au Café du Château dont nous a parlé la conteuse de Kairos ? Nous arrivons juste à temps pour voir les deux buts et repartons dans le bruit des grillons, en espérant vite avoir de bonnes nouvelles des deux blessés de la Cie Kiaï, qui était déjà réunie pour savoir comment continuer le spectacle jusqu’au 14 juillet.
Visuels : YBH