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Metric, ou l’art de vivre avec les chemins non empruntés

par Yves Braka
21.04.2026

Lors de leur passage à Paris pour un showcase de présentation de leur nouvel album Romanticize the Dive, Cult.news a rencontré Emily Haines et Jimmy Shaw, figures centrales du groupe canadien Metric. Ils reviennent sur leur évolution, leur rapport au son et cette obsession persistante : celle des vies que l’on n’a pas vécues.

Deux voix, une vision

Dès les premières minutes, le ton est donné. À la question, pourtant attendue, de définir Metric, Jimmy Shaw sourit :

« On manque totalement d’objectivité. »

Emily Haines acquiesce. Elle préfère déplacer le regard, parler de dynamique plutôt que d’étiquette. Metric, explique-t-elle, est avant tout « un partenariat ». Une collaboration au long cours, où écriture et production s’entremêlent sans hiérarchie rigide.

Depuis ses débuts au début des années 2000, le groupe s’est imposé comme une figure singulière du paysage indie. Ni totalement rock, ni franchement électronique, Metric évolue dans un entre-deux fertile, où les guitares héritées de la new wave croisent des textures plus synthétiques.

Les influences sont assumées : Blondie, The Cars, toute une génération marquée par l’efficacité mélodique et l’urgence pop.

« C’était totalement intentionnel au départ », rappelle Shaw.

Mais loin de s’y enfermer, le groupe a progressivement transformé ces références en langage propre. Au fil de leurs albums, une évolution nette se dessine. À partir de Fantasies, l’écriture gagne en densité, tandis que la recherche sonore s’affirme pleinement sur Pagans in Vegas. Cette trajectoire trouve une forme d’aboutissement avec Formentera, Formentera II, et aujourd’hui Romanticize the Dive.

À propos de ce nouvel album, un mot revient souvent : « retour aux sources ». Une lecture que le duo nuance.

« Ce n’est pas un retour en arrière », insiste Shaw. « C’est un retour à notre identité. »

La distinction est importante. Là où certains entendent une forme de nostalgie, Metric revendique une démarche plus introspective. Plutôt que de chercher à se réinventer à travers des influences extérieures, le groupe a choisi de se tourner vers son propre répertoire.

« Quand quelque chose ne fonctionnait pas, on allait réécouter nos anciens morceaux », explique Shaw.

Une méthode qui pourrait sembler confortable, mais qui relève ici d’un travail de clarification : comprendre ce qui constitue, au fond, l’identité sonore du groupe.

Apprendre à entendre

Cette recherche passe aussi par une évolution technique marquée. Au fil des années, Metric a affiné son approche du son, jusqu’à investir un lieu à la hauteur de ses ambitions : une église transformée en studio, au nord de Toronto. L’image est forte, presque évidente. Un espace de résonance, où la musique prend une dimension physique.

« Avant, on travaillait surtout à l’instinct », reconnaît Shaw. « Aujourd’hui, on comprend mieux ce que l’on fait. »

Une progression qui n’efface pas les débuts, mais les inscrit dans une trajectoire. Là où l’urgence dominait, la maîtrise s’impose, sans pour autant faire disparaître le risque.

Le vertige des possibles

Au cœur de l’album, une question traverse plusieurs morceaux, notamment « Tremolo » :

“I can take your mind off what could have been.”

Que faire de ces bifurcations invisibles qui jalonnent une vie ? De ces moments où tout aurait pu basculer autrement ?

Pour Jimmy Shaw, la réponse est tranchée : « Ce qui aurait pu être n’existe pas. »

Une position presque radicale, qui rejette l’idée même de regret. Les scénarios alternatifs ne seraient que des constructions mentales.

Emily Haines, elle, adopte une position plus nuancée.

« Je n’ai pas de regrets », précise-t-elle, avant d’ajouter : « Mais je suis obsédée par les possibilités. »

Elle évoque une pensée presque « multivers », faite de projections et de bifurcations imaginaires.

« On peut passer sa vie à se demander : et si j’avais choisi autrement ? »

Deux rapports au temps

Cette divergence dit beaucoup de leur complémentarité. À la question du regard porté sur le passé, Shaw ne laisse aucun doute :

« Jamais. Ce qui est fait est fait. »

Haines, au contraire, revendique cette capacité à revisiter les choix passés, non pour s’y enfermer, mais pour en extraire du sens.

Entre détachement et introspection, leurs visions s’opposent et se nourrissent. C’est dans cette tension que s’élabore une grande partie de leur matière créative.

Écrire entre contrôle et instinct

Leur manière de composer reflète cette dualité. Le plus souvent, Emily Haines arrive avec une chanson déjà construite avec texte, mélodie et structure. Jimmy Shaw intervient ensuite pour retravailler les arrangements et affiner l’architecture sonore.

Mais certains morceaux échappent à ce processus.

« Parfois, tout se met en place immédiatement », raconte Shaw.

Une musique envoyée, une écoute dans une voiture, une prise de voix spontanée et le morceau existe déjà. Ces moments d’évidence cohabitent avec d’autres, plus laborieux, où il faut revenir, ajuster, affiner.

Changer le monde, vraiment ?

Reste une question presque naïve : la musique peut-elle changer le monde ?

Emily Haines sourit : « Pas directement. »

Pour elle, la transformation est ailleurs, plus intime, plus progressive. Une chanson agit à l’échelle individuelle, modifie une perception, accompagne une émotion.

« Les grandes transformations passent par les individus. »

Une vision discrète, mais exigeante, qui redonne à la musique une forme de profondeur.

Le lien avec le public, sur scène

Le showcase qui suit l’interview en apporte une démonstration concrète.

Dans un disquaire transformé en salle de concert, Emily Haines et Jimmy Shaw interprètent plusieurs morceaux de Romanticize the Dive, entrecoupés de titres plus anciens. Une continuité qui souligne la cohérence de leur répertoire.

Dépouillé, le dispositif met en valeur l’essentiel : la voix à la fois affirmée et fragile d’Emily, soutenue par la guitare acoustique électrifiée de Jimmy, dans une esthétique proche d’un Neil Young qu’il apprécie.

De « Breathing Underwater » à « Help I’m Alive », en passant par « Victim of Luck », cette relecture en version épurée révèle la solidité des compositions.

Au fil du set, Emily distribue des roses rouges aux femmes du public, un geste simple, presque symbolique, adressé à celles et ceux qui suivent le groupe depuis ses débuts parisiens en 2005.

Un rendez-vous déjà fixé

Avant de quitter la scène, Emily Haines annonce un prochain rendez-vous : le groupe se produira à la Salle Pleyel le 15 septembre, dans le cadre du All The Feelings Tour !, aux côtés de Broken Social Scene et Stars.

Une occasion rare de retrouver, sur une même scène, plusieurs figures majeures de la scène indie canadienne.

Photo de la page d’accueil : YB.

Photo d’intérieur d’article : Louis Comar.

Remerciements : Camille Billouard, La Mission.

L’album Romanticize the Dive est chez tous les bons disquaires à compter du  24 avril. Il vous est conseillé de le précommander.

Le concert All The Feelings Tour – Metric, Broken Social Scene, And Stars a lieu le 15 septembre à la Salle Pleyel. Il reste des places. Plus pour longtemps.