Du 1ᵉʳ au 16 novembre, le festival Jazz’N’Klezmer fait dialoguer jazz, musiques klezmer et traditions tsiganes à Paris et en Île-de-France. Pour cette 24ᵉ édition, l’auteur et dessinateur Joann Sfar retrouvera les musiciens des Luftmenschen au Café de la Danse, le 16 novembre, pour un concert dessiné où l’improvisation sera le maître mot.
Au Café de la Danse, la rencontre avec Joann Sfar et le guitariste Franck Anastasio donne un avant-goût de ce rendez-vous. Leur complicité est née autour du jazz manouche. Près de 35 ans après le premier volume de Gypsy Guitar, Franck Anastasio a enregistré une suite à cet album, avant d’inviter le dessinateur à le rejoindre sur scène. Depuis, ils expérimentent ensemble une forme de concert où rien n’est entièrement écrit à l’avance. « Si je ne suis pas en train de me casser la gueule, ça ne m’intéresse pas », confie Joann Sfar. Le principe est simple : les musiciens ignorent ce que le dessinateur va produire, tandis que celui-ci découvre les morceaux au fil du concert. Les traits apparaissent en direct, projetés sous les yeux du public, au gré des mélodies et des histoires racontées entre les morceaux.
Cette édition accorde également une grande place aux musiques juives d’Europe de l’Est et au klezmer, tradition musicale ashkénaze qui se nourrit notamment des répertoires festifs et populaires. Pour Joann Sfar, faire vivre cet héritage ne signifie pas le conserver sous cloche, mais plutôt le laisser dialoguer avec le présent. Évoquant son histoire familiale, il explique retrouver dans cet imaginaire une forme d’ancrage : « Je me sens assez apaisé parce que je retrouve la réalité de mon grand-père », dit-il.
Au programme également : les Klezmatics, qui célèbrent leurs quarante ans de carrière, et Oi Va Voi, de retour à Paris. Autant de propositions pour rappeler que ces musiques héritées de l’histoire continuent de se transformer, de circuler et de rassembler.
Visuel : © Jazz’N’Klezmer