10.06.2026 : La mairie de Vanves annule l’annulation de la saison de son théâtre    04.06.2026 : la mairie de Vanves ferme son théâtre qui a notamment révélé Julien Gosselin    04.06.2026 : Marjane Satrapi meurt de tristesse à 56 ans    24.05.2026 : le palmarès du Festival de Cannes    10.06.2026 : La mairie de Vanves annule l’annulation de la saison de son théâtre    04.06.2026 : la mairie de Vanves ferme son théâtre qui a notamment révélé Julien Gosselin    04.06.2026 : Marjane Satrapi meurt de tristesse à 56 ans    24.05.2026 : le palmarès du Festival de Cannes    10.06.2026 : La mairie de Vanves annule l’annulation de la saison de son théâtre    04.06.2026 : la mairie de Vanves ferme son théâtre qui a notamment révélé Julien Gosselin    04.06.2026 : Marjane Satrapi meurt de tristesse à 56 ans    24.05.2026 : le palmarès du Festival de Cannes    10.06.2026 : La mairie de Vanves annule l’annulation de la saison de son théâtre    04.06.2026 : la mairie de Vanves ferme son théâtre qui a notamment révélé Julien Gosselin    04.06.2026 : Marjane Satrapi meurt de tristesse à 56 ans    24.05.2026 : le palmarès du Festival de Cannes    10.06.2026 : La mairie de Vanves annule l’annulation de la saison de son théâtre    04.06.2026 : la mairie de Vanves ferme son théâtre qui a notamment révélé Julien Gosselin    04.06.2026 : Marjane Satrapi meurt de tristesse à 56 ans    24.05.2026 : le palmarès du Festival de Cannes    10.06.2026 : La mairie de Vanves annule l’annulation de la saison de son théâtre    04.06.2026 : la mairie de Vanves ferme son théâtre qui a notamment révélé Julien Gosselin    04.06.2026 : Marjane Satrapi meurt de tristesse à 56 ans    24.05.2026 : le palmarès du Festival de Cannes    10.06.2026 : La mairie de Vanves annule l’annulation de la saison de son théâtre    04.06.2026 : la mairie de Vanves ferme son théâtre qui a notamment révélé Julien Gosselin    04.06.2026 : Marjane Satrapi meurt de tristesse à 56 ans    24.05.2026 : le palmarès du Festival de Cannes    10.06.2026 : La mairie de Vanves annule l’annulation de la saison de son théâtre    04.06.2026 : la mairie de Vanves ferme son théâtre qui a notamment révélé Julien Gosselin    04.06.2026 : Marjane Satrapi meurt de tristesse à 56 ans    24.05.2026 : le palmarès du Festival de Cannes    10.06.2026 : La mairie de Vanves annule l’annulation de la saison de son théâtre    04.06.2026 : la mairie de Vanves ferme son théâtre qui a notamment révélé Julien Gosselin    04.06.2026 : Marjane Satrapi meurt de tristesse à 56 ans    24.05.2026 : le palmarès du Festival de Cannes    10.06.2026 : La mairie de Vanves annule l’annulation de la saison de son théâtre    04.06.2026 : la mairie de Vanves ferme son théâtre qui a notamment révélé Julien Gosselin    04.06.2026 : Marjane Satrapi meurt de tristesse à 56 ans    24.05.2026 : le palmarès du Festival de Cannes    10.06.2026 : La mairie de Vanves annule l’annulation de la saison de son théâtre    04.06.2026 : la mairie de Vanves ferme son théâtre qui a notamment révélé Julien Gosselin    04.06.2026 : Marjane Satrapi meurt de tristesse à 56 ans    24.05.2026 : le palmarès du Festival de Cannes    10.06.2026 : La mairie de Vanves annule l’annulation de la saison de son théâtre    04.06.2026 : la mairie de Vanves ferme son théâtre qui a notamment révélé Julien Gosselin    04.06.2026 : Marjane Satrapi meurt de tristesse à 56 ans    24.05.2026 : le palmarès du Festival de Cannes
Agenda
Musique
Auteurs et Autrices
Partenaires
Qui sommes-nous?
Contact

Lille Piano(s) festival : un concert d’ouverture entre jazz et classique

par Jean-Marie Chamouard
16.06.2026

Le Lille Piano(s) festival s’est déroulé du 11 au 14 Juin 2026. Pour le concert d’ouverture, l’Orchestre National de Lille, sous la direction de Joshua Weilerstein, interprète Yamekraw-An Ebony Rhapsody de James P. Johnson et la Rhapsody in Blue de Georges Gerswhin, avec Paul Lay au piano.

La 23ème édition du Lille Piano Festival

Les travaux au « Nouveau Siècle » s’achèvent bientôt, l’auditorium ré-ouvrira en septembre. Pour se rendre au concert d’ouverture il nous faut donc quitter le vieux Lille et son architecture flamande pour gagner le Casino Barrière, dans le quartier futuriste d’Euralille, un univers de verre et de métal. N’ayant pas succombé à la tentation des salles de jeux et machines à sous, nous arrivons au théâtre du Casino Barrière où nous attend l’orchestre National de Lille. L’orchestre fête cette année son 50ème anniversaire. Fondé en 1976 par Jean Claude Casadesus, il est dirigé depuis septembre 2024 par le chef américain Joshua Weilerstein.
Pour sa 23ème édition Lille Piano(s) festival a prévu 37 concerts dans six lieux différents dont une gare désaffectée et réhabilitée, la Gare Saint-Sauveur. Les solos de pianistes sont nombreux en particulier au Conservatoire et à la Chambre du Commerce et de l’Industrie. Le festival propose aussi des concerts de jazz, des ciné-concerts, trois récitals d’orgue à la cathédrale Notre Dame de la Treille, sans oublier l’accordéon, le cymbalum et une Histoire du piano racontée aux enfants. Il se veut être un festival d’ouverture et déborde le seul cadre du piano classique.

Une belle découverte

Le concert d’ouverture débute par une œuvre peu connue, Yamekraw-An Ebony Rhapsody. Elle a été composée par James P. Johnson en 1927 en réponse au succès de la Rhapsody in Blue de son ami Georges Gerswhin qu’il trouvait « trop blanche », trop New-yorkaise. James P. Johnson (1894-1955) est un pianiste et compositeur afro-américain qui va devenir un pionnier du piano-jazz et du jazz symphonique. En écrivant, en 1927 Yamekraw il veut donner ses lettres de noblesses au blues et à la musique afro-américaine. Yamekraw est une fantaisie symphonique pour piano, orchestrée par W.G. Still. Elle se déroule à Savannah, un quartier noir, paisible de Savannah en Géorgie. Elle sera créée en 1928 à Carnegic Hall, une prestigieuse salle de concert classique New-yorkaise.
Sur scène, l’orchestre est impressionnant par sa taille avec de nombreux violoncelles et contrebasses. Il va être dirigé avec joie et entrain par Joshua Weilerstein. Paul Lay est un pianiste, improvisateur, compositeur de jazz. Il arrive sur scène en tunique lamée argentée qui va scintiller durant le concert ! Sa jeunesse, son énergie, sa décontraction sont patentes. Dans Yamekraw de courtes séquences rythmées évocatrices du blues alternent avec une musique mélodieuse, classique, néo romantique. Cette union est réussie, comme l’est la fusion du piano et de l’orchestre. Les solos de piano révèlent la virtuosité de Paul Lay. La musique est joyeuse, festive, les danses successives laissent aussi la place à des moments de douceur, parfois un peu mélancoliques. An Ebony Rhapsody est une belle découverte, une musique agréable à entendre, séduisante, qui réjouira les amateurs de jazz comme ceux de musique classique. Cette première partie du concert se termine par Manhattan Broadcasts d’Heinz Karl Gruber, une courte évocation orchestrale de la comédie musicale américaine.

Une rhapsodie tellement New-Yorkaise

Le chef d’orchestre Paul Whiteman veut promouvoir une musique classique américaine et populaire. Début 1924, il « commande » à Georges Gerswhin (1898-1937) un « concerto jazz » qui s’appellera « Rhapsody in Blue ». Le compositeur n’aura que quelques semaines pour l’écrire! La création aura bien lieu le 12 février 1924, dans un arrangement pour orchestre de Ferde Grofé avec Georges Gerswhin au piano. Le succès sera immense, assurant la renommée du compositeur. Nous l’entendons dans la version de 1942 , la plus aboutie, toujours dans une orchestration de Ferde Grofé. Joshua Weilerstein nous promet une Rhapsody in blue, « comme nous ne l’avons jamais entendue » ! Et nous n’allons pas être déçus !
La Rhapsody in Blue est au carrefour de la musique classique post-romantique, du jazz et de la comédie musicale américaine, ce qui participe à la popularité de l’œuvre. Devant l’orchestre, à coté du piano se trouvent le contrebassiste Clemens van der Feen et le percussionniste Donald Kantomanou. Avec Paul Clay, ils forment le « trio jazz » qui va dialoguer avec l’orchestre et nous enchanter. Honneur d’abord à la clarinette, son trille et son glissando inauguraux sont célèbres. L’orchestre déploie toute sa puissance pour exposer le thème, cette musique nous transmet le souffle de l’Amérique d’alors, son optimisme. Un long solo de piano, mélodieux, puis beaucoup plus rythmé, met en lumière l’incroyable performance du pianiste. Il va interpréter la Rhapsody avec une énergie, un plaisir croissants, exponentiels. Ce trio de jazz est vraiment magique : alors que l’orchestre reste silencieux, admiratif, il va se lancer dans de longues improvisations. Nous sommes dans un club du début du jazz à Harlem !Les accords du piano, la caisse claire, les cordes pincées de la contrebasse nous entraînent dans un rythme envoûtant. Le contrebassiste nous offre aussi des solos, reprenant alors son archet, nous révélant l’âme un peu mélancolique de la contrebasse. Mais la frénésie s’empare du trio, le pianiste parait ensorcelé par la musique, presque en transe. La puissance de l’orchestre symphonique éclate dans une fin enthousiaste, exubérante. Cette œuvre est emblématique des années folles new-yorkaises, l’orchestre National de Lille et les solistes réussissent formidablement à transmettre cet enthousiasme au public. Cela sera un triomphe !

Visuel © : Lille-pianos-festival